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Le gouvernement chinois a du mal à contrôler la catastrophe de Tianjin

La fumée s'élève du site de l'explosion, à Tianjin, le 13 août 2015 | REUTERS/Jason Lee.

La fumée s'élève du site de l'explosion, à Tianjin, le 13 août 2015 | REUTERS/Jason Lee.

La dramatique explosion la semaine dernière à Tianjin met à mal l’image du gouvernement et ses capacités à assurer la sécurité dans les usines.

 Mercredi 12 août, deux explosions d’une rare violence ont retenti dans la ville de Tianjin, située au nord-est de Pékin. Un entrepôt, où plusieurs centaines de tonnes de produits toxiques étaient entretenues, a provoqué l’accident qui a fait 112 morts, 95 disparus et a entraîné l’hospitalisation de plus de 700 personnes. Désormais, des organisations comme l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) craignent que d'autres produits entreposés dans l’entrepôt ne soient libérés dans l’atmosphère et dans l’eau, rapportent Le Monde et l’AFP. Les médias chinois ont d'ailleurs évoqué une fuite de cyanure de sodium, composant chimique extrêmement dangereux pour la santé et l’environnement. 

La panique s’est vite répandue parmi les habitants de Tianjin, qui doivent faire face à la désinformation, qu’elle vienne des médias, des sites ou du gouvernement lui-même.

Et comme l’explique le Financial Times, le gouvernement a bien du mal à maintenir son emprise sur l’information et les rumeurs qui se répandent sur Internet. Ils n’ont par exemple pas convaincu grand monde quand ils ont affirmé que la présence de produits toxiques dans l’air ne posait pas de risque pour les personnes vivant à plus de deux kilomètres de l’entrepôt.  

«Pendant ce genre de tragédies, le gouvernement chinois a l’habitude de contrôler l’information grâce à certaines agences telles que Xinhua ou la China Central Télévision», écrit le Financial Times. Mais cette fois-ci, comme l’incident a eu lieu en zone urbaine, ils n’ont pas pu bloquer l’accès à la zone, permettant aux médias et aux blogueurs, qu’ils soient fiables ou non, de proposer un flux continu d’informations impossibles à contrôler (et à vérifier). 

«Les censeurs ont aussi fermé cinquantesites qui auraient répandu des rumeurs “irresponsables” sur la tragédie», ajoute le site. Et, bien sûr, des commentaires publiés sur les réseaux sociaux critiquant l’action du gouvernement ont vite été effacés, comme l’a constaté un journaliste du New York Times. La police d’Internet de Tianjin aurait même prévenu les internautes que toute personne répandant des rumeurs devrait faire face à des poursuites judiciaires. 

Et au-delà de la catastrophe en elle-même, le parti communiste va devoir affronter les critiques qui se multiplient contre la construction d’usines ne respectant pas les mesures de sécurité les plus élémentaires. Par exemple, personne ne comprend que l’entrepôt de Tianjin soit situé si près de logements, ni pourquoi les autorités n’ont pas pris des mesures plus tôt alors qu’elles connaissaient les risques. Le New York Times explique que «la classe moyenne chinoise, de plus en plus au courant des risques liés aux usines urbaines de produits chimiques et aux entrepôts, organise depuis plusieurs années des manifestations pour demander à ce qu’ils soient déplacés». Les accidents de ce type sont fréquents en Chine, et même si le président Xi Jinping a promis d’en tirer les leçons nécessaires, pas sûr que le pouvoir arrive à contrôler les manifestants en colère encore bien longtemps. 

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