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Les derniers suspects d'opérations terroristes en France étaient tous suivis par les Renseignements

À proximité du Thalys Amsterdam-Paris, le 21 août 2015. REUTERS/Pascal Rossignol.

À proximité du Thalys Amsterdam-Paris, le 21 août 2015. REUTERS/Pascal Rossignol.

C'est encore le cas du jeune Marocain de 26 ans placé en garde à vue dans le cadre de l'attaque du Thalys.

Depuis les attentats meurtriers commis en janvier contre le siège du journal satirique Charlie Hebdo, à la porte de Montrouge et contre un Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, qui avaient fait dix-sept morts, la France a connu quatre épisodes majeurs faisant l'objet d'une enquête de la justice antiterroriste, jusqu'à l'attaque commise, vendredi 21 août, à bord d'un Thalys Amsterdam-Paris.

Leurs suspects ont un point commun: tous avaient été surveillés par les services de renseignement, comme c'était déjà le cas pour Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly, deux auteurs des tueries de janvier. Le dernier en date, le jeune Marocain de 26 ans placé en garde à vue dans le cadre de l'attaque du Thalys, était ainsi fiché dans trois pays, selon Le Monde: la Belgique, l'Espagne et la France, où il faisait l'objet d'une fiche «S», pour «sûreté de l'État», après avoir été signalé aux services de renseignement français par leurs homologues espagnols.

Des signes de radicalisation

Moussa Coulibaly, l'homme qui a agressé des militaires à Nice début février, avait été repéré mi-décembre 2014 par les services de police alors qu'il faisait du «prosélytisme agressif» dans une salle de sport des Yvelines, écrivait à l'époque BFM TV. Comme l'avait à l'époque indiqué Manuel Valls, «il avait présenté à la fin 2014 des "signes de radicalisation" portés à la connaissance du renseignement intérieur, ce qui avait entraîné sa surveillance lors de ses déplacements».

Mis en examen pour assassinat et tentative d'assassinat fin avril –il est accusé d'avoir tué une jeune femme et d'avoir planifié un attentat contre une église de Villejuif–, Sid Ahmed Ghlam faisait lui aussi l'objet d'une fiche «S».

Il est à peu près impossible de contrôler, de surveiller en permanence toutes les personnes qui font l'objet d'une fiche S

Claude Moniquet, ex-DGSE

Yassin Salhi, 35 ans, mis en examen pour l'assassinat en relation avec une entreprise terroriste d'un chef d'entreprise, le 26 juin, à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), avait fait l'objet de plusieurs notes de la DST au milieu des années 2000 du fait de ses connexions avec le milieu salafiste. Comme l'expliquait fin juin Libération, il avait ensuite été l'objet, de 2006 à 2008, «d’une fiche "S" pour "radicalisation en lien avec la mouvance salafiste"».

La fiche «S» en débat

Les actes commis vendredi sur la ligne Amsterdam-Paris faisant l'objet d'une enquête conjointe impliquant les autorités belges et parisiennes, rappelons par ailleurs que Mehdi Nemmouche, accusé de l'attentat meurtrier du Musée juif de Bruxelles en mai 2014 et arrêté en France, avait lui aussi fait l'objet d'une fiche «S» des services de renseignement après être parti rejoindre les rangs des combattants de l'Etat islamique au Moyen-Orient.

Les évènements du train Thalys pourraient relancer le débat sur les implications concrètes de ces fiches S. Comme l'expliquait Libération dans les cas de Sid Ahmed Ghlam et Yassin Salhi, celle-ci «est réservée aux individus menaçant potentiellement la sécurité nationale» mais il s'agit d'une «notion juridique relativement floue, permettant aux services de renseignements de ratisser très large». D'après Claude Moniquet, ancien de la DGSE interrogé par France Info, «il est à peu près impossible de contrôler, de surveiller en permanence toutes les personnes qui font l'objet d'une fiche S des renseignements» et «tous les gens qui ont une fiche S sont des suspects, mais tous ne sont pas dangereux».

Divisée en plusieurs échelons de vigilance, la fiche «S» implique normalement de signaler tout passage à la frontière de l’individu ciblé. Selon le quotidien Sud-Ouest, en 2012, 5.000 personnes faisaient l'objet d'une telle fiche.

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