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Appels au boycott après les révélations sur les conditions de travail des cadres chez Amazon

Jeff Bezos en Inde, en septembre 2014 | REUTERS/Abhishek N. Chinnappa.

Jeff Bezos en Inde, en septembre 2014 | REUTERS/Abhishek N. Chinnappa.

De nombreux internautes se demandent s’ils peuvent continuer de soutenir Amazon en achetant des produits sur le site de vente de en ligne.

L’article du New York Times sur les terribles conditions de travail des cadres d'Amazon (publié le 15 août) a beaucoup fait réagir ces dernières heures. Lundi 17 août, un ancien employé a par exemple raconté sur Motherboard comment, dans les locaux de l'entreprise américaine, les toilettes étaient également une extension du bureau, une salle de réunion avec pour seule spécificité d’y faire ses besoins... tout en répondant aux e-mails pressants.

En interne, Jeff Bezos, le patron de l'entreprise, a envoyé un mémo à ses employés pour expliquer qu'il ne reconnaissait pas son entreprise à la lecture de l'enquête des deux journalistes américains. D'autres employés sur Twitter ont tenu à dire qu'ils n'avaient jamais eu connaissance de tels problèmes, tandis que, sur LinkedIn, Nick Ciubotariu, responsable du développement de l'infrastructure, a publié une longue tribune dans laquelle il réfute les points avancés par le quotidien new-yorkais.

Mais pas sûr que cela suffise à convaincre les nombreux consommateurs d'Amazon pour qui ces nouvelles révélations semblent être la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

«Climat de peur»

Dans le Guardian, Stuart Heritage annonce qu'il a décidé de boycotter l'entreprise américaine:

«Pour moi, c'est la fin. Une entreprise qui ne respecte pas ses propres employés ne mérite pas mon argent. Et je suis persuadé que je ne suis pas le seul dans ce cas, étant donné la vitesse inhabituelle avec laquelle Jeff Bezos a réagi à l'article. [...] Bien sûr, je suis sûr que je vais replonger de temps en temps –parce que j'adore les paquets– mais j'ai le sentiment de tirer un trait sur tout ça. Je dois réfléchir un long moment avant de racheter quelque chose sur Amazon.»

Une entreprise qui ne respecte pas ses propres employés ne mérite pas mon argent

Stuart Heritage, dans le Guardian

Sur le site de USA Today, Jefferson Graham se pose la même question:

«Puis-je encore soutenir Amazon?»

 

«Vous savez quoi? Après la lecture de cet article, je peux attendre. Peu importe si la nouvelle lentille pour mon appareil photo met deux ou trois jours, voire une semaine à arriver. Je veux que l'entreprise à laquelle je fais face traite les êtres humains qui y travaillent avec respect, et ne leur impose pas un climat de peur.»

De nombreux internautes semblent être d'accord avec lui. Sans atteindre des proportions exceptionnelles, l’occurrence des termes «boycott» et «amazon» a connu un pic ces trois derniers jours.

«Et alors?»

Ce n'est pas la première fois qu'un mouvement de boycott est lancé contre Amazon. À Noël, plus de 11.000 personnes s'étaient engagées à ne pas commander sur le site américain, au Royaume-Uni. En France, une extension pour navigateurs intitulé Amazon Killer était apparue à la même période.

Mais tous ces tweets et commentaires ne représentent pas tous les internautes.

Après avoir posé la question dans un premier papier et sur son compte Twitter, Jefferson Graham a ensuite écrit un autre article intitulé «Les lecteurs réagissent aux révélations sur les lieux de travail d'Amazon –et alors?».

Le journaliste raconte que, lorsqu'il a posé la question sur Twitter, on lui a demandé s'il achetait des vêtements fabriqués au Bangladesh ou au Honduras.

Jefferson Graham résumait la majorité des réactions avec cette citation:

«La vie, c'est dur. Vous avez déjà passé du temps dans l'armée?»

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