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Percer les mystères de Venise et ses innombrables attraits

Extérieur du restaurant Terrazza au Danieli (© Starwoodhotels)

Extérieur du restaurant Terrazza au Danieli (© Starwoodhotels)

La Sérénissime ne manque pas de charme. À commencer par ses nombreux hôtels luxueux et ses trattoria.

L’offre hôtelière dépasse en 2015 tout ce que l’on pouvait imaginer dans les années 1980, dates de la renaissance du Carnaval en février. Dans l’Ospite di Venezia, magazine quasi officiel de la Sérénissime (100 pages, cadeau des concierges clés d’or), 160 unités hôtelières sont recensées: du palazzo chargé d’histoire à la pension de famille, plus 30 adresses variées sur la plage du Lido, site de la Mostra del Cinema (du 2 au 12 septembre 2015).

Les tarifs vont du simple au triple selon la période choisie, à commencer par les nuitées du week-end, souvent hors de prix, à Noël, pour la Saint-Sylvestre, à Pâques, à la mi-juillet pour la Fête nautique du Redentore, puis en août et surtout en septembre, un très bon mois.

Arriver sur la lagune le dimanche après-midi reste un bon plan. Plus la période est creuse, plus avantageux sont les prix. La consultation des sites Internet de voyages (tripadvisor.fr, govoyages.com, booking.com, routard.com…) est une nécessité absolue quelle que soit l’époque retenue, surtout deux ou trois jours avant le départ.

En deux ans, l’offre hôtelière s’est enrichie de plusieurs cinq étoiles de luxe: l’Aman Canal Grande Venice, le Centurion Palace face au Gritti, le JW Marriott Venice Resort & SPA, le St. Regis Venice sur l’Île de San Clemente, à 15 minutes de la place Saint-Marc.

Une nouvelle vague de clients venus d'Asie

En 2014-2015, la demande en forte hausse a été favorisée par la bonne tenue du dollar face à l’euro, par l’Expo Milano qui a drainé des visiteurs vers la Cité des Doges, et par de nouvelles vagues de clients venus d’Asie et des Émirats grâce aux lignes aériennes ouvertes par Emirates et Qatar Airways.

«Dans ces pays hors de l’Europe, l’Italie est à la mode et Venise en premier lieu grâce à la beauté préservée du centre historique, aux Beaux Arts –merci à François Pinault pour ses collections exposées au Palazzo Grassi et à la Punta della Dogana–, grâce à la douceur de vivre sans voitures et au shopping high class», indique Antonello de’ Medici, directeur général du Danieli, le palace ocre qui s’est identifié à l’Histoire de la Sérénissime. Les chefs d’États et stars, Greta Garbo, la princesse Grace, son fils Albert ont des suites à leur nom.

De plus, la cucina italiana, les vins de Toscane, du Piémont, de Vénétie, tout comme la variété des restaurants, surtout ceux des grands hôtels, le Palais des Doges et le musée Accademia sont des «plus» pour les Tours Operators. Venise est une cité d’art, riche de multiples chefs-d’œuvre où le rêve est partout, ainsi que les chocs visuels: il suffit de lever les yeux.

Les pèlerins amoureux de Venise «aussi étalée que New York est verticale» (Paul Morand) ont à choisir un séjour dans un hôtel simple, bien situé, ou un palazzo de légende doté d’une vue sur un aspect de la Cité des Doges (la navigation sur les eaux, la plongée vers l’Adriatique) propre à métamorphoser votre temps vénitien –peut-être le voyage d’une vie. George Sand et Chopin ne s’étaient pas trompés en élisant domicile au Danieli, au premier étage, face à l’Île de San Giorgio Maggiore.

1.Le DanieliChambres avec vue

Le plus ancien hôtel de Venise, créé en 1810 par le signore Dal Niel. Au bâtiment d’origine du doge Dandolo, restauré à merveille, s’est adjoint un ensemble de deux bâtiments contemporains qui communiquent par des passages intérieurs. Cinq nouvelles suites viennent d’être décorées par le Français Pierre-Yves Rochon. Attention à la situation de votre chambre ou suite, toutes ne donnent pas sur le Grand Canal, ce qui est frustrant, mais les tarifs sont différents.

