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Pour la première fois depuis 1979, un journaliste d'un média juif américain a pu visiter l'Iran

Téhéran | Kamyar Adl via Flickr CC License by CC

Téhéran | Kamyar Adl via Flickr CC License by CC

Le reporter du Jewish Daily Forward, une publication marquée à gauche, livre un reportage nuancé sur le pays et son rapport à Israël. Le Congrès américain devra se prononcer en septembre sur l'accord nucléaire obtenu par Washington.

Depuis la révolution islamique iranienne de 1979, aucun journaliste d'un média juif américain n'avait obtenu de visa pour faire en reportage dans le pays. Cet été, Larry Cohler-Esses du Jewish Daily Forward a été autorisé par le ministère de la Culture et de la Guidance islamique à venir interviewer la population, ainsi que plusieurs ayatollahs et membres du gouvernement. Une première en plus de trente-cinq ans. Cela faisait deux ans que cet hebdomadaire lu par la communauté juive américaine avait fait une demande de visa.

Le New York Times explique qu'il est possible que les autorités iraniennes aient accepté cet été en espérant que le journaliste donne une vision positive de l'Iran et de l'accord nucléaire signé le 14 juillet à Vienne. Les sanctions américaines seront levées si l'accord est approuvé par le Congrès en septembre, et de nombreuses organisations juives américaines se mobilisent pour tenter de faire échouer le vote. 

Or, le Jewish Daily Forward est une publication plutôt marquée à gauche, souvent critique de la politique de Benjamin Netanyahou. Pour résumer l'article, le New York Times avait titré: «En reportage en Iran, un journaliste juif ne voit pas de complot pour la destruction d'Israël.»

Loin du stéréotype d'un État islamique fasciste, j'ai trouvé une dynamique d'attraction-répulsion entre un gouvernement théocratique et une population souvent critique

Larry Cohler-Esses

«Nous ne sommes pas hostiles à l'égard d'Israël»

L'article rédigé par Larry Cohler-Esses donne en effet «une vision plus nuancée de l'Iran, comparée aux sombres descriptions qu'en donnent les organisations juives américaines, qui considèrent que l'Iran est un État voyou et ennemi», explique le New York Times. 

Pendant la durée de son visa de sept jours, Cohler-Esses était accompagné d'un guide et d'un traducteur officiel, mais il a eu la possibilité de choisir toutes les personnes qu'il voulait interviewer. Il dit d'ailleurs avoir été surpris de voir à quel point les Iraniens critiquaient ouvertement leur gouvernement. 

«Loin du stéréotype d'un État islamique fasciste, j'ai trouvé une dynamique d'attraction-répulsion entre un gouvernement théocratique et une population souvent critique.»

Il a notamment filmé un boucher de Téhéran qui s'exprimait ainsi publiquement devant sa boutique:

«Nous voulons montrer au monde que ce qui se passe depuis quelques années correspond aux décisions du gouvernement iranien mais pas à la volonté du peuple iranien. Nous ne sommes pas hostiles à l'égard d'Israël.»

Dans un éditorial, la rédactrice en chef du Jewish Daily Forward précise que le reportage n'a pas été fait dans l'optique de défendre l'accord nucléaire:

«Ceux qui cherchent des signes que l'accès au commerce et au crédit aidera l'Iran à devenir un pays plus ouvert et libre, améliorant la vie de sa population et faisant cesser l'exportation du terrorisme à l'étranger, trouveront de nombreuses preuves dans cet article. Mais ceux qui s'inquiètent que la haine de l'Iran pour Israël et les États-Unis est toujours aussi intense et qu'on ne peut pas laisser de capacités nucléaires à ce pays, trouveront aussi des exemples pour renforcer leurs vues.»

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