Monde

Un des survivants de l’attaque de l'île d'Utoya va être expulsé de Norvège

Temps de lecture : 2 min

À cause d’un mensonge de son père sur son origine, Mubarak Haji Ahmed devrait être reconduit vers Djibouti dans les jours qui viennent.

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C’est une affaire qui fait beaucoup de remous en Norvège. Mubarak Haji Ahmed est l’un des survivants de l’attaque sur l’île d’Utøya en 2011, où Anders Behring Breivik avait tué 69 personnes et blessé 33 autres dans un camp de jeunes organisé par la Ligue des jeunes travaillistes (AUF). Aujourd’hui, son intégration et celle de toute sa famille est remise en cause par les autorités norvégiennes.

En 2011, Mubarak se trouvait sur l’île avec ses trois frères. L’un d’eux, Ismail, a péri sous les balles du terroriste d’extrême droite. Le jeune homme souffre depuis de problèmes de santé mentale et d’une perte progressive de l’ouïe causée par les détonations lors de l’attentat.

Un mensonge sur l’origine de la famille

Problème: quand Mubarak est arrivé en Norvège à l’âge de 10 ans, ses parents ont menti sur leur pays natal. Originaire du Djibouti, la famille vivait au Yémen lorsqu’ils furent contraints de quitter le pays à cause de l’activisme politique du père et du plus grand frère de Mubarak, Khalid.

Arrivés en Norvège, les parents ont dit venir de Somalie pour augmenter leur chance d’obtenir l’asile, ce pays étant plus instable à l’époque que le Yémen ou Djibouti. Le grand frère Khalid a avoué le mensonge aux autorités norvégiennes cette année avant de quitter le pays.

Dans un mail de réponse au Washington Post, le directeur général de la Commission d’Appel des étrangers, Ketil Larsen, précise qu’administrativement, rien ne peut être fait pour annuler cette expulsion:

«Toute la famille a perdu sa citoyenneté [norvégienne] lorsqu’il fut découvert qu’ils venaient de Djibouti et non de Somalie.»

Concernant la santé de Mubarak et son rapport aux attentats:

«C’était un élément central du dossier, mais ça n’a pas été décisif.»

Expulsion imminente

Les deux frères de Mubarak ont déjà quitté la Norvège de leur propre chef, tandis que ses parents ont été expulsés du pays. Son père est mort cinq jours après son arrivée à Djibouti. Mubarak, lui, est en attente d'un prochain départ avec sa sœur… et ses enfants. L'avocat de la famille, Jostein Løken, accuse les autorités de condamner deux générations d’intégration réussie pour une erreur commise par la première génération, celle des parents de Mubarak.

Pour tenter d’empêcher cette expulsion un ami de la famille, Chris Klemmetvold, a créé un groupe de soutien qui ne trouve pas d’écho dans la classe dirigeante norvégienne. Knut Storberget, l’ancien ministre de la Justice qui avait promis «tout faire pour aider cette famille» à l’enterrement d’Ismail, a déclaré au journal Ostlendingen ne pas vouloir «faire de commentaires sur des cas individuels».

Slate.fr

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