Au rez-de-chaussée tout en boiseries, escalier sublime, le bar aux lumières tamisées, on sert des assiettes de charcuteries, club sandwich, et vins italiens au verre (15 euros), expresso italien (10 euros). S’accorder une pause après la marche épuisante dans les fauteuils en velours est un moment de pur plaisir.

Au cinquième étage, sur la Terrazza, le restaurant à la vue panoramique, un balcon sur les eaux, petit déjeuner et repas de cuisine vénitienne mariant la tradition et la modernité du chef napolitain Dario Parascandolo, exigeant sur les poissons de mer et les ravioli farcis à la mozzarella.

LE DANIELI

• Castello 4196. Tél. : +39 041 5226480. Beau menu à 115 euros et avec les vins à 155 euros. Chambres à partir de 345 euros.

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2.Gritti PalaceSur les pas d'Hemingway

Refait à l’identique façon palazzo privé, mobilier vénitien dans les salons près du bar mythique où Ernest Hemingway qui logeait au premier étage éclusait des Martini Dry, Bloody Mary et le champagne Perrier-Jouët avec les dames. De dimensions réduites, 90 clés, le Gritti est un palace de poche sans égal pour son confort, le chic du lieu de vie et le restaurant le Club des Doges en terrasse, sur les eaux calmes. Fidèle aux spécialités d’antan, le chef Daniele Turco mitonne le branzino (bar) nature et les cinq risotti Vialone ou Carnaroli dont celui aux crevettes (30 euros) dédié à l’auteur de Pour qui sonne le glas. Cuisine datée, sérieuse, le canard en deux services (48 euros), soufflé à la vanille ou chocolat (30 euros). Mais l’emplacement vaut mieux que tous ces plats.

GRITTI PALACE

• Campo Santa Maria del Giglio. Tél. : +39 041 794611. SPA et cours de cuisine par le chef et visite au marché du Rialto (250 euros). Carte de 90 à 140 euros Chambres à partir de 430 euros.

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3.Bauer PalazzoDélices à la carte

Restauré magistralement dans l’esprit vénitien, une merveille de goût, façade armoriée sur le Grand Canal, le cinq étoiles luxe de Francesca Bortolotto, une des rares propriétaires privées de Venise, s’est constitué une clientèle d’habitués. Celle-ci apprécie le charme du Bauer, face à la Douane de Mer, où officie le chef japonais Hiraki Masakazu formé par Giovanni Ciresa, un maître des cuissons. Parmi les plats signatures, le tartare de bœuf piémontais en quatre versions (33 euros), la salade de homard frais aux légumes (38 euros), les tagliatelles aux chanterelles et citron (30 euros) et le gros turbot cuit à l’arête, le chef-d’œuvre actuel (50 euros), tiramisu au mascarpone semifreddo (20 euros). Pinot gris délicieux de Colmello (25 euros).

BAUER PALAZZO

• San Marco, 1413/d. Tél. : +39 041 5207022. Chambres à partir de 700 euros. Autre unité au Bauer Hotel, San Marco, chambres à partir de 680 euros.

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4.Europa & ReginaTrip locavore

Sur le Grand Canal, une façade blanche de palazzo du groupe Westin, salons imposants par les marbres et les cours intérieures, idéal pour les congrès, prix étudiés. Restaurant sur les eaux, face à la Salute, «cuisine de liberté pour une bonne santé» signée du chef Alberto Fol au restaurant la Cusina. Sélection de poissons crus (39 euros), carpaccio de veau à la ricotta (34 euros), spaghetti Martelli aux tomates fraîches et ricotta fumée (28 euros), foie de veau à la vénitienne et polenta (34 euros). Un voyage culinaire locavore, rare chez les Doges.

EUROPA & REGINA

• San Marco 2159. Tél.: +39 041 2400001. Menu Bien-Être à 105 euros. Chambres à partir de 410 euros.

