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Le meilleur cartographe de la situation en Syrie est un lycéen hollandais qui ne s'y est jamais rendu

Capture d'écran du Twitter de Thomas Van Linge

Capture d'écran du Twitter de Thomas Van Linge

Le travail effectué par Thomas Van Linge, 19 ans, depuis sa chambre à Amsterdam, a été repris par de grands journaux, mais aussi par des universitaires très pointus.

Depuis janvier 2013, Thomas Van Linge publie des cartes qu’il actualise régulièrement sur son compte Twitter @arabthomness de la Syrie, l’Irak, l’Est-Ukrainien et bien d'autres. Il comptabilise aujourd’hui plus de 15.000 abonnés dont nombreux spécialistes. 

Ses cartes ont été reprises par CNN, le New York Times, le Huffington Post, le Daily Star, Vox et même le site de l’Université du Texas d’Austin. Mais ce jeune hollandais n’a rien d’un grand expert de la région en apparence: il s’agit d’un lycéen hollandais qui suit les divers conflits qui font la une de l’actualité sur les réseaux sociaux.


Ses cartes sont maintenant systématiquement relayées sur le Wordpress d’un expert belge du Jihad très influent, Pieter Van Ostaeyen. Sa dernière carte de la Syrie date du 18 août 2015 et illustre mieux qu’aucune autre, au moyen d’une bonne légende couleur, comment appréhender la nébuleuse de mouvements qui s’affrontent en Syrie et l’évolution de leurs zones d’influence. Il y montre très bien l’influence de l’État Islamique, qui contrôle maintenant 50% du pays, en insistant sur son contrôle des larges déserts syriens, souvent absents des autres cartes qui n’y voit aucun intérêt géopolitique.

Sa première carte, fin 2013, se consacrait à la situation d l’YPG et des forces kurdes dans le Kurdistan syrien

Le déclic des révolutions arabes

L’intérêt du jeune homme pour la région est né en 2011 au moment des révolutions arabes, notamment les événements de la place Tahrir en Égypte. Il a alors commencé à apprendre l’arabe sur YouTube et continué de suivre l’évolution des événements sur les réseaux sociaux. Sa première carte, en décembre 2013, se consacrait à la situation d l’YPG et des forces kurdes dans le Kurdistan syrien. Face au succès de cette première publication, il a étendu sa carte à toutes la Syrie puis à d’autres pays. Newsweek l’a interrogé:

 «J’étais contrarié que d’autres cartes ne fassent pas la distinction entre les rebelles et le groupes djihadistes comme l’EIIL, qui étaient encore entremêlés à l’époque. […] Je veux informer les gens et leur montrer les dynamiques du pays. Je souhaite aussi informer les journalistes qui vont dans le pays sur les régions qui sont des no-go zones, celles qui sont dangereuses, et aussi sur le développement des stratégies des protagonistes au fil du temps.»

Agir sur place

Pour faire ces cartes, Van Linge utilise tout simplement Microsoft Paint. Son activisme sur les réseaux sociaux lui a permis de se faire des contacts sur place: il skype régulièrement avec des combattants sur le front, des activistes ou encore des membres d’association qui lui donnent des informations pour élaborer ses cartes. Au total, le lycéen dit mobiliser plus de 1.100 sources pour actualiser son travail sur la Syrie, la plupart venant de Facebook, de Twitter ou de YouTube.

Tout ce qu’il a réalisé, Thomas Van Linge l’a fait sans mettre un pied dans la région. Maintenant qu’il a fini son lycée, il souhaite agir de manière plus concrète. Son activisme se résumait jusque là, en plus de sa cartographie, au partage de tous les événements qui se déroulent en Syrie et en Irak. En contact avec une jeune kurde orpheline qui élève seule sa petite sœur, il souhaite partir dans le Nord-est du Kurdistan Irakien pour aider les populations locales comme il peut.

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