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Les Grecs vont élire leurs députés pour la septième fois en onze ans

Lors des élections du 25 janvier 2015 | REUTERS/Yannis Behrakis.

Lors des élections du 25 janvier 2015 | REUTERS/Yannis Behrakis.

Depuis 2004, les élections législatives ne se sont jamais tenues à échéance normale.

C'est sans doute l'un des meilleurs symboles de la crise politique qui frappe la Grèce ces dernières années, répliquant la crise économique qui touche le pays: les Grecs retourneront prochainement aux urnes pour la septième fois en onze ans élire leurs députés, après l'annonce, jeudi 20 août, d'élections anticipées par le Premier ministre Alexis Tsipras, confronté à une fronde au sein de sa majorité.

En Grèce, les députés sont normalement élus pour quatre ans. En 2004, la Nouvelle Démocratie (droite) remporte les élections législatives, chassant du pouvoir le Pasok (socialistes), au pouvoir depuis onze ans. C'est la dernière fois que les élections législatives se sont tenues à échéance normale dans le pays.

Dissolution, démission, coalition...

En 2007, le Premier ministre Kostas Karamanlis convoque des élections anticipées, officiellement pour «poursuivre les changements et les réformes pour un État plus efficace, une économie plus forte et plus de cohésion sociale». Il est reconduit au pouvoir malgré un score en baisse.

Mais cette nouvelle mandature ne va durer que deux ans. En septembre 2009, Karamanlis, confronté à une forte contestation sociale et de nombreux scandales, tente un coup de poker en provoquant une nouvelle dissolution. Perdu: le Pasok, emmené par Georges Papandréou, sort largement vainqueur. À son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement révèle l'ampleur du maquillage des statistiques publiques de la Grèce (un déficit budgétaire deux fois plus grand qu'annoncé, autour de 13% du PIB), marquant la plongée du pays dans la crise financière et son passage sous la tutelle de la Troïka.

En novembre 2011, Papandréou est forcé de démissionner après avoir gagné de justesse un vote de confiance, provoquant la formation d'un gouvernement d'union nationale sous la direction de Lucas Papademos, qui s'engage à convoquer de nouvelles élections. Celles-ci ont lieu en mai 2012 et révèlent un paysage politique grec dévasté: le Pasok et Nouvelle Démocratie, habitués à remporter à eux deux 80% des suffrages, descendent à respectivement 13% et 19% des voix, tandis qu'un nouveau parti, Syriza, devient le deuxième du pays avec 17%. Aucune coalition gouvernementale n'étant possible, de nouvelles élections sont convoquées... le mois suivant, avec Nouvelle Démocratie et Syriza encore au coude-à-coude, cette fois-ci autour de 30%, et le Pasok encore en baisse, à 12%.

Nouvelle Démocratie et le Pasok forment alors un gouvernement d'union nationale, avec théoriquement quatre ans devant eux jusqu'en juin 2016. Théoriquement car, en décembre 2014, le candidat de la coalition à la présidence de la République échoue à être élu, provoquant une nouvelle fois des élections anticipées en janvier 2015, cette fois-ci remportées par Syriza, avec plus de 36% des voix. Théoriquement installé au pouvoir jusqu'à début 2019, Alexis Tsipras n'aura donc pas attendu huit mois pour remettre son mandat en jeu.

Consolation pour les Grecs qui ne s'intéressent pas à la politique: si le vote est théoriquement obligatoire dans le pays, la loi l'imposant n'est pas appliquée. Entre 2004 et 2015, le taux de participation est d'ailleurs descendu de 77% à 64%, passant encore sous les 63% en juin lors du référendum sur le projet d'accord avec les créanciers.

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