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5.CiprianiLe maestro

L’autre restaurant, l’Oro, créé l’an dernier à la place de l’ancien Fortuny, accueille la cuisine moderne du grand chef italien Davide Bisetto, étoilé au Royal Monceau à Paris, puis double étoilé au Casadelmar en Corse jusqu’en 2013. Sur l’Île de la Giudecca, à cinq minutes par le vaporetto privé de l’hôtel. Dans un parc verdoyant aux sculptures saisissantes, l’oasis de sérénité du groupe Orient-Express devenu Belmond, un charme fou, piscine olympique et SPA, clientèle sélect au Palais Vendramin, dépendance sur les quais où logèrent Lady Di, George Clooney pour son mariage avec l’avocate londonienne Amal Alamuddin. Incroyable fidélité des habitués qui ont la même chambre ou suite d’année en année. Déjeuner en tenue de plage près de la piscine, pasta del giorno (28 euros) et dîner au Cip’s, la trattoria raffinée, plantée sur les eaux, face au Campanile et au Palais des Doges, de l’autre côté de la lagune. Plats vénitiens sans chichis, tagliatelles au basilic et aux crevettes (30 euros).

Comment composer le Bellini?

C’est le cocktail historique de Venise: un tiers de jus de pêche blanche fraîche et deux-tiers de Prosecco, le vin blanc pétillant de la Botte, à quoi on ajoute un jus de framboise citronné. Cette recette mondialement connue a été inventée par Giuseppe Cipriani, l’ancien barman de l’Hotel Europe, fondateur du Cipriani en 1958. Le Bellini frais –et non en boîte comme au Harry’s Bar, une honte– est concocté au Cipriani par Walter Bolzonella, chef barman depuis vingt ans et l’ami de George Clooney, grand amateur de cocktails de tradition.

Une symphonie créative et gourmande jamais vue sur la lagune, finesse, légèreté et esthétique de l’assiette : le thon rouge de Méditerranée en filets, mouillés d’une sauce au soja et à la seiche, une merveille de textures (46 euros) et le bar cuit lentement à l’huile d’olive, poivre et anchois, dépouillement et saveurs (68 euros), soufflé divin à l’abricot (22 euros).

On reste médusé par la maîtrise et le sens des goûts révélés par la maestria de ce chef qui a su renouveler le style de la cuisine endormie de Venise. Deux étoiles en 2016 et trois en 2020, ce serait justice.

Restaurant le Cip's à l'Hotel Cipriani © Groupe Belmond

CIPRIANI

• Tél.: +39 041 240801. Carte au restaurant l’Oro à 150 euros. Menu à 190 euros avec huit plats de rêve. Chambres à partir de 1 320 euros.

LE SITE

 

6.Autres hôtels de bon confort
Sélection

Londra Palace
Le seul Relais & Châteaux de Venise, à deux pas du Danieli, une façade blanche et une cinquantaine de chambres donnant sur le bassin de Saint-Marc. Repas sur le quai. Tél.: +39 041 5200533. Chambres à partir de 250 euros.

Monaco & Grand Canal
Magnifiquement situé sur les eaux, intérieurs modernisés, marbres et lumières. Restaurant fréquenté par les Vénitiens pour des spécialités de la lagune. Tél.: +39 041 5200211. Chambres à partir de 300 euros.

Pensione Accademia
Dans le Dorsoduro, une agréable villa du XVIIe siècle, proche du fameux musée, grandes chambres et un jardin si rare à Venise. Tél. : +39 041 5210188. Chambres à partir de 95 euros selon la saison.

Hotel Locanda San Barnaba
Dans un ancien patio du Dorsoduro, une douzaine de chambres ouvertes sur une rue tranquille, salle à manger et jardinet pour les repas. Tél.: +39 041 2411233. Chambres à partir de 83 euros.

La Calcina
La demeure de John Ruskin, critique d’art, auteur des Pierres de Venise, a été transformée en hôtel de classe avec des chambres cosy qui s’ouvrent sur le Canal de la Giudecca, terrasse sur les toits et restaurant vénitien la Piscina. Tél.: +39 041 5206466. Chambres à partir de 210 euros.

Flora
Dans un ancien palais du XVIIIe siècle, à quelques pas de la place Saint-Marc, autour d’un jardin romantique, un hôtel de charme aux chambres personnalisées et salons. À noter, une conciergerie de cinq étoiles. Une aubaine en toute saison. Tél.: +39 041 5205844. Chambres à partir de 250 euros.

Bauer Palladio
Sur l’Île de la Giudecca, adossé à l’église du génial Palladio, un ancien couvent posé dans un vaste jardin aux grands arbres, d’un calme absolu. Cour intérieure et repas dans le parc. Plats vénitiens classiques autour de 15 euros. Navettes gratuites. Tél.: +39 041 5207022. Chambres à partir de 510 euros.

