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Dans dix ans, le Canada n'aura probablement plus de quotidiens

La une de quotidiens canadiens en octobre 2014 (REUTERS/Mark Blinch)

La une de quotidiens canadiens en octobre 2014 (REUTERS/Mark Blinch)

Leur diffusion a déjà drastiquement baissé en quelques années.

Un analyste des médias canadiens vient de publier ses prédictions pour 2025, et il ne voit pas beaucoup d'avenir pour les quotidiens papier du pays, rapporte le site Poynter.

«En 2025, il est probable qu'il y aura peu ou aucun quotidien papier au Canada», écrit Ken Goldstein dans son rapport.

Il base sa prédiction sur les chiffres de diffusion des quotidiens par rapport au nombre de ménages canadiens. En 1995, il y avait une diffusion totale d'environ cinq millions d'exemplaires pour environ onze millions de ménages. Le ratio était donc d'environ 50%. En 2014, on est passé à une diffusion de trois millions alors que la population a augmenté pour atteindre environ 14 millions de ménages.

Le choc de la fin des petites annonces

Si le déclin continue à un rythme similaire, le ratio ménages / diffusion sera de 5 à 10% dans dix ans, ce qui rendrait impossible la survie économique de la plupart des quotidiens d'intérêt général.

La baisse des revenus publicitaires, notamment liée à la quasi disparition des petites annonces dans les journaux, est aussi en cause, mais certains facteurs sont particuliers à la situation canadienne. 

Depuis plusieurs années, le National Post suspend ses numéros du lundi pendant l'été

Le fait que le pays soit si vaste pose un problème: certains quotidiens régionaux desservent des population restreintes. L'autre aspect qui fragmente encore un peu plus le lectorat est la division du pays entre francophones et anglophones.

«Un petit nombre de médias traditionnels pourraient s'en sortir en devenant des sites d'information nationaux ou internationaux, mais que deviendra le journalisme local?», demande le rapport.

À la recherche de nouveaux modèles

Au Québec en 2014, le quotidien de Montréal La Presse a annoncé la fin de sa version papier à une date encore inconnue, et depuis plusieurs années le National Post suspend ses numéros du lundi pendant l'été. Plusieurs quotidiens régionaux tentent de survivre au déclin en expérimentant des modèles économiques nouveaux. Le Toronto Star a mis en place un paywall, avant de s'en débarasser après un an, et le Winnipeg Free Press est en train d'essayer un système de micropaiments à 20 centimes d'euro l'article.

Le rapport de Ken Goldstein conclut en disant qu'alors que le gouvernement canadien finance la télévision publique et l'accès au haut-débit, il serait peut-être temps que le journalisme local fasse aussi partie des priorités.

 

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