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Le New York Times raconte l'enfer des cadres d'Amazon

REUTERS/Rick Wilking.

REUTERS/Rick Wilking.

On connaissait déjà les conditions très dures de ceux qui travaillent dans les hangars d’Amazon. Celles vécues par les cadres de l’entreprise sont elles aussi difficiles.

«J'ai vu pleurer à leur bureau presque toutes les personnes avec lesquelles j'ai travaillé.»

Ce témoignage n'est pas unique et il est issu d'une longue enquête du New York Times sur Amazon. On connaissait déjà les conditions très dures de ceux qui travaillent dans les hangars mais, dans cet article repéré par Reader, le quotidien new-yorkais raconte en détails le quotidien tout aussi compliqué des cadres dans une entreprise où tout est fait pour améliorer la productivité.

On y apprend qu’il existe un système officiel de critique entre les employés, et que certains s'en servent pour essayer de se débarrasser de certains collègues. Comme le raconte Reader, les événements familiaux ne doivent pas affecter votre vie professionnelle:

«Une femme qui venait d'accoucher d'un enfant mort-né s'est vue contrainte d'être suivie dans ses tâches au cas où sa vie personnelle prendrait le pas sur ses performances. Les pères ont peur d'être remplacés par plus jeunes qu'eux s'ils ne travaillent pas autant malgré la naissance de leur enfant.»

Je crois fermement que qui que ce soit qui travaillerait dans une entreprise comme celle décrite par le NYT serait fou de rester. Je sais que je quitterais une telle entreprise

Jeff Bzos, dans un mémo envoyé à ses employés et publié par Geek Wire

Ajouter à cela des journées qui ne se finissent jamais, et une pression constante, et l'on comprend assez vite que la durée médiane d'un poste chez Amazon est d'un an, «parmi les plus faibles des entreprises du Fortune 500», résume le New York Times en s'appuyant sur une étude de PayScale de 2013:

«Seuls 15% des employés sont présents depuis plus de cinq ans.»

Zéro tolérance

Amazon avait refusé les demandes d'interviews du New York Times pour Jeff Bezos, le patron d'Amazon, et les principaux responsables de l'entreprise, et n'avait «autorisé qu’une poignée de membres de l'équipe de direction à répondre aux journalistes». Mais l'article a visiblement fait réagir en interne. Dans un mémo envoyé aux employés et publié par Geek Wire, Jeff Bezos raconte ne pas reconnaître son entreprise et demande à ses employés de ne pas accepter de telles situations si elles existent:

«Si vous avez connaissance de telles histoires, je veux que vous les fassiez remonter aux ressources humaines. Vous pouvez aussi m'envoyer un e-mail. Même si ces événements sont rares ou isolés, notre tolérance pour un tel manque d'empathie doit être nulle. [...] Je crois fermement que qui que ce soit qui travaillerait dans une entreprise comme celle décrite par le NYT serait fou de rester. Je sais que je quitterais une telle entreprise.»

Le patron d'Amazon n'est pas le seul à avoir pris la défense de son entreprise. Fortune raconte que Nick Ciubotariu, responsable du développement de l'infrastructure a publié une longue tribune sur LinkedIn dans laquelle il réfute «point par point» l'enquête des journalistes américains.

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