La photographie est morte, vive la photographie

Des photographes sportifs pendant la finale de Roland-Garros opposant Maria Sharapova à Simona Halep, le 7 juin 2014 | REUTERS/Stephane Mahe

Des photographes sportifs pendant la finale de Roland-Garros opposant Maria Sharapova à Simona Halep, le 7 juin 2014 | REUTERS/Stephane Mahe

La révolution photographique est en marche et il est temps de s’adapter.

«Il est temps d'arrêter de parler de photographie. Ce n'est pas que la photographie est morte, comme beaucoup l'ont affirmé, mais elle est révolue.» Ce sont par ces termes que Stephen Mayes, directeur général du Tim Hetherington Trust, débute un article intitulé «La nouvelle révolution en photographie est en train d'arriver» (en VO, «The Next Revolution in Photography Is Coming») publié sur Time.

Selon lui, une révolution est en marche et il faut s'adapter. Pour cela, il préconise non seulement de parler de la photographie en termes nouveaux, mais aussi de «la penser différemment et de l'utiliser différemment».

Si, pour l'instant, les constructeurs tentent toujours d'imiter la photographie traditionnelle et les discours présentent encore et encore l'image comme l'enregistrement objectif du réel, Stephen Mayes pense que le futur de la photographie se construira sans sa pratique conventionnelle. La culture visuelle va aujourd'hui bien au delà de la «simple documentation», et ce n'est que le début:

«Le temps viendra bientôt où les photographes feront des images de ce qu'ils savent plutôt que de ce qu'ils voient seulement.»

Le temps viendra bientôt où les photographes feront des images de ce qu'ils savent plutôt que de ce qu'ils voient

Stephen Mayes

Futur à explorer

Selon lui, la photographie n'en est pas encore à son âge adulte car les possibles sont loin d'avoir été explorés. Son futur réside dans l'accessibilité des données, le développement d'applis, de logiciels et de technologies émergentes (réalité virtuelle, intelligence artificielle...) qui rendent l'imagination informatique presque illimitée. Ce ne sont donc ni les photographes, ni les constructeurs d'appareil photo qui sont à l'origine de cette révolution mais les ingénieurs en téléphonie. Il poursuit:

«Bientôt, nos publics exigeront des images plus sophistiquées, dynamiques et réactives au changement, connectées à la réalité plus que par un rectangle statique en deux dimensions de données visuelles brutes isolées dans l'espace et le temps.»

Certains s'inquiétent de cette évolution et dénoncent ses dangers, comme la manipulation et la retouche excessive des images, un débat récurrent dans la presse. Mais cette révolution, qu’elle se fasse avec ou sans les photographes, permettra pourtant d'augmenter les contenus et de développer des narrations plus complexes, qui serviront notamment à construire un meilleur journalisme.

 

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