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Monsieur le Président, nous voulons des conférences de presse! par Thomas Legrand

Mardi 22 Septembre 2009
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Nicolas Sarkozy s'exprimera mercredi 23 septembre à la télévision sur TF1 et France 2, dans les JT de 20 heures, dans un cadre «négocié» avec les chaînes. Ce sera confortable et sécurisé. Il y aura bien une conférence de presse de Nicolas Sarkozy vendredi 25 septembre à New York, à l'issue de l'Assemblée Générale des Nations Unies mais uniquement, bien sûr, sur les questions de politique étrangère. Il n'a pas le choix, c'est un fait presque institutionnalisé.

Le Président de la République ne tient pas de conférence de presse en France. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi qui suis journaliste, ça veut dire beaucoup... C'est révélateur de l'absolu conformisme de Nicolas Sarkozy. La conférence de presse est un exercice auquel se prêtent régulièrement tous les chefs des exécutifs des grands pays démocratiques...

Tous sauf les Français. Depuis le Général de Gaulle et ses fameuses «conférences de presse» théâtrales, largement préparées et aussi spontanées qu'une représentation de Racine au Théâtre Français, aucun Président de la Ve République n'a accepté de communiquer via la plus transparente et naturelle des voies dans une société ou règne la liberté de la presse: la conférence de presse régulière.

François Mitterrand y sacrifiait un peu lors de la guerre de «libération du Koweït» en 1990, mais il n'était pas question d'interroger le chef de l'État sur des sujets de politique intérieure. Aucun journaliste politique, en-dehors des émissions de télé très cadrées, généralement en direct de l'Élysée, ou des trop rares émissions de radio, aucun journaliste ayant pour métier de «couvrir» la politique française, ne peut jamais poser de questions au principal, sinon au seul, inspirateur de la politique nationale!

Dans tous les autres pays démocratiques, quand une difficulté survient, quand une polémique prend trop d'ampleur, qu'un conflit s'enlise ou, tout simplement quand le Président, ou le chef de l'exécutif, a une annonce particulièrement importante à faire, il organise une conférence de presse avec la presse accréditée chargée de suivre les activités du chef de l'État ou du gouvernement. Parfois, c'est la presse spécialisée dans un certain domaine qui est conviée pour poser des questions plus précises sur une réforme envisagée par le pouvoir. Ce sont des exercices réguliers et naturels.

Il n'est d'ailleurs pas rare de voir le Premier ministre anglais ou le Chancelier allemand répondre «je ne sais pas, je vais voir ce dossier de plus près et mes services vous répondront prochainement». Réponse simple et directe, témoin d'un dialogue constant entre le pouvoir et la presse. Inimaginable en France. Nicolas Sarkozy, comme ses prédécesseurs, entend contrôler de A à Z tout le processus d'une annonce. Dans n'importe quel autre pays démocratique il n'aurait pas été possible par exemple que le Président annonce, tout de go et sans possibilité de questions, la future suppression du juge d'instruction.

En évitant la conférence de presse, le Président évite aussi les questions pointues de journalistes spécialisés. Les rares émissions télévisées (produites sur mesure pour le chef de l'État) doivent balayer toute l'actualité politique, étrangère, et économique du moment. Aucune question, et surtout aucune relance, assez précise ne peut être soumise au Président. Le candidat Sarkozy et son entourage avaient pourtant promis que le Président Sarkozy tiendrait des conférences de presse régulièrement. Il y a bien sûr la grande Conférence de presse du 8 janvier 2008! Une caricature de conférence gaullienne sans les formules à l'emporte-pièce du Général.

Notre profession qui n'est pas habituée à la transparence et à l'exercice régulier d'une communication fluide de la part des plus hautes autorités de l'Etat s'était déplacée en masse. 400 journalistes, tous les patrons de presse, tous les chefs de service, comme s'il s'agissait d'un raout mondain. D'ailleurs il s'agissait d'un raout mondain. Il fallait y être, non pas pour poser des questions mais parce que c'était exceptionnel. Une conférence de presse du président de la République française, c'est exceptionnel!

