Société

On a oublié le rôle décisif de la Chine dans la Seconde Guerre mondiale

Temps de lecture : 2 min

La Chine, qui célèbre les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, a eu un rôle bien plus important qu’on ne le pense.

L'armée chinois célèbre les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 2 septembre 2015 à Pékin. REUTERS/China Stringer Network
L'armée chinois célèbre les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 2 septembre 2015 à Pékin. REUTERS/China Stringer Network

Le 2 septembre 1945, l’Asie célèbre la fin de la guerre sur son continent, et donc la fin de la Seconde Guerre mondiale. Soixante-dix ans plus tard, l’armée chinoise défile pour la première fois dans les rues pour commémorer ce jour-là.

C’est d’ailleurs cette grande première que retiennent la majorité des médias occidentaux aujourd’hui. Mais Rana Mitter, professeur de politique chinoise moderne et d’histoire à Oxford, a décidé de revenir sur le rôle décisif du pays pendant la guerre, bien plus important qu’on ne le croit. Sur le site de CNN, il écrit que «la Chine était le premier pays à entrer dans la Seconde Guerre mondiale et a été alliée des États-Unis et de l’empire britannique à partir de l’attaque de Pearl Harbor, en 1941, jusqu’à la capitulation japonaise, en 1945».

Contribution à l’effort de guerre

Tout d’abord, quelques chiffres qui permettent de comprendre le coût humain de la guerre pour la Chine. Près de 14 millions de Chinois sont morts pendant les huit ans du conflit qui ont opposé leur pays au Japon (1937-1945), et 100 millions d’autres sont devenus des réfugiés.

Si le Japon avait dominé de nombreux territoires chinois, la victoire des Alliés aurait été bien plus compliquée

Ensuite, Rana Mitter explique que la Chine, très affaiblie, aurait pu rendre les armes dès 1938 face au Japon, qui contrôlait déjà de nombreuses zones sur le continent. En proposant un scénario hypothétique, où le Japon aurait dominé de nombreux territoires chinois, il estime que la résistance japonaise aurait été alors beaucoup plus forte face aux Alliés, et que la victoire aurait été bien plus compliquée.

Les Chinois n'ont pas renoncé et gardent aujourd'hui une vision bien différente de cette guerre. Sans avoir les énormes moyens des Alliés, ils étaient les premiers à faire face aux ennemis d’alors, les soldats japonais. Et, même si leur victoire n’aurait pas été possible sans le soutien des occidentaux, «la contribution de la Chine à l’effort de guerre a été très importante», explique l'historien.

Mais par la suite, Mao Zedong a pris le pouvoir, entraînant un quasi-oubli du combat mené par Tchang Kaï-chek, l’ennemi nationaliste de la nouvelle Chine communiste. Si aujourd’hui, vétérans communistes et nationalistes ont été honorés pendant les cérémonies de commémoration, le rôle des nationalistes continue d’être quelque peu écorné. Dans un nouveau film de propagande sur la Seconde Guerre mondiale, diffusée fin août et relayé par l’agence Reuters, on peut voir que Mao Zedong tient un rôle central dans la guerre contre le Japon. Problème: le leader communiste n’était même pas au pouvoir à l’époque –il n’y est arrivé qu’en 1949.

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