7.De la trattoria aux restaurants classiquesSélection

Du Caffè Florian aux délicieux tramezzini (mini sandwiches) jusqu’aux plats usés par la routine du Harry’s Bar et hors de prix (le poulet à la parmigiana à 70 euros), il s’agit de s’informer pour ne pas subir les arnaques et les faux menus vénitiens –poissons brûlés par la glace– et sortir déprimé d’un dîner attrape-gogos. Renseignez-vous.

Burratta de Dario Parascandolo au Terrazza du Danieli © Starwoodhotels

Caffè Quadri
Au premier étage, sur la place Saint-Marc, le plus ancien restaurant de Venise, face au Florian. Jusqu’à l’arrivée des deux frères Alajmo, restaurateurs fameux à Rubano près de Padoue, il n’y avait qu’une table au décor vénitien proposant des plats de jadis qui n’attiraient que les touristes désireux d’être sur la place Saint-Marc, «le salon de l’Europe», disait Stendhal– rien d’excitant dans l’assiette. En 2013, Massimiliano Alajmo, trois étoiles à 28 ans (un record mondial) au Calandre, à 45 minutes de Venise, a entrepris de révolutionner la cuisine créative, sans bousculer les bases de la cucina italiana: il faut une évolution raisonnée dans les assiettes modernes.

Dans un décor de palazzo classique, parquets, le rouge sur les murs, intimité des tables pour un repas hors normes à la Pierre Gagnaire, le capuccino de pommes de terre aux crevettes, crabe et clams (45 euros), le ravioli de burrata dans un bouillon de mer (50 euros), le carpaccio de thon denti à la mayonnaise et caviar (55 euros) et quinze plats de ce calibre jamais goûtés à Venise. L’étoile est venue en deux ans et c’est l’adresse plébiscitée par les connaisseurs. Sommelière très calée et charmante. Brunello di Montalcino à tomber.
• Piazza San Marco. Tél.: +39 041 5222105. Menus à 170 et 200 euros pour sept plats. Fermé lundi.

Quadri ABC
Sur la terrasse, face à l’orchestre de cinq musiciens classiques, ou à l’intérieur. Décor raffiné et coude à coude fraternel. Tous les classiques de la Cité des Doges: gnocchi à la pâte aux œufs à la ricotta (25 euros), soupe froide à la tomate (18 euros), risotto au safran (25 euros), aubergines à la parmigiana (19 euros), divine tarte au chocolat (19 euros). Rapport qualité-prix parfait, abondance des plats, et l’orchestre joue des mélodies de Mozart, de Chopin et de Bach. Une jolie soirée au cœur de la cité. Même téléphone qu’au premier étage.

Trattoria Da Fiore
Fréquentée par des Vénitiens au palais affûté pour les pâtes aux légumes, les sardines in saor, l’agneau et les cicchetti (hors-d’œuvre), une adresse de confiance.
• Calle del Scaleter. Tél.: +39 041 731308. À partir de 45 euros.

Trattoria Corte Sconta
Recommandé par Filippo, le concierge du Danieli, et l’écrivain Hugo Pratt, un rendez-vous pour les mangeurs à l’italienne, hors-d’œuvre généreux, pasta du chef, poissons et crustacés irréprochables d’où l’affluence au dîner.
• Calle del Pestrin Castello. Tél.: +39 041 5227513. De 60 à 80 euros.

Al Covo
Une adresse familiale, et une des meilleures tables de Venise pour les cadeaux de la mer et des préparations ciselées.
• Castello 3968. Tél.: +39 041 5223812. Menu à 60 euros. Carte de 50 à 90 euros.

Bistrot de Venise
Tout proche de San Marco, une trattoria réputée pour les plats de la Cité des Doges (risi e bisi) et pour des références culinaires d’hier. On peut aussi acheter les vins sur place.
• Calle dei Fabbri 4685. Tél.: +39 041 5236651. Menu à 60 euros. Carte de 55 à 105 euros.

Altanella
Cachée dans une rue de la Giudecca, une trattoria familiale qui a ses fidèles –François Mitterrand. La tradition gourmande des mères vénitiennes. Terrasse.
• Sestiere Giudecca 268. Tél.: +39 041 5227780. Carte de 60 à 90 euros.

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