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Myriam El Khomri, la ministre du Travail qu’on n’avait pas vue venir

Myriam El Khomri à l’Assemblée le 21 octobre 2014 | REUTERS/ Charles Platiau

Myriam El Khomri à l’Assemblée le 21 octobre 2014 | REUTERS/ Charles Platiau

C’est la secrétaire d’État à la Ville qui va remplacer François Rebsamen. Elle est connue pour être une femme de terrain obstinée à «bosser, bosser, bosser».

De nombreux noms étaient sortis du chapeau des prévisionnistes et des bruits de couloir du Palais présidentiel après le départ de François Rebsamen, reparti à Dijon. On avait soufflé le nom du ministre de l’Économie Emmanuel Macron (avant que cela ne provoque un tollé auprès de certains socialistes), celui du secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies, du patron des députés PS Bruno Le Roux, du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll et même du député frondeur Jean-Marc Germain. Mais personne n’attendait Myriam El Khomri, qui était jusqu’alors secrétaire d’État à la Ville, au tournant.

Une femme de 37 ans, qui plus est née au Maroc, et dont l’attention était portée jusque-là sur les quartiers sensibles. Un triple message, qui surprend tout le monde alors que François Hollande aime plutôt s’entourer aux postes clés de technocrates socio-libéraux, et qu’il n’a jamais montré un franc appétit pour les sujets de société.  

Bien qu’elle ne soit affiliée à aucune chapelle ou courant du Parti socialiste, on peut voir dans cette nomination une volonté de François Hollande de donner des gages à l’aile gauche du parti, et surtout aux proches de Martine Aubry et d’Anne Hidalgo. Ancienne adjointe à la maire de Paris chargée notamment de la sécurité et de la politique de la ville, elle est restée proche de celle qui l’avait nommée en 2013 porte-parole de campagne alors qu’elle était enceinte de cinq mois. Tout un symbole. «Je lui ai tout pris: son bon sens, sa façon de mettre les mains dans le cambouis et son obstination à bosser, bosser, bosser», raconte-t-elle à Libération au moment de sa nomination au gouvernement.

Force de travail et humanité

On peut voir dans cette nomination une volonté de François Hollande de donner des gages à l’aile gauche du parti

Cette nomination est aussi certainement influencée par les attentats de janvier 2015, qui ont remis la fracture sociale sur le devant de la scène. Alors qu’au lendemain des meurtres des journalistes de Charlie Hebdo on s’interrogeait sur les ferments de la radicalisation islamiste dans les banlieues, la benjamine du gouvernement avait multiplié les visites de terrain et les interventions médiatiques, avant de mettre en musique le plan d'action gouvernemental «Égalité et citoyenneté» contenant plusieurs mesures pour favoriser la mixité sociale dans les quartiers et réformer le logement social.

Auprès d’une militante du PS qui l’a un peu connue, elle a d’ailleurs une réputation de femme de terrain, une «super collaboratrice» peu politisée et qui «adore ce qu’elle fait».

De simple chargée de mission à la mairie de Paris en 2008 à ministre du Travail en 2015, Myriam El Khomri aura connu en sept ans une ascension fulgurante. Nombreux sont ceux qui attribuent cette montée en puissance à son humanité et à sa force de travail. «Chez nous, la valeur du travail était sacrée. Quand je ramenais un 14, ce n’était pas assez: mes parents m’engueulaient», raconte-t-elle à l’Obs. Il lui en faudra en tous cas pour le nouveau poste qui lui est confiée, sans doute l’un des plus désespérants de ce quinquennat. Son premier tweet dans ses nouvelles fonctions semble montrer qu’elle n’en est pas dupe…

 

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