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Ressentir des émotions ambivalentes booste la créativité

Le cri, de l'artiste norvégien Edvard Munch, a été "peinture la plus créative de l'histoire" par deux intelligences artificielles. / Photo Wikipédia

Le cri, de l'artiste norvégien Edvard Munch, a été "peinture la plus créative de l'histoire" par deux intelligences artificielles. / Photo Wikipédia

Le mythe de l'artiste maudit ne tient pas la route: les émotions positives peuvent autant stimuler que les émotions négatives.

«Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé que pour sortir en fait de l’enfer.»

Cette citation du poète Antonin Artaud colle à la peau des professions créatives. Il faut souffrir pour créer, il faut être torturé par de sombres pensées pour en faire jaillir les plus belles créations. Ce n'est pas le destin d'un Leonard Cohen (dépressif) ou d'un Hemingway (bipolaire et suicidé) qui viendra le contredire.

Une étude, résumée dans la Harvard Business Review, vient pourtant nuancer ce stéréotype. L'important, en premier lieu, ce n'est pas la valeur émotionnelle ressentie (positive ou négative), mais l'intensité de la motivation qui y est associée. Plus elle est forte, moins la créativité sera stimulée.

Prenons un exemple: la gaieté est une émotion agréable, mais avec peu d'intensité. Le désir est également une émotion positive, sauf qu'il implique une motivation beaucoup plus forte. Ce qui est –paradoxalement– moins favorable à la créativité. Un niveau de motivation plus faible, qui ne se focalise pas un objectif précis, aide à garder un esprit ouvert. On peut vagabonder et associer des idées.

Favoriser les idées innovantes

Sauf que la passion n'est pas un critère à négliger pour autant. D'autres recherches ont trouvé que les personnes qui ressentent régulièrement des émotions intenses ont souvent plus de capacités créatives. Sur une échelle de temps plus large, vivre sa vie avec intensité se trouve quand même être un moteur créatif sans pareil, peu importe qu'il s'agisse d'une émotion positive ou négative.

Cet état de joie-tristesse, de nervosité-excitation, qui accompagne les grands changements de vie, nous pousse à former des connexions inhabituelles

Mais nous ressentons rarement des émotions purement positives ou négatives. Et c'est tant mieux pour notre créativité. La chercheuse Christina Fong a montré qu'éprouver des émotions ambivalentes (positives et négatives) stimulait l'imagination. Cet état de joie-tristesse, de nervosité-excitation, qui accompagne les grands changements de vie, comme le commencement d'un nouveau travail, nous fait expérimenter un état inhabituel, qui nous pousse à former lui aussi des connexions inhabituelles. 

Additionner les facteurs

Notre esprit peut appréhender les choses à partir d'une perspective différente, et innovante. En général, les personnes les plus créatives sont celles qui gèrent le plus facilement deux états contradictoires. Dont le cerveau est le plus désordonné, connectant des choses que les autres n'associent pas.

Pour éviter l'angoisse de la page blanche, il ne vous reste donc qu'à additionner ces facteurs: vous laisser porter par la passion, savoir extraire votre esprit de l'objectif visé («Think out of the box») et provoquer des associations innovantes par des émotions ou un environnement inhabituels. Et si vous bloquez, allez prendre une douche, c'est souvent salutaire.

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