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Chic, des baskets pour femmes!

manysheos | woodleywonderworks via Flickr CC License by.

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Les femmes ont aujourd'hui à leur disposition toutes sortes de baskets cool, design et fines, à la fois féminines et pratiques. Mine de rien, c'est un petit combat contre les injonctions sociales qui s'est joué là. Mais, même en échappant à une pression des normes, elles ont succombé à une autre: celle des marques, de la mode et des peoples.

J'arpente souvent les gares et c'est dans ces endroits-là que nos yeux se baladent le plus. La plupart du temps, on le perd, dans les gares, alors on observe autour de soi. Et depuis plusieurs mois, j'ai noté que les jeunes femmes portaient à leurs pieds toutes sortes de chaussures de sport aux teintes souvent colorées avec, par dessus, un jean, un pantalon retroussé ou une jupe toute simple. Bref, elles portaient ces baskets avec une tenue de ville mainstream, efficace pour aller au bureau ou pour voyager, par exemple.

Une précision: ce ne sont pas seulement les filles ou les jeunes femmes branchées CSP+ de 18 à 35 ans qui se chaussent ainsi. C'est beaucoup plus large, comme si cette tendance traversait les générations et les classes sociales. En consultant les blogs mode et les magazines féminins, j'ai cru déceler ce qu'on appellerait communément «une mode».

«Depuis plusieurs saisons maintenant, les sneakers envahissent le quotidien des fashionistas. Elles foulent les podiums, sont revisitées par les plus grands noms de la mode, de Dior à Chanel en passant par les marques de sportswear comme Adidas, Puma ou Nike. On leur apporte des couleurs, des matières techniques ou plus raffinées et elles ont même droit à des expositions», confirmait le blog mode Stylistic en janvier 2015. C'est durant ce même mois de janvier qu'Olivia Palermo remettait à la mode les Nike running, toutes simples, noires avec la liquette blanche.

Le message que diffusent ces femmes, en portant en toute décontraction ces baskets avec un certain style, est tout simple, explique l'historienne de la mode Florence Müller:

«Oui, on peut être féminine en portant des baskets! Autrefois, ça n'était pas forcément le cas. Mais c'est un discours car évidemment, ça dépend de l'époque. Cela se passe dans la tête des gens. En réalité, la basket reste lourde comparée à un escarpin, mais les mentalités et le regard qu'on porte sur les choses ont changé.»

Produit populaire

Une rapide enquête autour de moi (et notamment dans la rédaction de Slate.fr, où certaines journalistes ne sont pas étrangères à cette mode) m'a confirmé cette tendance. Les femmes en ont eu marre des injonctions sociales sur leurs pieds. Des pieds qu'elles devaient soigner, bichonner, maquiller; puis assortir d'escarpins forcément synonymes de féminité et d'élégance. C'est une nouveauté: la basket est désormais jolie. Elle est plus fine, laisse apparaître plusieurs zones où les matières s'empilent, se chevauchent (tweed, cuir, tissu...). Les baskets deviennent une zone d'expressivité incroyable, et même un point d'orgue de toute la tenue.

«Dans les années 1990, les baskets étaient encore un effet de style, poursuit Florence Müller, auteure de Baskets, une histoire de la chaussure de ville/de sport, publié chez Regard en 1997. Aujourd'hui, c'est devenu une quête de bien-être qui passe par l'envie de marcher à plat. Rappelez-vous: les années 2000 ont été dominées par la chaussure avec des talons, les fameux Stiletto, qui donnaient à des filles normales l'allure de mannequins. Or, la mode, c'est un phénomène de balancier.»

Aujourd'hui, les baskets sont devenues une quête de bien-être qui passe par l'envie de marcher à plat

Florence Müller, auteure de Baskets, une histoire de la chaussure de ville/de sport

«Cette tendance exprime un besoin de confort en milieu urbain sans sacrifier l’esthétique et le style, juge de son côté Frédéric Godart, qui a écrit une Sociologie de la mode, aux éditions La Découverte. Elle exprime aussi pour certaines femmes une volonté de se libérer des “canons” du soulier féminin à talon haut; pour d’autres, il y a aussi une mise en avant d’un style de vie sain et sportif.»

