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Lorsqu'une femme politique est candidate, son colistier est presque toujours un homme

Husband & Wife Walk . . . (to divorce court) / Keoni Cabral via Flickr CC License by.

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Il est fort probable qu'Hillary Clinton sera la nominée du parti démocrate pour les présidentielles américaines de 2016, et il est également presque sûr que son colistier candidat à la vice-présidence sera un homme. Comme le montre une étude parue dans la revue Political Behavior, lorsqu'une femme fait campagne en binôme, son collègue est presque toujours un homme, rapporte le Washington Post. 

Les politologues américains Valerie Hennings et Robert Urbatsch ont analysé 568 élections au poste de gouverneur aux Etats-Unis entre 1988 et 2012. Ils ont trouvé que lorsque le candidat au poste de gouverneur était un homme, 39% des candidats au poste de vice-gouverneur (choisis par le parti) étaient des femmes et 61% des hommes. Mais quand la candidate principale était une femme, seulement 12% des colistières étaient aussi des femmes.

«On pourrait s'attendre à ce que les femmes candidates cherchent à donner des opportunités à d'autres femmes qualifiées», écrivent Hennings et Urbatsch, mais c'est en fait l'inverse qui se passe. Lorsqu'une femme est la candidate principale, les chances que son colistier soit aussi une femme sont fortement réduites.

Les auteurs de l'article pensent que cela est lié au fait que le public et les élites politiques préfèrent que les femmes candidates soient en quelque sorte encadrées et soutenues par des hommes.

Leur article examine aussi la situation dans 29 pays (dont le Kenya, la Colombie, Taïwan et la Bulgarie) où il y a un système d'élection avec président et vice-président. Sur 244 élections étudiées, lorsqu'un homme était candidat à la présidentielle, les femmes représentaient 19% des candidats à la vice-présidence. Lorsque c'était une femme, aucun des candidats à la vice-présidence n'était une femme.

Hennings et Urbatsch y voient une pratique de sortes de quotas informels limitant le nombre de femmes en politique. Alors que leur étude s'intéresse aux postes où les candidats sont désignés par un parti, ils se demandent si la tendance n'est pas la même pour d'autres fonctions:

«Les présidents et Premiers ministres, par exemple, ont aussi tendance à ne pas être simultanément des femmes.»

Ils pensent que ce type de restriction vaut probablement aussi pour les candidats de minorités religieuses et ethniques, ains que les candidats homosexuels.

 

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