Monde

Au Pakistan, un homme pourrait être pendu assis dans sa chaise roulante

Temps de lecture : 2 min

En principe, cette exécution n’est pas aux normes puisque le condamné ne peut pas accéder de lui-même à la potence.

Le frère et la soeur de Shafqat Hussain, l'adolescent mis à mort en août 2015. Reuters/ Faisal Mahmood
Le frère et la soeur de Shafqat Hussain, l'adolescent mis à mort en août 2015. Reuters/ Faisal Mahmood

D’ici les prochains jours, Abdul Basit, un Pakistanais de 44 ans tétraplégique, pourrait bien être exécuté par pendaison. Le Washington Post insiste sur le côté à la fois sordide et ironique de cette mise à mort en imaginant la scène. L’homme handicapé va être soulevé de son fauteuil car il ne peut évidemment pas accéder directement à l’échafaud. Et on va lui passer la corde au cou.

L'affaire réveille le débat sur «la cruauté» du système carcéral et judiciaire pakistanais. Depuis l’attaque terroriste d’une école en décembre 2014, plus de 200 personnes ont été exécutées.

Outre de s’inscrire dans cette vague de «cruauté», le cas d’Abdul Basit est encore un peu plus particulier car il frise l’illégalité. Comme le rappelle sa défense, le règlement stipule que «le prisonnier doit marcher jusqu’à la potence et se tenir debout sur l’échafaud».

Le silence du gouvernement américain

Dans le cas d’Abdul Basit, la sentence peut paraître d'autant plus violente qu'il est devenu tétraplégique en prison. Condamné en 2009 pour le meurtre de l'oncle de sa petite-amie de l’époque, il a contracté par la suite une fièvre dans un lieu d'incarcération insalubre qui s'est transformée en méningite tuberculeuse. Jusqu'à le laisser paralysé.

D’autres cas d’exécutions non conformes aux normes ont été repérés cette année. Le 4 août 2015, un adolescent de 14 ans a été exécuté pour le meurtre d’un petit garçon de 7 ans. Sa famille assure qu’il avait avoué sous torture et qu’il était ensuite revenu sur ses déclarations.

Jusqu’à maintenant, bien que l’ONU et les dirigeants européens se soient alarmés de la situation, le gouvernement américain est resté étonnement silencieux.

Peut-être parce que les États-Unis ont leur lot de mises à mort «boderlines», avance le journaliste Tim Craig. Le 19 janvier 1993, Charles Sylvester Stamper, homme handicapé en fauteuil roulant, était tué par chaise électrique en Virginie.

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