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L’expression «théorie conspirationniste» ne fait plus peur

Le vice-président Dick Cheney, le 11 Septembre 2001(REUTERS)

Le vice-président Dick Cheney, le 11 Septembre 2001(REUTERS)

Apposer les termes «théorie du complot» à côté d'une idée ne rend pas les gens plus méfiants.

Quand une personne évoque la piste de «théories du complot», on pourrait s'attendre, en toute logique, à une réaction de méfiance de la part de ses interlocuteurs. Surtout que celles-ci accompagnent désormais chaque évènement médiatisé, à l'image de ceux qui avancent que c'est l’État français lui-même qui se cache derrière l'organisation de l’attentat contre Charlie Hebdo ou que le petit Alyan, retrouvé décédé sur une plage turque, n'était pas réellement un migrant.

Or, ce n’est visiblement pas le cas: l’expression «théorie conspirationniste», ce n’est plus ce que c’était!, rapporte un article du Pacific Standard, qui résume les recherches effectuées par Michael Woodle psychologue de l’université de Winchester.

Employée à tout bout de champ

Pour tester l'impact de ces deux mots, l’universitaire a mené deux expériences. La première, menée sur 150 Américains, consistait à présenter aux participants dix évènements, cinq historiques et cinq complètement inventés. Pour la moitié des participants, les dix faits étaient précédés d’une mention «théories conspirationnistes», et pour les soixante-quinze autres, seule la mention «idées» était apposée. Or, la distinction n’a pas eu d’effet significatif sur le jugement des personnes sondées.

La deuxième expérience consistait à faire évaluer un article de journal intitulé «Des théories conspirationnistes se font jour après l'annonce des résultats des élections canadiennes» à un groupe de personnes d’environ 400 personnes, tandis que 400 autres lisaient le même article, mais cette fois avec les mots «soupçons de corruption» à la place de «théories conspirationnistes». Là encore, la différence d'appellation n’a pas entraîné de différences significatives dans l’évaluation des participants.

Pour expliquer ce résultat, le chercheur suggère que le terme a pris une connotation positive à la suite de films et de romans mettant en avant l’existence de véritables conspirations, dont des héros seraient victimes. Ou bien peut-être que le terme a tout simplement perdu de son efficacité à force d’être employé à tout bout de champ.

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