Puisque «la mode, c'est ce qui se démode», comme le disait Jean Cocteau (qui le fut, à la mode, à une certaine époque), la platitude des baskets est silencieusement revenue sur le devant de la scène. Elle sont devenues une norme, à la fois de normalité mais aussi d'élégance: on les porte facilement et on les porte, aussi, parce qu'elles sont devenues belles. Aujourd'hui, pour être sexy, Pretty Woman porterait certainement des Stan Smith.

«Le sportswear est une tendance de fond dans la mode et les marques de sport ou influencées par le sport ont fait de très gros progrès stylistiques. Elles offrent aujourd’hui une panoplie à la fois assez large et pointue, précise Frédéric Godart. Et il y a une réaction négative contre les talons, perçus comme étant peu pratiques et appartenant à un autre âge par de nombreuses femmes.»

Art de la rue

Derrière le côté superficiel, une idéologie se dégage de cette tendance. Le langage corporel, qui passe par les chaussures, exprime quelque chose de son époque. La série Sex and the City en a été un exemple, avec la panoplie hallucinante de chaussures de créateur collectionnées par Sarah Jessica Parker, qui s'est hissée au rang de symbole.

Les «tendances» nous déterminent et façonnent notre façon de nous habiller ou d'envisager nos tenues. Elles sont idéologiques, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas neutres, et les marques l'ont compris depuis longtemps.

Les baskets furent, au fil des ans, des produits de contre-culture, censés représenter un art de la rue bien loin des conventions bourgeoises établies. Dans certains milieux, il était interdit (car inconvenant) de porter ce type de chaussures.

Aujourd'hui portées par tous, les baskets ne sont plus l'incarnation d'un milieu sportif ou la représentation d'une révolte moderne et urbaine: elles sont devenues un produit populaire au sens large. C'est-à-dire un produit comme un autre, qui véhicule des normes. Les baskets pour femmes sont devenues un immense marché ces quarante dernières années; bien alimenté par des stars au service d'un marketing rodé, qui parie toutefois sur des coups médias pour se relancer.

«Le boom a été donné en novembre 2013, quand Gisèle Bunchen a porté des Stan Smith nues à la une de Vogue. C'était le grand point de départ, indique Chloé Sabban, du blog Les Éclaireuses. La basket pour femmes est repartie avec la Stan Smith et la running de Nike. Dans ce cas, c'est surtout un personnage majeur de la mode qui décide qu'il faut porter des baskets et tout le monde suit...»

Ambassadeurs stars

Il y a près d'un siècle, tout avait déjà commencé avec la Converse All Star, née en 1917. Chaussures montantes destinées à protéger les chevilles et portées au départ par les gosses américains pendant leurs cours de sport, les Converse ont commencé à quitter les terrains scolaires dans les années 1950 et 1960. Le champion de basket Chuck Taylor en sera le premier grand ambassadeur, arrivant dans les campus au volant de sa Cadillac blanche dont le coffre débordait de chaussures à la semelle typique. Grâce à un design simple et épuré, elles finissent par se «démocratiser» et conquérir des femmes heureuses de se déplacer en tenue stylée mais sobre et élégante.

Elles incarnent d'abord une certaine idée de l'étudiant cool et décontracté. Portées ensuite par des stars comme James Dean ou Sofia Coppola, elles deviennent vite des «sneakers» chic, qu'on met pour représenter un style rock'n roll tout en donnant, malgré tout, l'image d'une fille bien habillée. Elles sont mode et rétro à la fois, presque intemporelles. Dans les années 1990, la marque customise la chaussure pour en faire un accessoire vraiment féminin, avec une esthétique et des couleurs dédiées aux femmes.

