Partager cet article

La plupart des Syriens déplacés par la guerre sont encore en Syrie

À Amouda, dans le Kurdistan syrien, des personnes déplacées syriennes fuyant les violences d'Hassaké, en juin 2015 | Rodi Said/Reuters

À Amouda, dans le Kurdistan syrien, des personnes déplacées syriennes fuyant les violences d'Hassaké, en juin 2015 | Rodi Said/Reuters

Selon les Nations unies, il y a 7,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur même des frontières syriennes.

Appelez-les «personnes déplacées internes» et non pas migrants ni réfugiés. Les Nations unies viennent de faire paraître un nouveau rapport sur les Syriens fuyant la guerre dans lequel on apprend que la majorité des déplacés se trouvent toujours en Syrie, souligne le site américain Vocativ. Ce sont aujourd'hui 7,6 millions de Syriens qui se déplacent à l'intérieur de leur pays, allant la plupart du temps vers les frontières, d'Alep vers Tartous par exemple, ou de Deir ez-Zor à Damas.

Carte tirée du rapport des Nations unies montrant les IDP («Internally Displaced Person», soit les personnes déplacées internes)

Ces personnes déplacées fuient des zones de violence gangrénées par les forces de l'État islamique et par divers groupes rebelles.

Surreprésentation d’enfants

Sur ce total de 7,6 millions de personnes déplacées en interne, 5,6 millions sont des enfants. Au-delà de leurs conditions de vie désastreuses, comme un mauvais accès à l'eau et à la nourriture, c'est une génération complètement cassée qui risque d'émerger, prévient le rapport.

Beaucoup n'ont plus de certificat de naissance ou de pièces d'identité, ce qui en fait des proies pour l'exploitation et l'enrôlement par des groupes armés. L'État islamique a déjà montré ce qu'il savait faire en la matière. En juillet 2015, nous revenions dans un article sur la manière dont Daech exploitait la souffrance d'enfants syriens pour en faire des tueurs au sein de ses rangs. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme, cinquante-deux petits garçons avaient péri au cours de l'année 2015, quand un autre rapport avançait le chiffre de 1.100 enfants recrutés depuis janvier. Ce chiffre est difficilement vérifiable mais pourrait être dangereusement alimenté par la surreprésentation frappante des enfants parmi les réfugiés internes.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte