Culture / Monde

Au Pakistan, un terroriste fait censurer un film indien qui nuit à sa réputation

Temps de lecture : 2 min

Hafiz Saeed est soupçonné d'avoir organisé les attentats de Bombay de 2008.

Hafiz Saeed, en janvier 2015 (REUTERS/Akhtar Soomro)
Hafiz Saeed, en janvier 2015 (REUTERS/Akhtar Soomro)

Hafiz Saeed est le deuxième terroriste le plus recherché par les États-Unis, avec une récompense de 10 millions de dollars pour sa capture. Ce leader islamiste qui a fondé Lashkar-e-Taïba, une organisation considérée comme terroriste par les Nations Unies, est accusé d'avoir planifié les attentats de Bombay qui ont fait 166 morts en 2008.

Contrairement à d'autres terroristes recherchés, il n'est pas en fuite et vit tranquillement au Pakistan, où il vient d'obtenir l'interdiction d'un thriller indien qu'il accuse de porter atteinte à sa réputation, rapporte le Guardian.

Esprits empoisonnés

Le film Phantom, qui raconte la traque des auteurs des attentats de Bombay, est accusé par les avocats de Saeed de constituer «une menace pour la vie» de leur plaignant. Dans une des scènes du film, un des personnages dit qu'un certain Harif Saeed, une référence évidente à Hafiz Saeed, doit être assassiné comme Ben Laden.

«Il est évident que les dialogues proférés par les acteurs et actrices indiens empoisonneront les esprits du public pakistanais et présentront Hafiz Saeed comme un terroriste, alors que le JuD n'est pas une organisation interdite», a expliqué l'avocat.

JuD est l'abbréviation de Jamaat-ud-Dawa, l'aile politique et sociale de l'organisation terroriste Lashkar-e-Taïba.

Traitements complaisants

Un juge de Lahore a prononcé une interdiction jusqu'à fin septembre, et le gouvernement pakistanais s'est empressé de rétorquer qu'il n'avait de toute façon aucune intention d'autoriser ce film dans le pays. Le Guardian précise en effet que malgré le succès de Bollywood, les œuvres traitant de sujets sensibles ne sont en général pas disponibles au Pakistan.

En avril, un autre cerveau présumé des attentats de Bombay, Zakiur Rehman Lakhvi, avait été relâché par le gouvernement pakistanais après avoir purgé plusieurs années dans une prison comfortablement aménagée où il pouvait recevoir autant d'invités qu'il voulait, selon la BBC.

Comme Saeed, Lakhvi était membre de Lashkar-e-Taïba, une organisation soupçonnée d'être protégée grâce à ses liens avec les services secrets pakistanais.

Slate.fr

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