Culture

«No Diggity» est une des cinq chansons les plus intemporelles des années 90

Temps de lecture : 2 min

Un journaliste a compilé les données d'écoutes de Spotify pour l'année 2014. Un bon test pour savoir quels morceaux résistent à l'épreuve du temps.

Un morceau de la pochette de «No Diggity».
Un morceau de la pochette de «No Diggity».

Écrire une chanson qui traverse avec vaillance les années sans faillir est le rêve de tout compositeur. Elle fait partie de la mémoire collective. Mieux, on l'écoute encore religieusement.

Pendant longtemps, explique Matt Daniels, journaliste pour le site de datajournalisme Polygraph, la seule évaluation du succès d'une chanson à laquelle on avait accès était les chiffres de vente. Or, ceux-ci ne mesuraient que l'impact d'un morceau dans les jours, semaines, mois suivant sa sortie. Aujourd'hui, de nouveaux chiffres viennent compléter notre connaissance des habitudes d'écoute, à commencer par ceux de Spotify.

Alors, quel artiste des années 1990 écoute-t-on encore le plus aujourd'hui? Nirvana? Oasis? Metallica? Dr. Dre? Ou bien Coolio? Natalie Imbruglia? Blackstreet? Oui, Blackstreet.

R.E.M. plus fort que U2

Ne riez pas trop vite: d'après les données compilées par Polygraph, «No Diggity», donc, feat. Dr. Dre et Queen Pen, était en 2014 le cinquième morceau des années 1990 le plus streamé sur la plateforme suédoise, avec près de 31 millions d'écoute. Très loin devant le «Loser» de Beck (13,8 millions), «Wind of Change» de Scorpions (14,5 millions), «Friday I'm in Love» de The Cure (16,9 millions), «One» de U2 (19,7 millions), «Wannabe» des Spice Girls (21,1 millions), «Losing My Religion» de R.E.M. (22,5 millions), «Nothing Else Matters» de Metallica (26,9 millions) ou «Creep» de Radiohead (28,9 millions).

Seuls font mieux, donc, «Under The Bridge» des Red Hot Chili Peppers (33,6 millions), «Wonderwall» d'Oasis (34,3 millions), «Iris» des Goo Goo Dolls (35,6 millions) et surtout «Smells Like Teen Spirit» de Nirvana (50,6 millions). Matt Daniels souligne avec amusement que ce dernier morceau n'était jamais entré dans le Top 5 des charts au moment de sa sortie.

La chance tourne pour «Get Lucky»

Le journaliste s'est amusé avec d'autres chiffres. Les chansons sorties dans les années 2000-2010 les plus streamées sur Spotify sont ainsi à ce jour «Lose Yourself» d'Eminem (59 millions d'écoutes en 2014), «Mr. Brightside» de The Killers (54,3 millions) et «Numb» de Linkin Park (52,9 millions). Pas forcément les plus gros tubes de leur époque, preuve qu'une réévaluation constante est à l'œuvre dans les usages, loin de l'image attachée à chaque morceau à sa sortie.

En se concentrant sur l'année 1991, par exemple, Matt Daniels note que les quatre chansons qui ont passé l'épreuve du temps mieux que toutes les autres («Smells Like Teen Spirit», donc, mais aussi «Enter Sandman» et «The Unforgiven» de Metallica et «Losing My Religion» de R.E.M.) avaient de même réalisé de relativement faibles scores dans les charts. Alors que qui écoute encore ça, ça ou ça?

L'effet sur les titres publiés en 2013 est encore plus saisissant. Véritable raz-de-marée à sa sortie, «Get Lucky» de Daft Punk a atteint des pics d'écoute plus élevés que «Wake Me Up» d'Avicii, «Pompeii» de Bastille ou «Counting Stars» de OneRepublic, mais était moins écoutée qu'elles en avril 2015, deux ans après. Des morceaux plus confidentiels comme «Young and Beautiful» de Lana del Rey ou «Do I Wanna Know» des Arctic Monkeys font même jeu égal avec l'hymne de nos robots.

Impossible toutefois de départager la bataille entre fans des Rolling Stones et des Beatles. Le catalogue de ces derniers n'est pas disponible sur Spotify.

Slate.fr

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