Nos confrères européens et américains n'en reviennent pas et goûtent, amusés, les charmes désuets de nos mœurs de République monarchique. Tout le gouvernement était là, en rang d'oignon. Avant de poser une première question, les journalistes ont dû subir un propos liminaire de 45 minutes. Les questions se sont succédées juste après, sans droit de suite. Pendant que le Président répondait, généralement de façon sarcastique, le micro du journaliste interrogateur était coupé! Il suffit de suivre une seule conférence de presse du Président américain, du Président du Parlement espagnol, du Chancelier allemand, du Premier ministre anglais ou de n'importe quel autre chef d'un État moderne, pour se rendre compte de la ringardise absolue du mode de communication fermé du Président français. L'admiration que Nicolas Sarkozy éprouve pour les États-Unis ne l'a pas incité à importer l'un des bons aspects de la vie politique d'outre-Atlantique.

Le monologue sécurisé

Le Président français, malgré les apparences, tient un discours hyper-protégé, révélateur d'un isolement, là encore, assez unique en Europe. C'est un isolement volontaire et confortable. Sa parole publique n'est qu'un monologue sécurisé qui se donne des airs de dialogue avec les Français. Les rapports entre la presse et le Président ne sont que des contacts «off» ou d'ordre privé avec quelques grands éditorialistes influents et la quasi totalité des patrons de presse. Dans ce domaine, comme dans d'autres, cette connivence d'en haut peut laisser penser que le Président tire les ficelles.

C'est un sujet qui permet aussi aux anti-sarkozystes patentés de crier au contrôle absolu, au muselage généralisé. La réalité est beaucoup plus simple pour une fois. La presse est bien plus libre qu'elle ne le croit, et dans bien des cas, notre corporation devrait faire sienne la devise du Canard Enchaîné qui proclame que «la liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas». Même en étant «copain comme cochon» avec la majorité de nos patrons, Nicolas Sarkozy ne peut en réalité pas grand chose contre les journalistes. Son seul pouvoir n'est que celui que les directeurs de rédaction veulent bien lui accorder. L'opération Paris-Match avec le limogeage de son directeur Alain Genestar ne pourrait pas se reproduire à l'infini.

Le Président ne dialogue donc pas publiquement avec la presse. Et pas plus avec le monde politique.

Comparons, encore une fois, avec nos voisins. Le Premier ministre anglais, par exemple. Il doit batailler très régulièrement au parlement, devant sa majorité et le chef de l'opposition. La moindre mesure contestée doit être détaillée par ses soins devant les représentants de la nation. Tous les amoureux du débat politique se souviennent de ces joutes parlementaires sans pareille entre Tony Blair et le leader des Tories. Les deux hommes sont face à face, séparés de quelques mètres seulement. Tout doit être justifié, expliqué, décortiqué. La pensée et les intentions du chef de l'exécutif ressortent de ces débats limpides, et chacun sait à quoi s'attendre parce que les ambigüités ont été levées. Plus tard, Gordon Brown aura d'ailleurs du mal à y asseoir son autorité.

Rien, dans les institutions françaises, n'oblige le Président à se justifier, à répondre régulièrement et devant des contradicteurs de sa politique. Rien ne l'y oblige mais on pouvait s'attendre avant les élections, au vu des promesses mais aussi du goût pour le débat, pour la joute, de Nicolas Sarkozy, au vu aussi de son sens de la répartie, on pouvait estimer que le ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac révolutionnerait la communication de la Présidence et multiplierait les situations de dialogue pour favoriser la fluidité du débat afin d'écarter les malentendus. Tony Blair et sa communication moderne, rapide et directe, n'était-il pas le modèle tant vanté par le candidat Sarkozy? Là encore, là toujours, la rupture et la modernisation n'auront été que slogans et promesses.

Thomas Legrand

Image de Une:  Nicolas Sarkozy répond aux journalistes . Philippe Wojazer / Reuters

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Comments

le probleme des conferences de presse: les journalistes

Il m'arrive frequement de regarder des conference de presse sur des chaines d'info. Je suis generalement atterré par le niveau des questions des journalistes. Le plus grand maux etant:
- la recherche du buzz plus que de la comprehension de fond
- le nombrilisme franco-francais

L'exemple le plus caricatural est la conference de presse qui a suivit la liberation d'Ingrid de Betancourt. Les journalistes ont repetes 15 fois la meme question ( sous dfiiferentes formes) a propos de la reaction de segolene royal.