Le sportswear est une tendance de fond dans la mode; et les marques de sport ou influencées par le sport ont fait de très gros progrès stylistiques

Frédéric Godart, auteur de Sociologie de la mode

Florence Müller, elle, fait débuter l'histoire en 1983. «C'est l'année où Reebok lance la Ex-O-Fite, une basket montante noire ou blanche, toute simple et fine, comparé à ce qu'il y avait chez Adidas, New Balance et Nike, qui fabriquaient alors des choses très technologiques.» Un an avant, la Reebok freestyle lancée en grande pompe s'adresse d'abord aux femmes fans d'aérobic, façon Davina. Puis l'offre va s'étendre. À l'époque, les équipementiers chaussent en priorité les sportifs et parient sur des ambassadeurs stars, qui parviendront à convaincre le grand public grâce à leurs exploits (Nike a eu Jordan, qui donnera même son nom à une paire).

Comme les autres, Reebok, qui s'est spécialisé dans l'équipement sportif, fabrique ses chaussures à la main depuis 1895. Près de quatre-vingt-dix ans plus tard, la marque va opter pour un revirement de stratégie assez énorme: pour façonner un empire, pense-t-elle, il faut inonder le marché. Et donc «casser» les prix. Dans ces années-là, la marque devient vite populaire grâce à ses modèles à 60 dollars et va connaître ensuite une croissance vertigineuse.

Codes fashion brisés

Comme Reebok, l'histoire de Nike, créée en 1964, est emblématique. Avec Adidas (qui est aujourd'hui propriétaire de Reebok), c'est le deuxième empire de la basket fashion. Son fondateur Phil Knight, qui vient de quitter la marque pour prendre sa retraite en juillet 2015, à l'âge de 77 ans, a d'abord l'idée de lancer une gamme de chaussures de sports. Comme tout le monde. Mais quelques années après ce bricolage des origines, il va concocter une recette qui explique en grande partie le succès de sa marque: la fabrication de ses chaussures à l'étranger! D'abord au Japon, puis en Chine, où les salariés sont payés au lance-pierre («pour profiter des coûts du travail beaucoup plus faibles là-bas», dans le langage de François Lenglet, qui lui rend hommage sur RTL) et enfin l'Indonésie, puis le Vietnam, baissant encore un peu plus ses coûts de production pour un maximum de rentabilité.

«Dans les années 2000, Nike avait 700 usines dans le monde. L'équipementier a été le premier à monter des chaînes de production globalisées, avec la fabrication dans les pays émergents, et la valeur ajoutée (le marketing, le design) aux États-Unis, poursuit François Lenglet. C'est aujourd'hui le modèle Apple, et celui de la plupart des produits de grande consommation. […] Nike a aussi été très critiqué pour cela. Dès les années 1990, on lui reprochait d'exploiter indirectement les enfants et d'utiliser des colles toxiques dans ses usines asiatiques.»

Cette stratégie industrielle coïncide avec une autre, commerciale cette fois-ci, qui surfe sur une pratique sociale qui va faire son apparition:

«La mode du jogging commençait à se lancer, ça se faisait déjà à la fin des années 1960 mais ça va exploser dans les années 1980, retrace Florence Müller. Or c'est un sport qui se pratique en ville, pas forcément dans une salle de sport, mais parfois en rentrant du bureau. C'est à ce moment-là que la chaussure est sortie des stades pour devenir voyante!»

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La basket s'impose, mais elle n'est pas encore une tenue de ville. En 1997, le magasin Colette lance en grande pompe tout un rayon de baskets hyper design, et déculpabilise celles qui veulent porter leurs tennis avec une robe. Des chanteuses comme Madonna enfoncent le clou. On ne casse plus les codes, on les brise. Les chaussures de sport sortent définitivement de la sphère sportive pour s'imposer en ville. Elles deviendront bientôt «chic». Ce n'est qu'une question de temps. «Les baskets en tant qu’élément central du street-style ou du sportswear remontent au début des années 1980, la vague actuelle peut-être à 2012, même si elle s’intensifie en 2015», rembobine Frédéric Godart.

