Culture

Des mots inspirés de l’Hébreu étaient cachés dans «Les Voyages de Gulliver»

Temps de lecture : 2 min

Des experts de l’université de Houston ont découvert que bon nombre des mots inventés par Jonathan Swift sont en réalité des variations de l’Hébreu. Une clé qui aide à mieux comprendre le chef-d'œuvre de 1726.

Affiche du film des frères Fleischer "Gulliver's travels" en 1936. | Breve Storia del Cinema via Flickr CC License by

Dans Les Voyages de Gulliver, publié en 1726, Jonathan Swift nous emmène au bout d’un monde imaginaire où le personnage de Gulliver découvre d’autres formes de vies, et forcément aussi d’autres formes de langages. La plupart des écrivains inventent des mots pour illustrer des langages exotiques, voire même inventent une langue si l’on pense à Tolkien. Jonathan Swift a lui décidé d’en détourner une: et ça change tout.

C’est la grande découverte présentée par le professeur Irving Rothman de l’université de Houston dans un article du journal Swift Studies. À chaque fois que Gulliver arrive dans un nouveau lieu, la langue des autochtones renvoie à l’Hébreu d’une manière ou d’une autre. Que ce soit les 22 lettres de l’alphabet des Brobdingnags –les géants dans le livre– qui renvoie aux 22 lettres de l’alphabet Hébreu, ou les nombreuses phrases des Lilliputiens, l’ensemble de l’œuvre prend une dimension nouvelle grâce à l’analyse de la signification hébraïque de ces passages.

Une nouvelle interprétation

Selon Rothman, c’est tout à fait marquant lorsqu’on analyse le mot Yahoo, nom d’une espèce rencontrée par Gulliver dans le Livre IV:

«Beaucoup d’universitaires dans la théorie critique des Voyages s’accordent pour dire que le plus grand symbole de l’œuvre de Swift sont les Yahoos. Ils représentent… la bestialité chez l’homme –cet élément rétrograde, irrécupérable et irrationnel de la nature humaine.»

Les premières interprétations pensaient que le mot renvoyait au mot sacré de quatre lettres désignant Dieu en hébreu, YHWH, qui se prononçait Yahweh. Sauf que le mot Yahoo est toujours précédé du mot Hnea dans le l’œuvre de Swift, ce qui, pour Rothman, permet de mieux comprendre le symbole auquel renvoient ces êtres repoussants:

«Le mot Hnea, s'il est lu de droite à gauche comme on lit l’Hébreu, est le mot ayn, “ou pas”. Ces bêtes sont l’inverse de Dieu et son antithèse.»

Une antithèse que Gulliver doit fuir dans sa recherche de vertu s'il veut toucher la grâce divine. Voilà qui offre une interprétation plus claire de la fin du roman, et il nous aura fallu trois cent ans pour y arriver. Sacré Swift…

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