Richard Grandmorin
http://twitter.com/R_Grandmorin

Pourquoi prendre cette peine ?

Dans l’usage que fait Nicolas Sarkozy du pouvoir, le déséquilibre du pouvoir n’est en fait pas nouveau mais simplement affiché au grand jour
Pas de dialogue, de débat avec la presse ?
Mais il ne dialogue pas plus avec le parlement parce que les royalistes avait empêché Adolphe Thiers de le faire en en votant le 13 mars 1873 la loi de Broglie dit aussi loi chinoise qui n’est pas fondamentalement modifié par les nouvelles dispositions de la constitution (cf. la parodie de dialogue au congrès réuni à grand frais à Versailles).
La constitution est détournée puisque le gouvernement exécute bien mais ne détermine pas la politique de la nation (titre III article 20).
A vrai dire, sauf en cas de cohabitation rendu pratiquement impossible avec la concomitance des élections présidentielles et législatives depuis l’instauration du quinquennat le 2 Octobre 2000 sous le gouvernement Jospin, la fiction du gouvernement maître de la politique est simplement au grand jour sans le fusible commode du premier ministre.
C’était bien de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac qui déterminaient la politique de la nation sauf en cas de cohabitation.
Nous sommes donc depuis longtemps dans un régime qui s’apparente plus à une sorte de monarchie élective qu’à un régime présidentiel dans lequel le Président doit des comptes au parlement, à la justice et aussi au quatrième pouvoir.
Dès lors comment s’étonner qu’il ne puisse accepter le dialogue avec les journalistes alors qu’il lui est inutile de se justifier même devant les élus du peuple ?
Plus qu’une question d’homme il s’agit en fait d’une question de régime.
Nicolas Sarkozy met bat les masques mais au fond la théâtralisation de son exercice ne change pas fondamentalement la donne.
La différence est probablement plus dans son workoolisme terrifiant et son impossibilité chronique à déléguer.

superprésident

On reproche souvent aux journalistes de ne pas faire leurs métiers en France, c'est même une récurrence dans toutes les critiques mais le contexte y fait pour beaucoup, et cet article le montre bien. Contrairement à la critique au dessus tout droit sortie du Figaro, je ne vois pas l'intérêt de critiquer les questions des journalistes dans le contexte que décrit l'auteur.
Si le journaliste ne peut pas enchaîner sur des questions libres à quoi bon commencer à poser des questions sérieuses? Je serais journaliste, l'idée de ne pas avoir de fin, de réponse concrète me freinerait dans mes ardeurs.

Et c'est vrai qu'on a pas de conférence de presse spontanée, rafraichissante, qui ne soit pas préparer des semaines à l'avance dans les médias comme un événement majeur. A chaque fois qu'il y a un entretien avec le président sa fait la une des médias une semaine avant, ou sinon on a des communiqués laconiques de l'Elysée alors que le président en France à un rôle primordial dans la politique du pays... C'est quand même un comble de ne pas avoir une conférence de presse plus souple avec le principal instigateur des politiques que l'on subit tous les jours!
Ayant déjà lus un discours du président, la première chose qui frappe, c'est sa construction très bien faite, qui ne laisse pas de choix. Mais c'est trop construit, trop bien préparé quand on voit les bourdes que font ces ministres, on a l'impression désagréable de ne pas pouvoir dire "non", en cela je trouve dommage qu'il n'y ait pas de discours plus spontané, plus proche de la réalité.

J., étudiant

Parler avec les journalistes...mais sutout pas avec les députés!

L'actuel président n'est certainement pas à l'abris de critiques sur sa communication. Mais on voit ce que donnerait les conférences de presse avec des journalistes qui poussent des cris d'orfraie des que le président veut s'exprimer devant les députés... mais veulent qu'il parle avec eux. La comparaison avec les Etats Unis et la GB démontre aussi que les journalistes y sont plus pointus car ils travaillent sans doute davantage leurs dossiers (comme les députés qui ont il est vrai davantage de moyens qu'en France) et sont plus "profesisonal". Que l'auteur de l'article, qui déclarait récemment qu'il aurait avec empressement publié le "scoop" Hortefeux, en dit long sur ce style de journalisme. What is information?

