Partager cet article

L’affaire de la cassette de la discorde entre la reine Elizabeth et son époux

La reine Elizabeth et le prince Philip à Bergen-Belsen, en Allemagne, le 26 juin 2015 | REUTERS/Julian Stratenschulte

La reine Elizabeth et le prince Philip à Bergen-Belsen, en Allemagne, le 26 juin 2015 | REUTERS/Julian Stratenschulte

Que se passe-t-il quand une équipe de télé australienne filme la reine Elizabeth II en train de passer un savon à son mari? Les images disparaissent.

Bientôt 90 balais au compteur et pas prête à mordre la poussière: la reine Elizabeth II détiendra, en septembre prochain, le record du plus long règne britannique. Tout au long de l’été, retrouvez vieux dossiers et anecdotes de la monarque dure à cuire. Cette semaine, retour sur une scène de ménage royale.

Loin des traditionnels mariages arrangés, Elizabeth II et le prince Philip semblent faits l’un pour l’autre.

Alors que le roi George VI visite l’école de Darthmouth, un élève est chargé de distraire sa fille Elizabeth. C’est Philip, le prince de Grèce, qui est choisi pour jouer au croquet avec elle. C’est le coup de foudre pour Elizabeth, qui ne le quitte pas des yeux. Elle se met en quête de le conquérir. Les années passent. Elizabeth entre dans la fleur de l’âge. Philip, qui entretient une correspondance avec elle et lui rend régulièrement visite, commence enfin à la remarquer. À l’été 1946, il demande à «Lilibet» de l’épouser. Elle accepte sans même consulter ses parents.

«Je me demande, écrit Philip, si je mérite toutes ces bonnes choses qui m’arrivent. [Comme celle de] tomber complètement et inconditionnellement amoureux

Le 20 novembre 1947, la princesse Elizabeth Windsor épouse alors le lieutenant Philip Mountbatten. Winston Churchill décrit l’événement, qui arrive juste après la guerre, comme «une touche de couleur sur le dur chemin que nous avons à parcourir».  Et après soixante-huit ans de mariage et quatre enfants, on dit la reine Elizabeth II et le duc d’Edimbourg toujours aussi  fous amoureux.

Néanmoins comme tout couple, ils ont aussi leurs moments de discorde. Même si elle est «désespérément amoureuse» de son mari, il arrive que le prince Philip lui tape sur les nerfs. Le 6 mars 1954, une équipe de télévision australienne a ainsi pu assister à une scène du ménage royal.

Reine furax

L’affaire est contée par Robert Hardman, auteur de la biographie Sa Majesté: la reine Elizabeth II et sa cour.

Alors qu’ils sont en tournée en Australie pour la visite post-couronnement d’Elizabeth II, le couple royal se rend un week-end dans un chalet de la réserve d’O’Shannassy. Le dimanche matin, une équipe de tournage réduite arrive à leur location. Le caméraman, Lord Townsend, et son ingénieur du son doivent filmer la reine saluant les kangourous et les koalas de la réserve pour un film intitulé La reine en Australie.

Le problème, c’est qu’elle se fait attendre et que la lumière du jour baisse.

Elizabeth II «traîne» son mari à l’intérieur du chalet... et claque la porte. La caméra tourne toujours

Enfin, du bruit se fait entendre! La porte du chalet s’ouvre en grand. Le caméraman, d’instinct, enclenche la pellicule. Ce qu’il filme lui coupe alors le sifflet.

Le prince Philip surgit, une paire de tennis et une rackette sifflant dans son dos. Derrière lui, la reine furax lui ordonne d’arrêter de courir et le somme de revenir immédiatement. Et, tandis que la caméra tourne toujours, Elizabeth II «traîne» son mari à l’intérieur... et claque la porte.

«Cela arrive dans tous les mariages»

«Plus énervé qu’un buffle blessé», le commandant Richard Colville, attaché de presse de la reine, fond à cet instant sur la caméra. Surnommé «L’Abominable Monsieur Non» par la presse anglaise, l’homme se plante devant Lord Townsend. Sans hésiter une seconde, le caméraman lui tend la cassette maudite:

«Commandant, j’ai un cadeau pour vous. Vous voudrez sans doute le confier à Sa Majesté

Colville attrape l’objet du délit et disparaît. En échange, des bières et des sandwiches sont distribués à l’équipe de tournage. Au bout de quelques minutes, la reine réapparait, plus calme et sereine:

« Je suis désolée pour ce petit contretemps. Mais comme vous le savez, cela arrive dans tous les mariages. Maintenant, que puis-je faire pour vous ? »

Insupportable époux

Aujourd’hui de telles images, si elles existaient, feraient probablement plus le tour du monde que la reine à bord du Britannia.

À sa décharge, Elizabeth II n’est pas la première à vouloir lui jeter ses baskets à la figure. Le duc d’Edimbourg peut parfois être insupportable: il détient, depuis plusieurs décennies, la palme de la vanne de trop.

Heureusement pour lui, le peuple, à l’instar de la reine, n’est pas rancunier. En 2011, il a été élu «Époux de l’année» par le magazine Vieux.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte