Monde

La famille du garçon échoué sur une plage turque cherchait à migrer au Canada

Temps de lecture : 2 min

La tante du petit garçon syrien mort noyé, installée à Vancouver, témoigne dans l’Ottawa Citizen.

Le drapeau canadien devant le Parlement à Ottawa | REUTERS/Blair Gable
Le drapeau canadien devant le Parlement à Ottawa | REUTERS/Blair Gable

Intensément relayée par la presse européenne, la photo du corps sans vie d’un petit garçon syrien de 3 ans nommé Aylan Kurdi, échoué sur une plage turque après le naufrage de son bateau, incarne depuis jeudi 3 septembre la crise migratoire européenne. Et la mauvaise conscience du continent face aux drames qui se suivent.

Le grand frère d'Aylan âgé de 5 ans ainsi que sa mère font partie des victimes de ce naufrage qui a fait douze morts. Le père, Abdullah, a survécu.

Dans ce concert d’émotions, la presse canadienne apporte des éléments d’information nouveaux sur l’origine de ce garçon et de sa famille, qui se rendaient sur l'île grecque de Kos quand leur bateau a chaviré.

Demande de visa rejetée

Selon l’Ottawa Citizen, cette famille tentait désespérément d’émigrer au Canada. Le journal a interrogé Teema Kurdi, la sœur du père. Cette coiffeuse installée à Vancouver depuis plus de vingt ans explique que la famille Kurdi avait rempli une demande de visa de réfugié «soutenu», c'est-à-dire pris en charge par des parents ou amis qui se portent ainsi garants financièrement des postulants. Il faut qu'au moins cinq citoyens canadiens soutiennent cette demande pour qu'elle soit acceptée, et seuls les réfugiés y sont éligibles. Comme l’explique Teema Kurdi:

«J’essayais de les parrainer, et mes amis et mes voisins m’aidaient pour les dépôts de garantie bancaires, mais nous n’arrivions pas à les faire sortir, et c’est pour cette raison qu’ils ont pris le bateau. Je payais même leur loyer en Turquie, mais la façon dont ils traitent les Syriens là-bas est terrible.»

Cette demande de visa avait été rejetée en juin. Pourquoi? Probablement parce qu’il n’est pas rare que les Kurdes de Syrie se voient refuser l’obtention d’un passeport et que la Turquie refuse alors de leur délivrer des visas de sortie, coinçant les candidats à l’exil dans un enfer bureaucratique et les poussant à choisir des moyens illégaux et dangereux pour atteindre une destination.

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