Chris15

Si le pire n'est pas certain, il se présente pourtant à nous

C'est vrai, nous vivons dans une dictature, et si personne n'ose le dire tout à fait encore, après les tonitruantes déclarations des plus précoces à le comprendre dès le départ, des voix s'élèvent de plus en plus nombreuses, dans la presse, dans les débats à mots de moins en moins couverts, dans les livres de la rentrée et dans le rayons des essais de 2008-2009, et surtout dans le public à présent, dans les familles, entre soi, pour le signifier de façon plus claire, à l'issue de chaque scandale, de chaque anomalie institutionnelle, de chaque affaire. Il n'est plus question de soupçon ou d'exagération provocatrice, de grossir le trait pour exprimer une opposition qui tarde à se mettre en place, le phénomène va au-delà de ces méthodes politiciennes, et chacun le sent au plus profond de sa vie citoyenne, les confiscations de ressources de l'État à des fins privatives, les abus institutionnels, les limitations des contre-pouvoirs et des instruments de contrôle de l'exécutif, de pair avec les prévarications, les nominations incestueuses et même népotiques, les dissimulations à des fins d'un plan qui semble se révéler un peu plus clairement encore, menaçant sans doute possible les libertés civiles et publiques, les possibilités d'expression publique, et peut-être même, dans l'époque de massification où nous sommes, demain jusqu'au goût de l'examen objectif populaire des politiques engagées, jusqu'au désir populaire de les contester : toutes ces avanies de la gouvernance démocratique s'avèrent sans cesse un peu plus précisément dans l'esprit de tous, jusques et y compris dans les rangs des représentants de la majorité.

Si des réformes sont bel et bien engagées, votées, actées, les politiques qu'elles sous-tendent n'ont qu'une seule direction, qu'un seul sens, qu'une grossière orientation unique méprisant parfaitement l'intérêt public, le bien commun, et jusqu'aux évidences les plus élémentaires. Comme si, de la promesse de changement, quelque chose de monstrueux dans son dessein, au sommet de l'État, ne retenait que le procédé au service du pire.

Mais le pouvoir se défend de toute volonté allant dans ce sens, et comment ne s'en défendrait-il pas? L'argument principal, invoqué en permanence, est celui d'un comparatisme à la petite semaine : le "jeu des sept différences" entre l'actuelle et la précédente dictature dans le pays incline en effet toujours à conclure que la présente n'en est pas une. "Vous vous croyez dans une dictature? Allez donc faire un tour en Iran, et voyez si vous n'êtes pas libres!" - En effet l'argument portera sans cesse, par récurrence, ad abjectum, car il y aura toujours un point où la situation divergera encore de l'organisation des baraquements de Pologne...

Et heureusement. Mais le monde change très vite. Tandis qu'une partie de la population s'achemine vers une migration sans précédent dans une ère numérique dans laquelle elle se distrait sans cesse des pesanteurs du réel, l'oppression politique change aussi de forme, pour se faire non pas "soft", ou douce, mais se constituer en idéologie sans contrepartie, sans contestation possible, sans alternative imaginable. Car qui sera demain partisan d'un monde que le pouvoir aura beau jeu de présenter comme celui de "l'insécurité, de la barbarie des bandes et des banlieues", après qu'il aura pris soin, par sa politique de la négligence, de laisser monter comme la pression dans la chambre de combustion? Personne. Et au pouvoir d'un seul de maintenir son emprise, d'une équipe ultra-minoritaire en regard de l'ensemble de la population, aux idées ultra-minoritaires en regard de la douceur des mœurs et du bon sens populaire des Français, ce trucage grossier fascinera des foules éloignées de leurs propres opinions, infantilisées qu'elles auront été toutes ces années par le pouvoir et sa suite mercantile de médias simplistes et complices de l'assujettissement.

C'est cela que l'on nomme une dictature, aucune hésitation à le penser, à le dire. Il faut relire les philosophes sur la question : la propagande, ou le trucage de la réalité, vient d'abord, puis un culte de la personnalité, puis un système policier. Quoi? Hannah Arendt délirait paranoïdement? Et avec elle aujourd'hui toute la population des éditorialistes, des auteurs, des artistes, des savants de toutes sortes, et des consciences?

