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Comment une fusée nazie aurait pu envoyer un Britannique dans l'espace

Fusée Bumper, combinaison des missiles V2 de l'Allemagne nazie et de missiles américains WAC Caporal | Wikipédia

Fusée Bumper, combinaison des missiles V2 de l'Allemagne nazie et de missiles américains WAC Caporal | Wikipédia

Dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale, un plan britannique audacieux prévoyait d'utiliser la technologie développée par les Allemands.

«À la place de Hitler, j'aurais fait fusiller l'ingénieur qui m'a fait construire une arme aussi coûteuse et aussi peu efficace», ironisait Churchill en parlant des missiles V2 développés par l'Allemagne nazie qui pillonaient Londres. Ces armes étaient alors imprécises, peu destructrices et longues à fabriquer comparées à une bombe classique.  

Mais dès la guerre terminée, ça n'a pas empêché les Anglais, comme les Américains et les Français, de se bousculer pour tenter de percer le secret du programme spatial allemand. Ces armes de la terreur représentaient un énorme bond en avant en matière de technique spatiale.

Les Américains ont récupéré Wernher von Braun, un des concepteurs des fusées V2 et responsable du programme, qui s'est rendu dès mai 1945. L'ingénieur allemand est devenu un des principaux responsables de la Nasa. Les Russes, eux, ont mis la main sur ses recherches, restées à la base, à Peenmünde. Les Français, de leur côté, ont embauché de nombreux scientifiques allemands spécialisés dans les fusées, comme le raconte cette enquête de l'Express.

Et les Anglais? Ils ont lancé l'opération Backfire. En octobre 1945, aidés par du personnel allemand, ils ont réussi à retrouver et assembler ce qu'il restait de pièces pour lancer plusieurs missiles V2. Les ingénieurs se sont tout de suite rendus compte du potentiel de cette technologie. Elle pourrait les aider à réaliser un rêve qui aurait semblé totalement farfelu quelques années plus tôt: construire un vaisseau spatial.

Une trajectoire parabolique jusqu'à 300 km de hauteur

Le «Megaroc», la fusée conçue par Ralph Smith / Archives British Interplanetary Society

Dès 1946, un membre de la British Interplanetary Society, le designer Ralph Smith, a dessiné un prototype détaillé, une adaptation du missile V2 pour qu'il puisse transporter un homme. La coque a été élargie et renforcée, la quantité de carburant augmentée et l'ogive d'une tonne des missiles remplacée par une capsule permettant d'y loger un astronaute.

La fusée n'aurait pas été assez puissance pour être placée en orbite, mais elle aurait suffi pour suivre une trajectoire parabolique jusqu'à 300 km de hauteur. Une fois hors de l'atmosphère, le nez conique de la fusée se serait détaché, et l'astronaute aurait pu profiter de ces quelques minutes dans l'espace pour faire des observations de la Terre, de l'atmopshère et du soleil. Ralph Smith avait pensé à tout, selon David Baker, historien de l'espace interviewé par la BBC:

«Ce design était totalement réalisable. Toutes les technologies existaient et il aurait été achevé en trois à cinq ans. D'ici à 1951, les Anglais auraient envoyé quelqu'un dans l'espace.»

Malheureusement pour l'ingénieur, son projet de vaisseau a été refusé par le gouvernement brittannique, qui, affaibli économiquement par la guerre, a préféré se concentrer sur le développement de l'aviation et de la technologie nucléaire.

De l'autre côté de l'Atlantique, l'armée américaine a fourni à Wernher von Braun toutes les ressources dont il avait besoin pour développer sa première fusée, le Mercury-Redstone, «remarquablement similaire» à la conception anglaise. 

Malgré tout, ce sera finalement les Russes qui prendront de court tout le monde avec le lancement du premier homme dans l'espace, Youri Gagarine, en 1961. Mais il existe peut-être une réalité parallèle où les Anglais ont été les premiers dans l'espace. Ou une autre où les nazis vivent sur la face cachée de la Lune. Sait-on jamais.

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