Partager cet article

«Fessée», «sbires», «truqueurs», «félonie»... Quatre mois de saillies verbales de Jean-Marie Le Pen avant son exclusion du FN

Jean-Marie Le Pen au traditionnel défilé du 1er mai du FN, en mai 2015. REUTERS/Philippe Wojazer.

Jean-Marie Le Pen au traditionnel défilé du 1er mai du FN, en mai 2015. REUTERS/Philippe Wojazer.

Ambiance.

C'est un bal des amabilités sans fin. La liste des noms d'oiseaux et des déclarations salées prononcés par Jean-Marie Le Pen depuis le début du conflit consécutif à son interview dans Rivarol, qui a débouché sur son exclusion du FN, peut difficilement être exhaustive. Petite tentative de compilation.

«Médusé, ébaudi» face aux manigances de sa fille et de Florian Philippot, «la pièce rapportée du FN»

Le 10 avril 2015 sur RTL.

Le bal des amabilités est ouvert. «Je continue à ne pas comprendre cette opération. J'y assiste médusé, ébaudi... Qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qu'elle veut? Qu'est-ce qu'ils veulent? Car il y a derrière sans doute M. Philippot...» Jean-Marie Le Pen prend un ton hébété pour évoquer sa mise en quarantaine et vise particulièrement le vice-président du FN. «Il vient de chez Monsieur Chevènement, d'ailleurs beaucoup de collaborateurs de Marine Le Pen viennent de milieux extérieurs au FN et n'ont pas pour le FN, pour ceux qui l'ont fondés, se sont battus pour lui, la considération élémentaire.»

«Une félonie» d'une Marine Le Pen entourée de «socialo-gaullistes»

Le 5 mai 2015 sur Europe 1

Dans la foulée de sa suspension provisoire du FN, Jean-Marie Le Pen est l'invité de «La question qui fâche» au micro de Thomas Sotto. L'interview comporte des déclarations qui feront date. Le fondateur du parti qualifie de «félonie» sa mise au ban pilotée par Marine Le Pen. Il déclare: «J'ai honte [qu'elle] porte mon nom et je souhaiterais d'ailleurs qu'elle le perde le plus rapidemment possible. Elle peut le faire en se mariant avec son concubin, soit peut-être avec M.Philippot ou avec quelqu'un d'autre.» Il ajoute «Je lui dis: marie-toi, ça me permettra de changer de nom, ça me soulagera la conscience», avant de confirmer qu'il la «répudie». Florian Philippot en prend bien sûr pour son grade à travers la référence aux «socialo-gaullistes» qui entourent la nouvelle garde FN. 

Ce «FN gay hétérophobe qui agit en meute»

Le 14 mai 2015 sur BFMTV.

Face à Ruth Elkrief, Jean-Marie Le Pen assure que «le mouvement est en train de dérailler sous l'influence de Florian Philippot et de ses amis, qui procèdent à la véritable colonisation du mouvement, à l'insu de Marine le Pen, au moins sans qu'elle soit en mesure de s'y opposer.» Il ajoute: «Je ne condamne pas les homosexuels sur le plan individuel mais quand ils chassent en meute, oui, quand ils manœuvrent d'une certaine manière et se conduisent comme des hétérophobes, comme des gens qui détestent ceux qui ne sont pas comme eux.» 

«De la communication avec ma fille, non. Pourquoi, il devait y en avoir?»

Le 21 mai 2015, grand reportage de RFI.

Des «retrouvailles glacées» au Parlement européen, comme l'expliquait Libération. Le patriarche et sa fille n'échangent même pas un regard alors qu'ils sont assis quasiment côte à côte. A la sortie, Jean-Marie Le Pen fait l'autruche face aux journalistes qui le questionnent sur leur distance affichée: «[De la communication] avec ma fille, non. Pourquoi, il devait y en avoir?»

Ce FN devenu «bouclier de la communauté juive»

Le 23 juin, dans une lettre ouverte à ses partisans. 

Alors que Marine Le Pen a appelé à un vote interne au FN sur l'éviction de son père, celui-ci tente de se prémunir du «parricide» dans une lettre ouverte qui le présente en victime. Il appelle à ne pas répondre au «vote piège» et à se méfier du nouveau FN devenu le «bouclier de la communauté juive». Jean-Marie Le Pen fait alors référence aux récentes déclarations de Roger Cukierman, le président du Crif, qui avait qualifié Marine Le Pen «d'irréprochable» sur le plan personnel, la distinguant de l'antisémitisme manifesté par certains cadres du parti. 

«Des truqueurs, des gens malhonnêtes»

Le 30 juillet 2015 dans Le Figaro

Confronté au résultat de la consultation des adhérents du FN, qui indique que 94% d'entre eux souhaitent son départ, Jean-Marie Le Pen évoque l'oeuvre de «truqueurs» et de «gens malhonnêtes», à savoir sa fille, Florian Philippot et ses partisans. Avant d'ajouter que Marine Le Pen se «tire une balle dans la tête»

«C'est comme sous la Terreur! C'est 1793!» 

Le 9 août 2015 dans le JDD

Une interview en forme de feu d'artifice dans laquelle Jean-Marie Le Pen confie que «si Dieu [lui] prête vie, [il] ne votera pas pour sa fille pour les élections présidentielles». Interrogé sur Florian Philippot, il qualifie le vice-président du Front national de «mauvais génie», assurant que sa fille en est «prisonnière». Le meilleur vient dans sa réponse sur sa possible éviction du parti: «Tout indique que je vais être exclu. C'est comme sous la Terreur! C'est 1793!»

«J'ai passé l'âge de me faire donner la fessée par maman»

Le 20 août sur France Info.

Pour la première fois, Jean-Marie Le Pen semble un peu à bout de souffle en déclarant que sa vie politique est «derrière lui». Toutefois, la leçon de bonne conduite qu'on lui fait depuis des mots continue de l'échauffer. Ironisant une nouvelle fois sur la procédure lancée par sa fille, il lance: «J'ai passé l'âge de me faire donner la fessée par maman.»

«Tué par des sbires»

Le 21 août 2015, au micro de RTL.

Jean-Marie Le Pen déclare que sa fille «ne voulait pas faire partie du peloton d'exécution parce que ça fait vilain, sale, de tuer son papa. Elle n'a pas tué papa directement mais elle l'a fait tuer par des sbires».

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte