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Seconde Guerre mondiale: les prisonniers de guerre au Japon se couchaient «dans leurs excréments»

Capitulation du Japon | North Charleston via Flickr CC License by

Capitulation du Japon | North Charleston via Flickr CC License by

Un article de la BBC revient sur les conditions de détention dans les camps de prisonniers au Japon.

Le 15 août 1945, l’empereur Hirohito annonçait à la radio la capitulation japonaise. Soixante-dix ans plus tard, en Grande-Bretagne, la commémoration du jour de la victoire rend hommage aux 50.000 soldats qui ont vécu, peut-on lire sur le site de la BBC, «un des pires épisodes de l’histoire militaire britannique»: avoir été prisonniers de guerre au Japon. Clare Makepeace, historienne à l’University College of London, et Meg Parkes, spécialiste des maladies tropicales et auteure de Captive Memories, rappellent dans cet article les conditions de détention de ces militaires capturés par l’armée impériale. Si difficiles qu’un quart d’entre eux sont morts en captivité.

La malaria et la dysenterie, deux maladies infectieuses, faisaient ainsi partie de leur quotidien. Le capitaine David Arkush rappelait dans une interview de 2007 que «tout le monde avait la dysenterie. Ils se couchaient dans leurs propres excréments».

Malnutrition et ulcères

Les prisonniers, qui ne recevaient qu’un bol de riz par jour, souffraient aussi de malnutrition. À tel point qu’ils pouvaient en perdre la vue. À cela s’ajoutaient les ulcères cutanés tropicaux, causés par des griffures de bambou. Car les prisonniers de guerre servaient aussi une main-d’œuvre et il leur arrivait de devoir travailler nus dans la jungle, comme le rappelle le lieutenant ME Barret, qui était affecté à la cabane des ulcères dans le camp de prisonniers de Chungkai, en Thaïlande:

«Les ulcères de la jambe de trente centimètres de long et quinze centimètres de large, avec l’os apparent et en putréfaction sur plusieurs centimètres, n’étaient pas rares.»

Un moyen de survie dans ces camps de l’horreur, rappellent les deux chercheuses, était la solidarité entre prisonniers. Ce que soulignait Derek Fogarty, de la Royal Air Force, dans une interview de 2008:

«Vous vous liiez comme des frères. Si une personne était malade, vous lui rameniez de l’eau. […] Nous étions si proches […] que les gens seraient morts pour leurs compagnons.»

Une proximité qui a perduré après la capitulation du Japon et le retour au pays, les anciens prisonniers de guerre se retrouvant régulièrement dans des clubs comme le London Far East Prisoner of War Social Club pour partager leurs souvenirs, dépasser le syndrome de stress post-traumatique ainsi que la culpabilité du survivant et parfois même la honte d’avoir été faits prisonniers. C’est aussi ensemble qu’ils ont obtenu dans les années 1950 des compensations financières pour les atrocités que le Japon leur avait fait subir. Un combat qui avait surtout vocation à faire connaître au monde leur vécu et à éviter qu’il se répète.

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