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Après chaque tuerie aux États-Unis, les proches des victimes tentent de réguler les ventes d’armes

Photo des deux journalistes assassinés en direct sur la chaîne WDBJ7, Alison Parker et Adam Ward, le 27 août 2015| REUTERS/Chris Keane

Photo des deux journalistes assassinés en direct sur la chaîne WDBJ7, Alison Parker et Adam Ward, le 27 août 2015| REUTERS/Chris Keane

L'interview de parents de victimes en larmes dénonçant l'inertie des politiques est devenu une sorte de «tradition américaine».

Un jour après le meurtre de sa fille en direct à la télévision, le père de la journaliste Alison Parker était interviewé à l'antenne de Fox News, où il promettait que sa vie serait désormais dédiée au combat législatif pour le contrôle des armes à feu aux États-Unis:

«Je veux faire honte aux législateurs pour qu'ils fassent quelque chose contre les failles de la loi, et pour qu'ils renforcent les vérifications avant les ventes d'armes», a déclaré Andy Parker.

L'interview de parents de victimes en larmes qui dénonce l'inertie des hommes politiques est devenu une sorte de «tradition américaine», rappelle Slate.com. Beaucoup se mettent ensuite à faire du lobbying pour faire passer de nouvelles lois visant à mieux réguler les ventes d'armes. Leurs efforts ont été efficaces dans certains États, mais pas au niveau fédéral.

«Je me fiche de votre sympathie»

En 2014, Richard Martinez, le père d'une victime de la fusillade de Santa Barbara, en mai 2014, affirmait devant les micros:

«Je me fiche de votre sympathie. J'en ai rien à foutre que vous soyez triste pour moi. Bougez-vous et faites quelque chose.»

Le père d'une des vingt-six victimes de la tuerie de l'école Sandy Hook expliquait à la presse locale en 2013:

«Ce qui serait vraiment terrible, c'est si les gens oubliaient, si chacun retournait à sa vie normale et arrêtait de parler des changements nécessaires pour qu'un autre 14-Décembre ne se reproduise pas.»

Vérification de casier judiciaire

L'engagement de ces familles n'a pour l'instant pas permis de faire passer au Congrès une réforme des vérifications de casier judiciaire avant les vente d'armes. Dans la majorité des États américains, il est possible pour n'importe qui d'acheter une arme lors de ventes privées et foires, sans aucune enquête préalable.

Les vérifications de casier judiciaire sont obligatoires pour les ventes dans les magasins agréés, mais, si les informations n'ont pas été obtenues en trois jours, le client peut faire son achat. C'est cette faille législative qui avait permis à Dylann Roof, le meurtrier de Charleston, de se procurer une arme alors que son casier n'était pas vierge.

En 2013, le Sénat (notamment les Républicains et certains Démocrates dans des zones rurales) avait rejeté une proposition de loi de l'administration Obama qui incluait l'interdiction de la vente des armes d'assaut, les chargeurs de grande capacité, et renforçait les vérifications de casier judiciaire.

Pas de loquet sur la gâchette

En janvier 2015, la représentante du Congrès Carolyn McMarty, qui a perdu son mari dans une fusillade en 1993, a pris sa retraite après dix-huit ans de combat pour la réforme du contrôle des armes à feu.

Elle n'a pas réussi à faire passer une loi pour rendre obligatoire les loquets qui verrouillent les gâchettes, ni celle sur l'interdiction des armes d'assaut. Elle n'a pas non plus réussi à faire changer la loi sur les vérifications d'identité. Mais, à chaque fusillade, les familles des victimes se retrouvaient dans son bureau pour demander comment faire changer les choses.

Comme le rappelle le site MSNBC, si le changement législatif semble bloqué au niveau fédéral, le combat s'est déplacé au niveau des États. Après la tuerie de Sandy Hook, l'État du Connecticut a fait passer une loi qui étend notamment les vérifications à toutes les ventes d'armes et interdit les ventes d'armes d'assaut. Six autres États, dont le Colorado et New York, ont passé des lois similaires ces dernières années. 

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