Santé / Sciences

Comment le ver solitaire a démontré que l’on pense vraiment avec ses tripes

Temps de lecture : 2 min

Les changements dans le microbiote intestinal ont un impact sur le cerveau.

Love your guts | Hey Paul Studios via Flickr CC License by
Love your guts | Hey Paul Studios via Flickr CC License by

Des scientifiques viennent une nouvelle fois de prouver que «penser avec ses tripes» n’est pas une simple métaphore. Non seulement le ventre est le siège de 200 millions de neurones mais c’est aussi un réservoir de bactéries. Le microbiote humain est en effet constitué de pas moins de 100.000 milliards de bactéries. Et ces bactéries ont clairement un impact sur le cerveau.

Les chercheurs ont utilisé des vers solitaires et montré qu’ils permettaient, dans le cas étudié, de limiter les pertes de mémoire. L’étude, dont les résultats ont été publiés en juillet 2015 dans la revue Brain, Behavior and Immunity, a été menée sur des rats. Un premier groupe de rongeurs a été infecté par le ténia, pas le second. Les chercheurs ont ensuite provoqué une autre infection chez les deux groupes provoquant une production d’une protéine qui, en excès, est associée à des maladies cérébrales et des pertes de mémoire.

Système immunitaire

La mémoire des rongeurs a enfin été testée. Ils ont tous été mis dans une pièce puis ont reçu un choc afin qu’ils associent la pièce en question à un mauvais souvenir. Le lendemain, les rats (infectés ou non par le ténia) ont dû retourner dans la pièce. Et ceux qui avaient le ver solitaire avaient deux fois plus tendance à se détourner de cet endroit, preuve que le ténia les avait protégés d’une perte de mémoire.

Conclusion hâtive? Pas du tout. Les rongeurs infectés par le ver solitaire avaient déjà eu une infection du microbiote et sollicité leur système immunitaire. En effet, «certaines bactéries jouent un rôle de protection contre les bactéries pathogènes, d'autres encore stimulent le renouvellement de la paroi intestinale et du mucus ou nos systèmes de défenses naturelles», explique sur le site d’Arte Joël Doré, directeur de recherches à l’Inra.

Résultat: lors de l’infection, celle a abouti chez les rongeurs non infectés par le ver solitaire à une dégradation de la mémoire, le système immunitaire a mieux réagi. Tout simplement parce que l’exposition du microbiote à des infections le pousse à ne pas surréagir lors d’infections ultérieures. Évidemment, il ne s’agit pas de vous inciter à avoir le ténia pour éviter des pertes de mémoire. Mais de souligner que des modifications dans la flore intestinale peuvent avoir des répercussions directes sur le cerveau. Ce qui ouvre des pistes thérapeutiques pour les traitements de maladies neurodégénératives.

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