L'histoire du Grand livre rouge caché en Suisse

Slate.fr, mis à jour le 20.09.2009 à 10 h 34

C'est la merveilleuse histoire d'un livre en cuire rouge qui a près de cent ans, et qui a passé le dernier quart de siècle caché sous la voûte d'une banque, en Suisse, raconte le New York TimesLiber Novus, Nouveau Livre en latin, du psychiatre suisse Carl Jung, raconte l'histoire d'un homme qui a perdu son âme et part à sa recherche. Il la retrouve après de nombreuses aventures qui ne se passent que dans sa tête.

Carl Jung est le fondateur, avec Freud, de la psychologie analytique; et c'est lui qui imposa l'idée selon laquelle la vie intérieure d'une personne devait être explorée en profondeur— une idée qui a depuis jeté des millions de gens sur des divans.

Son rapport à l'intériorité prêta beaucoup à penser, mais aussi beaucoup à rire. S'il fut d'abord l'élève de Freud, Jung devint bientôt son rival. Il était donc en opposition avec son maître, mais aussi avec la plupart des penseurs de son domaine, alors essentiellement constitué des psychiatres. D'homme en pleine réussite, il sombra dans une crise qui transforma sa vie.

Cette crise a plusieurs interprétations: certains la perçurent comme une folie créative; d'autres comme une descente aux enfers, une transcendance, une dépression... Quoi qu'il en soit, Jung se perdit dans son monde intérieur, inquiet d'être atteint de psychose et de schizophrénie. Il eut plus tard le sentiment d'avoir été confronté à son inconscient, et plutôt que de se guérir, il voulut déchiffrer analyser sa propre situation, être à la fois analyste et patient.

Pendant environ 6 ans, il efforça son esprit de ne pas se fermer à son inconscient, pour pouvoir l'analyser. Dès qu'il avait un moment, entre ses consultations, le soir, n'importe quand, il provoquait ses propres hallucinations, prenait des notes, consignait tout. Ces notes se rassemblèrent dans le livre de cuivre rouge, épopée à l'intérieur de lui-même.

Depuis 1914, date du début de l'écriture de ce livre, seulement une vingtaine de personnes ont pu le lire. Il a beau être possiblement l'oeuvre pivot de l'un des plus grands penseurs de l'époque, il n'est pas beaucoup plus qu'une rumeur. Jung avait hésité à le faire publier; il l'avait gardé précieusement, et à sa mort sa famille l'avait enfermé à la banque, sans jamais, sous aucun prétexte, permettre à quiconque de le voir. Mais un analyste jungien, Stephen Martin, a pourtant réussi à ce qu'il soit publié le mois prochain, au termes d'années de travail de traduction et de prises de notes.

[Lire cet article passionnant sur le New York Times]

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Image de Une: wikimédia, Jung jeune psychiatre
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