Monde / Histoire

Quand cette rebelle d'Elizabeth II jouait les mécanos

Temps de lecture : 2 min

Que se passe-t-il quand la princesse adolescente Elizabeth veut se rebiffer? Elle s’enrôle dans l’armée britannique en pleine Seconde Guerre mondiale.

La princesse Elizabeth (future Elizabeth II) a tenu à contribuer à l’effort de guerre comme officier subalterne dans l’Auxiliary Territorial Service, branche féminine de la British Army | Ministry of Information Second World War Colour Transparency Collection via Wikimedia Commons (domaine public)

Bientôt 90 balais au compteur et pas prête à mordre la poussière: la reine Elizabeth II détiendra, en septembre prochain, le record du plus long règne britannique. Tout au long du mois de juillet, retrouvez vieux dossiers et anecdotes de la monarque dure à cuire. Cette semaine, retour sur une crise d’adolescence princière.

La reine Elizabeth II n’abdiquera jamais. Alors qu’elle n’est qu’une enfant, sa sœur Margaret, âgée de 6 ans, comprend qu’elle est la prochaine à accéder au trône:

«Est-ce que ça veut dire que tu vas être reine? Ma pauvre!»

Mais la petite Elizabeth Windsor se sait à la hauteur. Adolescente, son sens du devoir est déjà palpable.

En 1940, Londres est bombardé par les Allemands. Buckingham Palace est frappé par un avion ennemi. La famille royale, qui refuse de quitter la capitale malgré les recommandations du ministère des Affaires étrangères, est présente à ce moment-là. La reine mère dira alors:

«Je suis contente que nous ayons été bombardés. Maintenant je peux regarder East End [n.d.l.r: un quartier de Londres sévèrement touché] en face».

Elizabeth veut alors s’engager dans l’armée. Son père décide d’en parler avec le ministère du Travail. Après consultations, on interdit à Elizabeth de s’engager dans quoi que ce soit; son devoir envers la Couronne est trop important pour qu’elle ne risque sa vie. La jeune femme n’a pourtant peur que d’une chose: de passer pour une feignasse.

Mains dans le cambouis

Elle insiste auprès de son père, le roi George VI, qui a servi dans la Royal Navy et la Royal Air Force durant la Première Guerre mondiale. Il refuse. Mais Elizabeth n’est pas du genre à lâcher l’affaire. Pendant un an, elle le presse de la laisser participer à l’effort de guerre. Peu avant son dix-neuvième anniversaire, le roi cède.

La jeune femme n’a peur que d’une chose: passer pour une feignasse

Elizabeth rejoint les auxiliaires féminines de l’armée de Terre. Là, elle devient mécano: tous les matins, elle part apprendre les rouages des moteurs et met les mains dans le cambouis. Elle conduit également une ambulance. Et tous les soirs, elle rentre dormir au château. Un numéro de subalterne lui est attribué: 230873.

L’histoire ne s’arrête pas là. L’auteur Irving Wallace raconte que, pour obtenir l’équivalent anglais du baccalauréat, tous les élèves doivent passer un cours de conduite. L’examen consiste à conduire à travers Londres et ses bouchons. Le roi et la reine, en accord avec le ministre de l’Intérieur, décident que la princesse Elizabeth sera exemptée de l’épreuve. Bien trop dangereux. Alors qu’ils retournent au palais, ils tombent sur une Elizabeth tout sourire qui passe les portes à bord de son camion Camo. Pressée de rentrer chez elle pour savoir si elle avait son diplôme, elle venait de traverser, seule, la capitale à l’heure de pointe.

La reine Elizabeth II gardera un amour certain pour les voitures et la conduite effrénée. Jusque dans les années 1980, elle se chargeait encore du contrôle technique de ses propres automobiles. Ou comment une dame d’un âge respectable peut avoir plus de street cred que nous tous réunis.

Elise Costa Chroniqueuse judiciaire

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