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Le célèbre final de «Six Feet Under» a 10 ans

Le final de la série «Six Feet Under» | Capture d'écran

Le final de la série «Six Feet Under» | Capture d'écran

Dix ans après ce final dévastateur, le magazine Rolling Stone s'est entretenu avec le créateur de la série et, bien sûr, ceux qui ont incarné, entre 2001 et 2005, la fameuse famille de croque-morts, les Fisher.

Aujourd'hui, voir une série comme Game of Thrones exploser des records d'audience à travers le monde ou une autre comme Breaking Bad décrocher une quarantaine de distinctions ne surprend plus. C'est qu'avant elles des séries comme Six Feet Under (Six pieds sous terre) ont révolutionné le genre et lui ont donné ses lettres de noblesse culturelles.

À l'époque, au début des années 2000, on refermait la page Buffy, Friends, X-Files et Urgences. Le phénomène pop Sex and The City prenait son envol et Les Soprano s'imposait comme référence dans le paysage des séries dramatiques. C'est là qu'est arrivé Alan Ball, avec une idée de scénario toute simple qui deviendra une des plus populaires de HBO: la vie d'une famille à la tête d'une société de pompes funèbres.

La mort y est omniprésente. Le décès qui ouvre la série, celui du père de la famille Fisher, marque les cinq saisons à suivre. Et pourtant, Six Feet Under nous emporte dans une réflexion sur la vie, sur la beauté des moments les plus tragiques, sur les liens qui nous tiennent et parfois nous étranglent dans une famille, douloureusement drôle et dramatiquement touchante.

En 2004, après sept Emmy Awards, trois Golden Globes et environ 6,2 millions de téléspectateurs chaque semaine, Alan Ball décide d'enterrer définitivement sa création: la cinquième saison sera la dernière. L'épisode final, un des plus finement exécutés de l'histoire des séries télé, est un adieu déchirant à la mesure des aventures que le spectateur a vécues avec la famille Fisher (comme pour Toy Story 3 ou le Tombeau des Lucioles, si vous ne versez pas une larme à la fin, c'est que vous êtes un robot).

«Je ne pouvais pas refaire de la sitcom»

Pour fêter cet anniversaire, le magazine Rolling Stone a réuni Alan Ball et les principaux acteurs pour un long entretien (à lire en intégralité ici en anglais). Morceaux choisis.

Je venais de découvrir Les Soprano et je me suis dit: ‘Oh, la télé, ça peut être ça?’

Alan Ball au agazine Rolling Stone

Quand Alan Ball décide de se lancer dans la série, à l'automne 1999, il vient de décrocher un Oscar pour American Beauty et travaille sur une sitcom:

«Je venais de découvrir Les Soprano et je me suis dit: “Oh, la télé, ça peut être ça?” Moi j'avais des gens qui venait me parler de leur super idée de série sur “un type qui se réincarne en chien et se fait adopter par son ex-femme”. J'ai pensé: “Non, je ne peux pas retourner au monde de la sitcom. Ce n'est pas là où je veux être.”»

HBO a «vraiment aimé» son idée de pilote, et il s'est lancé:

«Je ne savais pas où la série allait aller ensuite. Quand j'écris un pilote, j'essaie seulement d'ouvrir le plus de portes possibles. Ensuite je regarde les acteurs dans leur rôle et je travaille avec les autres scénaristes. Certaines personnes pensent que j'ai écrit chaque mot de Six feet Under. Non, j'ai travaillé avec d'autres scénaristes, vraiment doués. [...] Si vous voulez être en charge de tout, écrivez un livre.»

Le casting de la «famille imparfaite»

Il a ensuite fallu faire le casting de la «famille imparfaite». Quand le réalisateur a rencontré Michael C. Hall, il a tout de suite su que «c'était lui», David Fisher. 

«J'ai eu un sens immédiat de comment David était, comment il respirait, comment il se tenait. Il y avait quelque chose sur son refoulement qui me correspondait et que j'étais en mesure d'incarner», raconte Michael C. Hall.

Son frère Nate a été plus difficile à trouver. Ce sera finalement Peter Krause:

«Mon mantra pour jouer Nate était “sois fidèle avec toi-même”, ensuite, advienne que pourra.»

Au début de la série, ajoute Alan Ball, «Nate paraît être la seule personne normale dans une famille étrange. Mais au fur et à mesure que la série avance, on s'aperçoit que ce n'est pas le cas».

Nous l'avons tourné comme un film, nous avions des réalisateurs, et notre créateur avait gagné un Oscar

Freddy Rodríguez au magazine Rolling Stone

Les autres personnages ont suivi: Frances Conroy, dans le rôle de la mère, Ruth («Je voulais une femme attirante sans avoir besoin de chirurgie esthétique ou de lui faire porter ces stupides fringues»), Lauren Ambrose, dans le rôle de la sœur Claire («Pendant que l'on tournait une des premières scènes, je me suis dit: “Cette fille est une star, je ne peux pas la lâcher des yeux, alors que, tout ce qu'elle fait, c'est traverser un parking.”»). Et Richard Jenkins dans le rôle du père décédé, qui ne pensait pas rester au-delà du premier épisode mais finit par «hanter» la mémoire de la famille:

«Je ne savais pas vraiment qui était Nathaniel, confie Richard Jenkins. Je me suis débattu avec cette idée au début puis c'est venu naturellement: j'étais l'image qu'ils avaient de moi... Que ce soit David ou Nate ou Claire, j'étais différent dans les yeux de chacun. Et j'incarnais toutes ces impressions différentes.»

Les acteurs ont tous eu la sensation de tourner «quelque chose d'unique», se souvient Freddy Rodríguez, l'interprète de Federico «Rico» Diaz:

«Nous l'avons tourné comme un film, nous avions des réalisateurs, et notre créateur avait gagné un Oscar. Ça n'avait rien à voir avec ce qui se faisait pour la télévision, hormis le fait que nous tournions toutes les semaines. Il y avait l'excitation de découvrir ce nouveau territoire. Nous étions les pionniers de tout ce que vous voyez sur le câble aujourd'hui.»

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