Science & santé

Les politiques avec une voix grave ont plus de chance d’être élus

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 17.08.2015 à 11 h 40

Repéré sur Digg, Duke.edu

Une étude montre que les électeurs associent la voix grave et la force et la compétence.

Jacques Chirac en campagne à Metz, le 3 mai 1995. REUTERS/Philippe Wojazer.

Jacques Chirac en campagne à Metz, le 3 mai 1995. REUTERS/Philippe Wojazer.

Lors d’un discours, la femme ou l'homme politique ne doit pas compter que sur ses mots, il doit aussi faire attention à la manière dont il le prononce, et surtout avec quelle tonalité. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude menée conjointement par les universités de Duke et Miami, et repérée par le site Digg.

Le site explique que 800 volontaires ont rempli un questionnaire en ligne avec des questions portant sur l’âge et le sexe d’un candidat imaginaire pour lequel ils voteraient. Il s’est avéré que les candidats, hommes comme femmes, sont plus à même d’être choisis s’ils ont entre 40 et 60 ans. C’est l’âge où «les leaders ne sont pas trop jeunes et donc pas inexpérimentés, mais pas assez vieux non plus pour que leur santé ne commence à décliner où qu’ils ne soient plus en mesure de gouverner», explique Casey Klofstad, co-auteur de l’étude, avant d’ajouter que c’est aussi le moment de la vie où «la voix des gens atteignent leur tonalité la plus basse».

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Dans la seconde partie de l’étude, on leur a fait écouter une voix modulée, de la plus aigüe à la plus grave, qui disait «Je vous demande de voter pour moi en novembre». Et quand on a demandé aux personnes interrogées de voter pour une de ces voix, elles ont choisi les voix les plus graves à environ 70%.

 

Taux de testostérone

Nous ne votons pas véritablement de façon réfléchie

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’âge n’était pas ici le facteur déterminant. Pour la plupart des votants lors de l'expérience, une voix grave évoquait plus la force et la compétence. En comparant leurs données aux résultats des élections de la Chambre des représentants américains de 2012, ils se sont aperçus que les candidats avec une voix plus grave ont effectivement eu plus de chance de gagner.

En revanche, et les auteurs de l’études sont les premiers à l’admettre, il est évidemment impossible d’établir un lien entre la tonalité de la voix d’un politicien et son efficacité une fois élu.

Ces résultats ne changent pas selon le sexe du candidat mais, comme le soulignent les chercheurs, le taux de testostérone a son importance, puisqu’il évoque dans notre imaginaire force et agressivité. Un critère étrange dans notre société moderne, où l’on pourrait croire que la compétence et l’intégrité des candidats comptent plus que tout –ce qui est faux,la preuve: des politiques habitués des affaires et des casseroles judiciaires sont régulièrement élus. Et pour Casey Klofstad, cela montre tout simplement que nous ne votons pas véritablement de façon réfléchie:

«Nous nous voyons comme des être rationnels, mais notre recherche montre que nous émettons aussi des jugements impressionnistes, basés sur des signaux très subtils dont nous sommes plus ou moins conscients.»

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