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Les experts le sont beaucoup moins qu’ils ne le croient

La touche Shift remplacée par une fausse touche expert sur un clavier d'ordinateur | GotCredit via Flickr CC License by

La touche Shift remplacée par une fausse touche expert sur un clavier d'ordinateur | GotCredit via Flickr CC License by

Une étude montre que les experts dans un domaine croient avoir plus de connaissances qu’ils n’en possèdent réellement. Et l’exagération de leurs savoirs n’est pas volontaire.

Une étude de Stav Atir, du département de psychologie de l’Université Cornell, dans l’État de New York, soutient qu’une trop grande connaissance peut être dangereuse, au sens où les experts d’un sujet sont les plus aptes à répandre de fausses informations.

Publiée le 8 août 2015 au journal Psychological Science, l’étude s’est fondée sur le concept de «l’impression de savoir». Cela revient à poser une démonstration ou une argumentation sur quelque chose que l’on est persuadé de connaître parce qu’on l’a seulement vu ou entendu quelque part, mais sans se le rappeler réellement. Ce genre d’impression est généralement due à une trop grande confiance en soi.

Exagération

L’étude s’organise autour de cinq tests effectués sur 570 participants. Les trois premiers consistent à demander aux participants s’ils maîtrisent une série de termes liés à un thème –finance, biologie, littérature/philosophie–, sachant que certains termes, comme «stocks pré-évalués» en finance, n’existaient pas réellement. Les participants experts d’un des trois thèmes sont ceux qui disent maîtriser le plus de termes inexistants, persuadés de tout connaître du sujet.

Le quatrième test consiste à entourer les faux termes dans la liste proposée, poussant les participants à plus de prudence. Les résultats concernant l’exagération des experts ne changent pourtant pas.

Sentiment de supériorité

Pour vérifier l’influence du sentiment de confiance, le dernier test porte sur la géographie des États-Unis. Certaines cartes étaient construites plus simplement que d’autres, mais le niveau de connaissances exigées était le même partout. Tous les participants ont tendance à répondre en exagérant sur les tests simples en apparence, persuadés d’être «supérieurs».

Déclarer qu’on a entendu parler d’un sujet uniquement parce qu’on a lu son intitulé sur une couverture de journal n’est pas un problème très grave. Mais lorsque cela touche des sujets pointus comme la santé ou l’économie, «l’impression de savoir» peut créer de très mauvais conseils, et malheureusement les experts semblent être les premières victimes de ce paradoxe.

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