Le président et sa curie seront jugés gravement par l'histoire, personne n'en doute, et il n'est pas temps de s'en émouvoir tout à fait, mais celui de démonter, de décortiquer la mécanique à l'œuvre, pièce par pièce, pour en révéler les mensonges permanent, les modifications éhontées du cours des choses, pour contrer la destruction de la République qu'il met en œuvre de facto par son action. Ainsi merci à vous Thomas Legrand pour cet article à la mesure de la situation. Grâce à des interventions de cette trempe, puissent les démocrates d'ici se lever un peu plus nombreux pour défendre leur idée de la vie commune, de la vie publique, de la politique de la cité! Puissent-ils persévérer dans la seule voie qui permettra raisonnable en pareille occurrence!

Bravo

Encore Bravo, j'approuve, ne changez rien Sheket...

Varlevent

M. Legrand, votre article est

M. Legrand, votre article est parfait mais vous auriez pu ajouter que M. Sarkozy avait promis a de multiples reprises de ne pas faire comme ses prédécesseurs. A ce jour, il est très en dessous du rythme de Chirac que Sarko critiquait continuellement sur ce point. Toute l'énergie de Sarko et tous les moyens de l'état ne sont utilisés que dans un seul but: qu'il soit réélu. Pour cela il maîtrise sa communication pour donner l'impression qu'il s'occupe des grands sujets, il empêche toute émergence d'une nouvelle tête à droite et il entretien comme il le peut la désorganisation du PS en provoquant des trahisons ou en leurs piquant leurs thèmes.
Mais un deuxième mandat pour faire quoi ? Sarko sera un nouveau roi fénéant mais aura bien vécu sur la bête. A ce jour son bilan est très maigre et 2 fois zéro ça fait toujours zéro. Et de la dette en plus.
Notre salut ne peut venir que des députés UMP qui représentent la seule force d'opposition à Sarkozy.

Travaillez d'abord, messieurs les journalistes !

N'avez-vous pas remarquer que le président daigne s'exprimer quand une polémique, analyse ou controverse commence à prendre de l'ampleur dans l'opinion publique ? Alors plutôt que de jouer les courtisans pour pouvoir interroger le monarque et jouer le faux rebelle, déranger le en faisant un peu plus de journalisme d'investigation, chose de plus en plus rare et pourtant de plus en plus utile. C'est vrai qu'il est plus facile d'aller manger les petits fours dans les salons de conférence que de mouiller sa chemise et prendre des risques journalistiques. A se demander pourquoi ils bénéficient encore de 7500 euros de défiscalisations lié à leur carte de presse car ils sont de plus en plus fonctionnaires...

Le chef de l'Etat n'est pas le chef du gouvernement

Monsieur Legrand, si le fond de votre article est cohérent et repose sur des faits avérés, un point cependant me paraît occulté dans votre analyse. Vous comparez le fonctionnement médiatique du Chef de l'Etat à celui du Premier ministre britannique ou du Chancelier allemand et vous commettez là une erreur. La constitution de 1958 prévoit dans son article 20 que "le Premier ministre est le chef du gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation". Le Premier ministre et non le président de la République. C'est donc au premier de répondre à la presse sur la politique menée dans le pays. Dominique de Villepin avait d'ailleurs instauré une conférence de presse mensuelle durant ses deux années à Matignon. Elles n'ont, semble-t-il, pas laisser un souvenir impérissable. Le problème est que depuis mai 2007 les décisions ne se prennent plus qu'à l'Elysée, laissant à Matignon l'inauguration des chrysanthèmes pour reprendre une formule connue. Mais il me semblait quand même important de rappeler l'existence du chef du gouvernement.

Pierre Linoret

Appel à pétition

Bravo Thomas Legrand pour cet article. Il faut le mettre en pratique en proposant à tous les journalistes de signer une pétition. Chiche !

