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Portrait-robot de l'homme de gauche par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, le 20 juin 2015. REUTERS/Pascal Rossignol.

Emmanuel Macron, le 20 juin 2015. REUTERS/Pascal Rossignol.

Depuis sa nomination à Bercy, le ministre de l'Economie a une formule récurrente: «Être de gauche, c'est...». Démonstration.

Absent de l'université d'été du PS à La Rochelle –il n'y est pas encarté et explique par ailleurs ne pas avoir été invité–, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron, était, ce jeudi 27 août, l'hôte d'honneur du rassemblement des «réformateurs» du PS à Léognan, en Gironde.

«Être de gauche, c’est faire des réformes en amont», a-t-il notamment lancé lors de son discours (avant, le soir, de fustiger les 35 heures devant le Medef), employant une formule qui revient de manière frappante dans ses prises de parole publiques. Une tentative de (re)définition de la gauche qui fait partie de son storytelling et n'a rien de surprenant de la part de quelqu'un dont l'appartenance à ce courant est régulièrement contestée par ses adversaires. Petit florilège.

«Être de gauche», selon Emmanuel Macron, c'est...

«Être de gauche, pour moi, c’est, en effet, être efficace, recréer les conditions pour investir, produire et innover [...], être juste pour que les efforts comme les gains soient équitablement répartis. Être de gauche, c’est être responsable, ce n’est pas prendre une posture, c’est essayer de faire bouger les choses, [...] être davantage du côté du risque que de la rente.» (Entretien à Ouest-France, le 1er septembre 2014 –on notera l'esquisse d'anaphore à la François Hollande)

«Être de gauche aujourd'hui, c'est donner à chaque moment de la vie la possibilité d'avancer, de réussir.» (Twitter, le 18 février 2015)

«Ce texte est avant tout un texte de gauche. Car être de gauche aujourd'hui, c'est partir du réel, et tout faire pour mettre nos concitoyens en capacité de travailler. Parce que le travail, c'est une valeur de la gauche. Pas le conservatisme.» (Entretien au JDD, le 22 février 2015)

«Sans doute que je mets mal à l’aise la gauche qui vit dans les dogmes des années 1980. Je pense qu’être de gauche, c’est d’abord redonner plus de place aux jeunes et aux outsiders.» (Interview à Paris Match, 27 février 2015)

«Pour moi, être de gauche, c’est rendre l’homme capable. [...] Ce qui fait que je suis de gauche, c'est que je veux rendre les Français capables, leur redonner des accès, leur redonner plus de droits, des vrais droits, pas des belles formules » (Des Paroles et des actes, sur France 2, le 12 mars 2015)

«Cette loi, elle ne porte aucune régression sociale, aucune! La gauche, ça n'est pas les bonnes idées, la gauche c'est le concret. Et je vais te le dire: être de gauche, c'est être fier de changer le réel.» (meeting dans le Val-de-Marne, le 19 mars 2015)

«Être de gauche, c'est pour moi être du côté du travail, de l’émancipation, de l'innovation.» (Twitter, le 17 juin 2015)

«Être de gauche, c’est vouloir créer un mouvement, et ne pas être fétichiste des droits formels.» (Le JDD, le 17 juin 2015)

«Moi, je suis de gauche dans le sens où les valeurs que je porte me semblent être celles de l'émancipation, du travail de la mobilité sociale et en même temps de la redistribution et la protection des individus, ce sont des valeurs de gauche.» (Interview sur i>Télé, le 26 juin 2015)

Mais ce n'est pas...

«Être de gauche, ce n’est pas être un égalitaire jaloux.» (Interview sur BFM TV, le 2 mars 2015)

«Je suis de gauche. Être de gauche, ce n'est pas regarder son nombril, c'est regarder de l'avant et se battre pour son pays dans un esprit de justice et d'efficacité. [...] Être de gauche, ce n'est pas être nombriliste, ce n'est pas déclarer la fatwa pour l'un ou pour l'autre.» (Propos tenus lors d'une visite à Lannion, le 8 juin 2015)

«Un pays qui bloque tout, qui devient statutaire, je ne sais pas s'il est de gauche, ce n'est pas ma conception. Qu'est-ce que c'est que d'être de gauche, c'est d'avoir la carte d'un parti?» (Interview sur i>Télé, le 26 juin 2015)

Et ce n'est pas incompatible avec...

Il «n’est pas interdit d’être de gauche et de bon sens: si on ne produit pas, ma grand-mère m’a toujours dit qu’on n’avait pas grand-chose à distribuer». (Entretien à Ouest-France, le 1er septembre 2014)

«On peut être de gauche et réussir. Je ne me considère pas comme riche.» (Des Paroles et des actes, sur France 2, le 12 mars 2015)

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