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Une journaliste de l'Ohio a permis l'arrestation de plus de cent violeurs

Anthony Sowell, l'homme qui a poussé Rachel Dissell à mener son enquête (REUTERS/Scott Shaw/Pool)

Anthony Sowell, l'homme qui a poussé Rachel Dissell à mener son enquête (REUTERS/Scott Shaw/Pool)

Rachel Dissell a poussé la police à remettre en cause ses méthodes d'investigation et à rattraper le retard dans l'examen de ses «rape kits».

En 2009, la police de Cleveland dans l'Ohio a découvert onze corps de femmes dans la maison d'Anthony Sowell, qui avait fait de la prison pour tentative de viol dans les années 1990. Les résidents du quartier s'étaient plaint de l'odeur des cadavres, qu'ils croyaient venir d'une boucherie locale.

C'est alors que Rachel Dissell, une journaliste du quotidien Plain Dealer, a commencé à poser des questions sur la façon dont la police locale enquêtait sur les agressions sexuelles. Avec une collègue, elle a fait une demande d'information à la police de Cleveland: combien de prélèvements étaient en attente d'être testés dans des cas de viols?

Des cas proches de la prescription 

Les officiels de la police ont répondu qu'ils ne savaient pas, mais les journalistes ont insisté et obtenu une réponse. Quatre mille prélèvements –souvent des cotons tiges avec des traces de sperme– étaient stockés et n'avaient toujours pas été testés. Pourtant, lorsque ces prélèvements –appelés «rape kits» an anglais– sont analysés, ils peuvent permettre de voir si l'ADN d'un agresseur présumé correspond à celui d'individus enregistrés dans les bases de données du FBI.

1.600

C'est le nombre de prélèvements qui contenaient de l'ADN utilisable sur les 4.000 stockés dans l'Ohio avant l'article de Rachel Dissell.

À partir du moment où le retard des tests a été rendu public à Cleveland, le procureur local a fait en sorte que chaque prélèvement soit envoyé au laboratoire, une procédure qui coûte environ mille euros par analyse. Sur 4.000 prélèvements, 1.600 contenaient de l'ADN utilisable, et plus de cent violeurs ont ainsi été identifiés et condamnés, rapporte la Columbia Journalism Review. Certains cas ont été résolus près de vingt ans après les faits, et juste quelques jours avant qu'il y ait prescription.

70.000 kits en attente d'être testés

Les articles de Rachel Dissell ont aussi fait avancer la législation de l'État: en mars 2015, l'assemblée a fait passer une loi selon laquelle les commissariats de l'Ohio doivent désormais faire tester les kits un mois après prélèvement.

De nombreux autres États ont des problèmes similaires. En juillet, le journal USA Today a demandé à plus de mille agences de police où elles en étaient de l'analyse de leurs prélèvements, et il s'avère qu'au moins 70.000 kits n'avaient jamais été testés. Comme dans le cas de Rachel Dissell, les questions des reporters ont déjà permis de faire changer les choses. À la suite de la publication de l'enquête, plusieurs départements de police ont commencé à envoyer leurs prélèvements au laboratoire.

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