Concernant les commentaires, je suis d'accord pour dire que les questions des conférences de presse laissent souvent à désirer. Lors des élections européennes, où j'ai assisté à plusieurs conférences de presse de personnalités politique, les journalistes posaient des questions sur leurs réactions face aux propos de Ségolène à Dakar, sur la main tendue de Hollande à Bayrou, etc les potins politiques, mais pratiquement aucune question sur l'Europe ! Il faut que les journalistes reviennent plus sur les sujets de fond plutôt que se concentrer sur les potins, les rumeurs, les querelles de personnes ...

conf

on a encore de la chance, en espagne, il y a des conférences de presse sans questions, il y a même un groupe facebookQUE LOS MEDIOS NO CUBRAN MÁS RUEDAS DE PRENSA SIN PREGUNTAS

martine silber

De Gaulle et la presse

Les conférences de presse du Général étaient peut-être soigneusement préparées, voire répétées, mais le président de la République de l'époque,, qui avait le verbe haut et le sens de la formule, et connaissait presque tous les journalistes présents, savait aussi improviser, faire des digressions, parfois teintées d'un humour ravageur, sur tel ou tel sujet d'actualité ou fait de société ... Vous m'avez compris, j'espère : n'est pas de Gaulle qui veut !

claudeg

Nous voulons une vraie démocratie...

Cher Thomas Legrand, je constate d'abord qu'ici comme ailleurs certains commentateurs s'en donnent à cœur joie (realwork is the best). D'autres, par contre, font preuve de beaucoup de lucidité, Sheket notamment, tout n'est donc pas perdu.
Je veux donc apporter mon soutien à votre désir de vraies conférences de presse de notre omniprésident. Mais il me semble qu'un préalable doit exister pour cela, c'est à dire l'existence d'une véritable démocratie. Je considère depuis longtemps que cette constitution qui confie tous les pouvoirs à un seul est tout simplement aberrante. Je sais bien qu'il s''agissait à ce moment de l'histoire de notre pays d'établir un régime plus stable que celui de la quatrième mais aujourd'hui, cette constitution est devenue obsolète et il faut en changer. Je pense d'ailleurs que la façon si autocratique de gouverner de Sarkozy peut aider à l'avènement d'une nouvelle constitution. Car chaque jour ou presque nous apporte les preuves évidentes que Sarkozy n'est pas là pour répondre à des questions précises sur des sujets précis, bien au contraire. il me semble que sa pensée doit être à peu près celle-ci : je suis le président de la république, je ne vais quand même pas me laisser emmerder par des journalistes. Bonjour la démocratie !
Continuez votre travail et pardonnez à ceux qui vous traitent de fonctionnaires, ils ne savent pas ce qu'ils font et disent.

Varlevent

mais à qui la faute

La France n'est pas une démocratie, mettre son bulletin pour chaque élection n'est pas un signe de démocratie mais un rituel.
Vilipender les régimes dits non démocratiques fait sourire où dans notre pays une fois l'élection terminée l'élu fait ce que bon lui semble.
Mais sur le fond à qui la faute pour une partie aux journalistes dont un nombre important se plait dans ce microcosme politico-journalistique. Comment se fait-il que M.Elkababbach soit de la délégation présidentielle lui comme d'autres "CHOISIS"à chaque déplacement de nos monarques de M. de Gaulle à M.Sarkozy en passant par M. Miterrand.
Notre pays n'est pas un exemple de démocratie alors demander une conférence de presse oui mais commencer par boycotter nos politiciens qui ne sont pas d'une grande blancheur voir ce médiocre procès Clearsteam qui ne devrait l'objet d'aucun commentaire médiatique.
Allez M. les journalistes osez vous remettre en question pour défendre la Démocratie mais également votre beau métier à condition qu'il ne soit pas le valet des poliitques (valet souvenevez - vous un mot des totalitaires communistes)

MAYOMBE

conférence de presse

Je me demande pourquoi aucun journaliste n'a quitté la salle du politbureau quand Sarkozy a insulté Joffrain. Pourtant les journalistes évoquent très souvent la liberté de pense, d'exprimer des opinions, le respect de la dignité, l'argumentation lutôt que le dénigrement, etc...
Je me demande pourquoi des journalistes se présentent aux convocations de ces séances qui dégoulinent d'hypocrisie.
Si tous les journalistes qui affirment être libres, qui ne lèchent pas les semelles de leurs supérieurs hièrarchiques, se mettaient d'accord pour boycotter les messes de Sarkozy, la situation changerait .
Alors, Mesdames et Messieurs les journalistes, faites votre travail...

Gaspadinn

Gaspadinn

Oui mais

Dans conférences de presse oui, mais avec le 1er ministre alors. C'est lui qui est censé être le chef du gouvernement.

Pour l'obtenir, je propose une grève de la politique par les journalistes de tous les médias.

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