Partager cet article

Vingt ans après, vous ne savez pas tout sur «Usual suspects»

Le film culte est sorti il y a tout juste vingt ans, le 16 août 1995.

Attention, spoiler. Si vous n'avez jamais vu Usual Suspects, arrêtez de lire tout de suite. Et allez voir le film.

Qui est Keyser Söze? Vingt ans déjà que les premiers spectateurs l'ont découvert ou plutôt se sont pris en pleine face le magistral twist final de Usual Suspects. Le polar machiavélique, sorti en salle le 16 août 1995, fête cette semaine son vingtième anniversaire. Et pourtant vous ne savez pas encore tout.

Le titre du film est une citation du film «Casablanca»

Si Usual Suspects est tortueux et rend n'importe quel spectateur paranoïaque, la façon dont il a été écrit a presque coulé de source. À l’époque, Christopher McQuarrie, le scénariste, interviewé par le magazine Scenario (interview reprise dans son intégralité sur le site Cinetropolis), est employé dans un cabinet d'avocat. Le film Ennemi public, sur lequel il a travaillé avec Bryan Singer (le réalisateur de Usual Suspects), vient de sortir en salles et il est dans la file pour aller le voir quand un de ses amis l'interroge sur ses futurs projets:

«Je lui ai dit que j'avais récemment lu un article dans Spy Magazine titré «The Usual Suspects», et j'ai pensé que ça ferait un bon titre. Il a ensuite voulu savoir de quoi ça parlerait:

“Eh bien ça s'appelle Usual Suspects donc j'imagine que ça parlera de criminels qui se rencontrent lors d'un interrogatoire de police.”

Dans la foulée, nous avons dessiné le poster, avec les cinq types debout en ligne.»

J'avais lu un article dans Spy Magazine titré ‘The Usual Suspects’, et j'ai pensé que ça ferait un bon titre

Christopher McQuarrie, dans une interview de 1995 au magazine Scenario

L'article du Spy Magazine faisait lui-même référence à une célèbre réplique du film Casablanca, où Claude Rains déclare «Round Up The Usual Suspects» («Rassemblez les suspects habituels»).

 

Keyser Söze vient du nom du patron du scénariste

Quand Bryan Singer demande à McQuarrie s'il peut écrire un film à partir de cette idée de titre «Usual Suspects», le scénariste n'a aucune idée de ce qu'il va raconter. Il s'isole dans une petite pièce de l'immeuble où il travaille et se rend compte qu'elle ressemble à une salle d'interrogatoire. De là découle tout son scénario: Dave Kujan (l'agent spécial qui interroge Roger «Verbal» Kint) vient du nom du manager de son bureau, le panneau d'affichage où «Verbal» pioche les idées de son récit fictif était présent dans la pièce et même le nom de Keyser Söze a été «emprunté» à son patron, Keyser Sume. Un nom que McQuarrie trouvait «vraiment cool» mais qu'il a adapté pour ne pas lui faire du tort: 

L’atmosphère inquiétante du polar n’a pas déteint sur l'ambiance du tournage

«Mon colocataire avait un dictionnaire anglais-turc. Nous lui avons demandé comment se disait “diable” ou “feu”, et finalement verbal. Et c'était Söze.»

La personnalité du personnage principal, elle, est inspirée de John List, un vendeur en assurance du New Jersey. À la fin des années 1950, il a soudainement et froidement tué ses trois enfants, sa femme et sa belle-mère, avant de disparaître pendant dix-huit ans.

Tous les acteurs pensaient qu'ils étaient Keyser Söze

Le scénario était si alambiqué que, pendant le tournage, même les acteurs s'y perdaient, révèle en 2013 Kevin Spacey (qui joue le rôle de «Verbal»):

«C'était un film incroyablement complexe et Bryan Singer a assez bien réussi à convaincre la plupart des acteurs qu'ils étaient Kerser Söze. Je me souviens que Gabriel Byrne s'est disputé avec lui sur le parking parce qu'il en était absolument convaincu.»

Mais l'atmosphère inquiétante du polar n'a pas déteint sur l'ambiance du tournage. La fameuse scène où les cinq suspects sont alignés devait être «sérieuse». Mais les acteurs ont un fou rire et ne parviennent pas à se calmer, et il a fallu s'adapter. La rumeur dit que c'était à cause de Benicio del Toro, qui avait des gaz. Mais son personnage n'avait pas besoin de ça pour déstabiliser les autres acteurs: personne, à part le réalisateur, n'était prévenu qu'il parlerait dans un spanglish presque inintelligible.

Keyser Söze est entré dans le langage courant

«KaÏzeur SOzé». Le nom du personnage principal n'est pas des plus communs. Cela a d'ailleurs fait peur aux dirigeants de la société de distribution du film, la Gramercy Pictures, qui craignaient que le public ne parvienne pas à le prononcer, comme le rappelle CNN. Ils décident de lancer une vaste campagne de promotion, avec des affiches «Qui est Keyser Söze?» et un spot TV, pour être certain que chacun se l'approprie.

Keyser Söze est entré dans la pop culture et est dépassé par son mythe

Aujourd'hui, Keyser Söze est devenu un nom courant pour désigner une personne dont tout le monde a entendu parler mais que personne n'a vu. En 2001, le Time a même parlé de Ben Laden comme un «Keyser Söze géopolitique, une menace omniprésente dont le nom évoque des dangers bien au-delà de sa capacité».

Il est aussi entré dans la pop culture. En 2003, l'American Film Institute l'a placé au 48e rang des plus grands héros et méchants de films et, en 2010, Entertainment Weekly au 37e rang dans la liste des plus grands personnages de la pop culture. Les clins d'œil se multiplient dans les séries télé, comme Dr House, Buffy, NCIS, Six Feet Under, ou My American Dad Family.

Comme le personnage du film, il est aujourd'hui dépassé par son mythe. Qui est réellement devenu Keyser Söze?

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte