Monde

Un survivant d’un bombardement en Syrie fait irruption à sa veillée funèbre

Temps de lecture : 2 min

Pensant qu’il avait péri lors du bombardement du marché de Douma dimanche 16 août, sa famille avait organisé sa veillée mortuaire. Il est sorti des décombres à temps pour y assister.

Capture d'écran du profil Facebook du comité local de coordination de la Ghoutta orientale

Mohammed Rayhan est un miraculé. Il fait partie des très rares personnes qui peuvent se vanter d’avoir assisté à leurs propres funérailles. Après avoir survécu au bombardement du marché de Douma de dimanche 16 août dernier, dans la banlieue de Damas, qui a fait au moins 117 morts et plus de 500 blessés, il est rentré chez lui juste à temps pour assister à ses propres funérailles.

L’histoire a été relayée sur Facebook par le comité local de coordination de la Ghoutta orientale, un groupe d’activistes opposé au régime. Douma est une ville tenue par l’opposition et tristement habituée aux attaques du gouvernement, même si celle-ci fut de loin la plus meurtrière. Lorsqu’ils n’ont pas vu leur fils revenir, les parents de Mohammed ont décidé d’organiser sa veillée funèbre sur le champ.

Dans certaines traditions, cette veillée s’étale sur trois jours. Mardi 18 août, Mohammed Rayhan a repris conscience sous les décombres, et, après s’être extirpé des gravats, il est naturellement rentré chez lui, encore couvert de poussière. Son arrivée a eu lieu alors que s’engageait la troisième et dernière veillée pour honorer sa mémoire.

Pas si rare

Bien que l’histoire paraisse extraordinaire, le directeur de l’observatoire syrien des Droits de l’Homme de Londres a confié à The Independent que ce genre de situation «arrive très souvent en Syrie»:

«Beaucoup de personnes disparaissent, sont perdues dans les décombres, et reparaissent plus tard. […] Cela arrive souvent aux enfants –j’ai entendu qu’une famille avait pleuré la perte de son enfant de 3 ans avant qu’il ne soit retrouvé vivant dans les décombres d’une explosion.»

Quoi qu’il en soit, l’histoire de celui qu’on appelle désormais en Syrie le «martyr vivant» a fait la joie d’au moins une famille dans un pays déchiré par la guerre civile.

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