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Marseille doit améliorer son image pour aider l'OM

Le Marseillais Michy Batshuayi lors du match contre Caen, le 8 août 2015. REUTERS/

Le Marseillais Michy Batshuayi lors du match contre Caen, le 8 août 2015. REUTERS/

La ville, qui tente de redorer son blason, doit rayonner davantage pour que des investisseurs puissent s'intéresser au club.

Quand un homme politique marseillais se fend d'un tweet ravageur, c'est souvent pour évoquer l'OM, sujet favori des édiles de la ville. Dimanche 16 août, Patrick Mennucci, candidat malheureux aux dernières élections municipales, a envoyé sa missive de 140 caractères à l'issue de la deuxième défaite d'affilée du club en championnat, à Reims (0-1). L'occasion était trop belle pour tirer sur l'ambulance olympienne. «Le problème, ce n'est pas l'entraîneur, la question, c'est pourquoi MLD et Labrune font ça de notre club?», a écrit ce proche de François Hollande. Dans son viseur ne figure pas Franck Passi, qui a assuré l'intérim entre le départ de Marcelo Bielsa et l'arrivée, annoncée mercredi 19 août, de l'Espagnol Michel, mais bien le management global de l'actuelle actionnaire du club olympien, Margarita Louis-Dreyfus.

Durant la dernière campagne municipale, le PS marseillais militait pour l'arrivée d'un nouvel investisseur à l'OM. Patrick Mennucci expliquait qu'il disposait d'une offre d'un prince saoudien capable de redonner ses lettres de noblesse au club olympien, quatrième du dernier championnat et non qualifié pour la Ligue des champions, compétition essentielle à disputer pour tout club ambitieux. Finalement, Jean-Claude Gaudin a été réélu pour la quatrième fois à la mairie de Marseille. Et le serpent de mer d'un rachat par un riche propriétaire du Moyen-Orient a replongé au fond du Vieux-Port, en même temps que les ambitions politiques des socialistes marseillais.

Les élus jouent avec les nerfs des supporters

Depuis longtemps, les élus de la cité phocéenne jouent avec les nerfs des supporters de l'OM

Depuis longtemps, les élus de la cité phocéenne jouent avec les nerfs des supporters de l'OM. Leur promettre monts et merveilles fait presque office de sport régional, relation ambiguë entre politique et sportif qui ne sert pas les desseins du club olympien. Car MLD cherche véritablement un partenaire solide pour lui confier le bébé, hérité de son mari, Robert, décédé en 2009. «Si un jour je devais m'effacer et si des offres sérieuses me parvenaient, je choisirais seule le meilleur acheteur possible afin que l'Olympique de Marseille puisse conserver toutes ses ambitions», expliquait la patronne de l'OM l'été dernier. Ce jour n'est pas encore arrivé. Et, au sein du club marseillais, on confie bien volontiers que la municipalité constitue plus souvent un frein qu'un accélérateur à une éventuelle vente.

Si l'opposition socialiste a souhaité tirer profit de ses annonces sur la vente de l'OM, la mairie UMP a aussi montré qu'elle pouvait entretenir des relations parfois compliquées avec le club. L'épisode (rocambolesque) de la signature de l'accord entre les deux parties à propos du loyer du nouveau stade Vélodrome, propriété de la ville, en est le meilleur exemple. A l'issue d'un intense bras de fer, le club s'est engagé le 1er août 2014 à verser un montant fixe de 3 millions d'euros cette année plus une part variable indexée sur les recettes générées par la billetterie. En 2016 et 2017, le loyer sera porté à 4 millions d'euros pour la partie fixe. Des chiffres très éloignés des 8 millions d'euros demandés au début des négociations par la ville sur les conseils de la Cour des Comptes.

Tourner la page du Marseille bashing

Pour arriver à ses fins sur le dossier du loyer du stade, l'OM a menacé de délocaliser ses rencontres... à Montpellier. Finalement, «la raison l'a emporté», glissait à l'époque un responsable du club. La direction olympienne, pourtant plus proche de Gaudin que de ses opposants politiques, souhaiterait que les échanges avec la mairie se fassent avec plus de «fluidité». Ce serait l'intérêt de chacun des deux camps de travailler en bonne intelligence. Car l'image de l'OM rejaillit sur Marseille. Et inversement. Les deux entités semblent étroitement liées pour évoluer vers un destin commun.

A l'époque, pas si lointaine, du «Marseille bashing», le club pâtissait aussi de ces attaques souvent venues de la capitale. Etaient montrés du doigt les trop nombreux actes de violences perpétrés dans la cité phocéenne et un certain clientélisme politique. Si la délinquance a chuté en moyenne de 20% à Marseille ces six derniers mois, les règlements de compte sanglants garnissent encore trop souvent la rubrique des faits divers. Devant ces phénomènes dégradants, la ville s'est engagée sur plusieurs voies pour redorer son blason.

Capitale européenne du sport en 2017

L'ouverture naturelle de Marseille

sur la Méditerranée devrait davantage être mise en valeur

Capitale européenne de la culture en 2013, Marseille a trouvé un nouveau moyen de faire parler d'elle. La municipalité a été élue capitale européenne... du sport pour 2017. Dans ce cadre, les conseillers de Gaudin ont mené l'année dernière une réflexion portant sur l'importance du sport dans leur ville. Ils se sont associés au... Qatar pour participer à la création d'un baromètre auquel se sont jointes également des villes comme Manchester, Munich ou Valence. Basé à Doha, le Centre international de sécurité sportive a collecté une myriade de données pour créer le premier «index du sport» recensant les statistiques liées à ce secteur économique.

Voir Marseille se rapprocher du Qatar ne manque pas sel. Car depuis quatre ans, Qatar Sports Investments a pris sous son aile le Paris Saint-Germain, ennemi intime du club olympien sur la scène du football hexagonal. A Paris, QSI participe à la stratégie de soft-power développée à travers le monde par l'émirat via son fonds d'investissement souverain. Les relations nouées entre le PSG et les élus parisiens profitent à toute la sphère de développement des Qataris. Cette proximité avec des acteurs politiques puissants, aussi bien régionaux que nationaux à l'image de l'ancien président Sarkozy, fut aussi l'un des déclencheurs du rachat du club parisien par l'émir Tamim bin Hamad al-Thani.

Imiter Monaco et... Paris

A Monaco, une stratégie similaire a conduit le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev à racheter le club. L'homme d'affaires souhaitait se rapprocher du Prince Albert II, premier homme politique de la Principauté. On le soupçonne d'avoir voulu investir au sein du club pour devenir citoyen monégasque. A l'heure actuelle, le président de l'ASM n'a toujours pas obtenu le précieux sésame... Mais il possède maintenant une véritable exposition sur le plan européen grâce à son nouveau poste. Et il s'est offert également des appuis qui comptent sur la scène politique internationale.

Dans un monde où football et politique sont étroitement liés, l'OM ne profite pas de l'influence que pourrait avoir Marseille au niveau national et international. Son ouverture naturelle sur la Méditerranée, mais aussi vers des horizons plus lointains, devrait être davantage mise en valeur pour permettre au club olympien de devenir plus attractif. Ce serait l'une des conditions qui pourraient inciter des investisseurs à venir s'intéresser à l'OM. Ensuite, il sera temps de s'occuper de la gouvernance du club. Et de critiquer ses résultats...

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