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Le parmesan détruit par les Russes inspire les internautes

Fromages d'importation illégale présentés à Saint-Pétersbourg, le 6 août 2015 | REUTERS/Peter Kovalev

Fromages d'importation illégale présentés à Saint-Pétersbourg, le 6 août 2015 | REUTERS/Peter Kovalev

Les satires inspirées par la destruction des produits interdits de séjour en Russie a séduit au-delà du cercle restreint des militants anti-Poutine sur Twitter.

Le parmesan se retrouve depuis plusieurs jours, et en compagnie d’autres fromages, au cœur d’une crise diplomatique entre la Russie et l’UE, doublée d’une opération de communication gouvernementale russe. En Russie, des tonnes de nourritures en provenance de pays occidentaux, interdites d’entrée sur le territoire depuis un an en réponse aux sanctions prises contre le pays, ont été détruites à la télévision. C'est l'application d’une nouvelle loi, plus agressive de la part du pays, qui, jusque-là, se contentait de renvoyer à la frontière les produits interdits de séjour. Qu’ils soutiennent ou pas leur gouvernement, de nombreux Russes ont découvert effarés des vidéos de camions déversant du fromage ensuite écrabouillé, ou de tonnes de porc broyées dans des incinérateurs.

Comme le contextualise le site Global Voice, l’affaire du «fromagicide» russe est l’occasion pour les plaisantins de jouer avec l’iconographie soviétique de la Seconde Guerre mondiale pour la détourner en y intégrant des éléments de la crise actuelle. Par exemple dans le célèbre tableau qui représente une résistante russe exécutée par les nazis:

 

Fromagicide

D’autres raillent le fait que l’État a mis en œuvre des moyens importants pour détruire du fromage alors que les drogues qui transitent illégalement n’avaient pas subi un tel traitement. Le fromagicide est aussi l’occasion de moquer la rhétorique martiale anti-occidentale du Kremlin, fustigeant ces «fromages gays» en provenance d’Europe.

En référence à une politique de réduction de la consommation d’alcool mise en œuvre par Gorbatchev, un autre ironise:

«Nous avons fait beaucoup de chemin: de “Ne buvez pas” au début de l’ère Gorbatchev à “Ne mangez pas” à la fin de l'ère Poutine.»

Un internaute russe a pour sa part mis en ligne sur YouTube une chanson de sa composition qui narre le calvaire du fromage, intitulée «Mort d’un parmesan»: un vieux parmesan y mène la bataille contre les douaniers russes en compagnie de camarades de combat (camemberts et mozzarellas), est capturé, torturé puis incinéré...

Autre sujet de sarcasme, l'extension de l'interdiction aux préservatifs de provenance occidentale. Un responsable de la santé a déclaré que cette mesure serait l'occasion pour les Russes d'être plus sélectifs dans leur choix de partenaires, ce qui n'a pas vraiment convaincu...

Selon la BBC, qui rapporte ces derniers exemples, les satires inspirées par le fromagicide et ses conséquences ont, fait rare, séduit au-delà du cercle restreint des militants anti-Poutine actifs sur Twitter, gagnant des audiences plus larges et généralement moins sensibles à la critique du gouvernement russe. Un indice que l’opération de destruction de produits alimentaires d’importation a beaucoup choqué, ravivant des souvenirs de famine dans l’histoire récente du pays.

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