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Les plantes exotiques envahissent le monde et font des ravages (qui coûtent des millions)

La Pueraria montana, plus communément appelée Kudzu, est une espèce de plante d'Extrême Orient. Introduite aux États-Unis, elle se développe très rapidement et envahit des zones entières  | Katie Ashdown via Flickr CC License by

La Pueraria montana, plus communément appelée Kudzu, est une espèce de plante d'Extrême Orient. Introduite aux États-Unis, elle se développe très rapidement et envahit des zones entières | Katie Ashdown via Flickr CC License by

Inoffensives dans leur région d'origine, ces plantes bouleversent les écosystèmes dans lesquels les hommes les introduisent.

Les plantes envahisseuses sont là. Dans nos jardins, nos forêts, nos champs, de nombreuses plantes sont exotiques. Inoffensives dans leur région d'origine, elles font des ravages lorsqu'elles sont introduites par l'homme dans d'autres milieux, où elles perturbent l'écosystème végétal naturel.

En se basant sur une liste des espèces végétales exotiques naturalisées dans 481 territoires et 362 régions insulaires, une équipe internationale de scientifiques a évalué qu'il en existait 13.168 espèces, ce qui représente 3,9% de la flore vasculaire mondiale. Et c'est beaucoup: cela correspond à la taille de l'ensemble de la flore d'Europe.

C'est dans l'hémisphère nord que l'on trouve le plus d'espèces exotiques. L'Amérique du Nord arrive en tête, avec 6.000 espèces introduites. «La plupart viennent d'Europe. Quand les colons ont découvert le Nouveau Monde, ils ont amené beaucoup de plantes avec eux», justifie Mark van Kleunen, un des auteurs de l'étude, interviewé par Reuters. L'Amérique est suivie de près par l'Europe, avec plus de 4.000 espèces de plantes exotiques. L'envahissement risque de ne pas s'arrêter là:

«Avec la mondialisation et l'augmentation continue du trafic et du commerce international, il est très probable que d'autres espèces soient introduites.»

Éviction des plantes locales

Qui sont les envahisseurs? Petite revue des plantes les plus hors de contrôle.

Une des plantes naturalisées les plus communes, nous dit The Independent, est la Sonchus oleraceus. Cette sorte de petit pissenlit jaune vous dit sûrement quelque chose. Originaire d'Europe et d'Afrique du Nord, il s'est largement répandu en Amérique du Nord et en Asie.

Sonchus oleraceus | Alvesgaspar via Wikimedia Commons License by

La seconde espèce la plus répandue est le ricin commun. Cet arbrisseau d'origine africaine s'est très bien acclimaté à la région méditerranéenne et à presque toutes les régions tropicales et subtropicales du monde.

Ricin commun | Tubifex via Wikimedia Commons License by

Ne vous fiez pas à la beauté de la jacinthe d'eau

Ne vous fiez pas à la beauté de la jacinthe d'eau: elle est responsable de nombreux problèmes environnementaux. Originaire d'Amazonie, elle s'est implantée dans près de cinquante pays, où elle évince les plantes locales, nous dit le Guardian. Elle peut pousser de deux à cinq mètres par jour et tapisse ainsi des cours d'eau entier, ce qui bloque la circulation de l'eau, provoque des inondations, entrave la navigation, obstrue les pompes...

Jacinthe d'eau | Bamyers99 via Wikimedia Commons (domaine public)

Cultivée en Asie pour ses propriétés médicinales, la renouée du Japon est elle aussi très vigoureuse. Avec ses racines qui grandissent très vite, elle a ébranlé des buildings en Amérique du Nord et en Europe.

Renouée du Japon | MdE (de) via Wikimedia Commons License by

La jussie à grandes fleurs a été introduite comme une plante d’ornement

Plante aquatique, la jussie à grandes fleurs a été introduite comme une plante d’ornement. Elle est aujourd’hui considérée comme invasive en France, en Espagne, en Italie, en Belgique et aux Pays-Bas.

Jussie à grandes fleurs | Bouba via Wikimedia Commons License by

L'ambroisie, nectar des dieux de l'Olympe... est une calamité en Europe. Comme le décrit Arte dans un documentaire sur le sujet, son pollen déclenche des allergies extrêmement handicapantes et elle représente potentiellement des dépenses de santé de plusieurs millions d’euros.

Ambroisie | Père Igor via Wikimedia Commons License by

Le Séneçon du Cap a réussi à arriver en France en s'accrochant à la laine de moutons importés

Introduite comme plante ornementale dans les jardins britanniques, la berce du Caucase s'est répandue à l'état sauvage dans une grande partie de l'Europe. Elle peut atteindre cinq mètres de hauteur et produit une toxine qui provoque des inflammations et des brûlures de la peau.

Berce du Caucase | Jean-Pol GRANDMONT via Wikimedia Commons License by

Le Séneçon du Cap vient d'Afrique du Sud. Mais grâce à sa capacité de dissémination exceptionnelle (il est doté de milliers de petites graines légères qui peuvent voler au vent ou flotter sur l'eau), il a réussi à arriver en France en s'accrochant à la laine de moutons importés. Il produit une substance toxique pour ses voisines végétales ainsi que pour les herbivores.

Séneçon du Cap | Pieter Pelser via Wikimedia Commons License by

1,4 billion de dollars de dégâts

Les espèces invasives, plantes, microbes et animaux compris, sont une menace pour les espèces locales, mais peuvent aussi causer d'énormes dégâts. Chaque année, les scientifiques estiment qu'elles causent plus de 1,4 billion de dollars de dégâts (un billion = un million de millions).  À elle seule, la jacinthe d'eau a coûté à la Chine environ 1,1 milliard de dollars en 2012, d'après un rapport cité par le Guardian.

En Europe, le préjudice est estimé à douze milliards d'euros selon la Commission européenne. Pour lutter contre ce phénomène, elle compte se doter d’ici à 2016 d’un cadre juridique et d'une «liste noire» des espèces exotiques invasives.

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