Monde

Pourquoi près de la moitié des Japonais supportent mal l'alcool

Temps de lecture : 2 min

Quelques verres et voilà qu'ils se mettent à rougir, on appelle ça l'«asian flush». Décryptage.

Les Japonais sont connus internationalement pour leur saké, cet alcool de riz qui titre généralement entre 14 et 17°C. Et pourtant, génétiquement, la plupart d'entre eux ne supporteraient pas d'en boire plusieurs verres.

Dans une vidéo, Joss Fong, journaliste à Vox, raconte comment boire de l'alcool devient vite pour elle (et de nombreux asiatiques) une situation gênante: elle se met à rougir intensément, une réaction appelée «asian flush» aux États-Unis.

Une enzyme déficiente

Environ 40% des Japonais réagissent de la même manière, comme 30% des Chinois-Taïwanais et 26% des Coréens. Aux États-Unis, ces statistiques augmentent encore: l'asian flush touche 43% des Américains d'origine chinoise et 32% de ceux d'origine coréenne.

Pour comprendre d'où vient ce phènomène, il faut d'abord rappeler comment notre organisme élimine l'éthanol. Quand nous buvons, l'alcool arrive d'abord dans l'estomac, où une petite partie (au maximum 20%) est métabolisée. Le reste passe dans le sang et est transporté vers le foie, le cœur, le cerveau... Enfin, c'est le foie qui se charge en grande partie de s'en débarasser.

L'asian flush est la manifestation extérieure de cette particularité génétique

Là, deux enzymes entrent en jeu. La première, l'ADH (l'alcool-déshydrogénase) le transforme en éthanal. La deuxième, l'ALDH2 (aldéhyde déshydrogénase 2) prend le relai et le change en acide acétique, qui ressemble au vinaigre et est beaucoup plus facile à éliminer pour le corps.

C'est cette seconde enzyme qui ne fonctionne pas chez une partie des Asiatiques, comme le rappelle cette publication de l'Inserm. La faute à une mutation génétique qui l'a rendu inactif.

L'organisme se sent menacé

L'asian flush est simplement la manifestation extérieure de cette particularité: leur organisme se sent menacé et les vaisseaux sanguins se dilatent. Incapable de s'en débarasser, leur corps accumule un niveau d'éthanal jusqu'à six fois la normale.

«Après une bière, mon rythme cardiaque double, mes yeux sont injectés de sang et au bout d'une demi-heure, j'ai mal à la tête», ajoute Joss Fong.

Que ceux qui ne subissent pas ce genre de réactions ne se réjouissent pas trop vite: leur corps ne les alarme pas aussi vite, mais l'ivresse est toujours le signe extérieur d'une intoxication plus ou moins aiguë à l'ingestion d'alcool.

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