Convergence masculin-féminin

La mode du jogging a explosé dans les années 1980. C'est à ce moment-là que la chaussure est sortie des stades pour devenir voyante!

Florence Müller

C'est sans compter sur l'ingéniosité des marques. Stan Smith, par exemple, planifie sa pénurie et va susciter le désir, grand moteur de la société de consommation. En 2011, Adidas annonce l'arrêt de la production de sa chaussure fétiche, née quarante ans plus tôt et qui fut chaussée par les joueurs de tennis avant de s'exporter sur les trottoirs de nos rues. En tout, c'était près de 40 millions modèles qui s'étaient vendus à travers le monde. À l'automne hiver 2013, la marque renaît et délivre d'abord une édition limitée, dans «une exécution haut de gamme», précise-t-elle. Il n'en faut pas plus pour réactiver le désir des consommateurs/trices, car l'adhésion à une marque fonctionne comme une pulsion.

Pourquoi les femmes portent-elles aujourd'hui des baskets? Pour le côté pratique, certes, pour le style plus élancé et moins épais qu'autrefois, c'est encore vrai, mais la tendance ne s'explique pas: elle se constate. Elle est la production d'un fantasme, d'un suivisme articulé par les marques afin de vendre leurs produits. La société de consommation n'est pas moins bête qu'hier. Dans la thèse de Jean Baudrillard, publiée en 1947 chez Gallimard, la consommation devenait une marque d'identification, et non plus uniquement un motif de satisfaction. On se définit grâce à elle. Jusqu'à en oublier son propre désir, devenu inconscient. Jusqu'à ce que le monde réel disparaisse au profit des signes de la réalité.

Pour Frédéric Godart, cette tendance a une autre conséquence: «la convergence entre les modes masculines et féminines». Il s'explique:

«Les baskets sont souvent esthétiquement dans un entre-deux. Bien sûr, il existe des lignes différentes homme/femme, mais disons qu’il y a moins de différences entre des baskets homme et femme qu’entre les souliers à talon aiguille et les souliers homme traditionnels.»

Bien qu'elle se présente parfois comme «féminine», la basket participe donc d'une forme d'indifférenciation. 

Les normes sociales qui découlent, en partie, de cette nouvelle pratique sportive, participent aussi de cette indifférenciation, tout en véhiculant une exigence du corps parfait qui irrigue toute la société. Les films ont d'abord largement mis en scène les businesswomen, actives et accomplies, qui enfilent des escarpins une fois arrivées au bureau et en repartent avec des baskets aux pieds: Working Girl, sorti en 1988, en est un idéal-type, avec Tess, jouée par Mélanie Griffith, qui traverse la ville tous les matins pour affronter la jungle de Wall Street. Les femmes jouent alors sur les mêmes codes que ceux des hommes. Le message est limpide: elles sont tout aussi capables d'endosser ce rôle de super-salariée.

Haute couture

Derrière cette perfomance à tout prix, c'est aussi l'idée d'une perfection physique, nourrie d'individualisme, qui va triompher. Petit à petit, on s'épanouit avec son corps, on se réalise, on apprend à dépasser ses limites (sportives et dans la vie professionnelle); mais on dégage aussi une image qui permet de s'identifier à un groupe social défini. Si autrefois la rondeur était un gage de puissance et de richesse, quand une grande partie de la population mourait de faim au Moyen Âge, elle est aujourd'hui brocardée, notamment du fait de cette exigence de performance. C'est en tout cas ce que croit Georges Vigarello, historien de la beauté et directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur du livre Les métamorphoses du gras: Histoire de l’obésité (2010), interrogé par Le Figaro.

Et cette efficacité va de pair avec une indifférenciation, poursuit-il:

«Avec l’apparition des loisirs, l’obligation de se dénuder, et la place croissante des femmes dans l’espace public, le masque des vêtements n’existe plus, on se montre plus –d’où l’exigence nouvelle de la minceur. Au fur et à mesure que la femme devient active, sa morphologie se rapproche de la morphologie masculine. Prenez la garçonne, après la Première Guerre mondiale: c’est une liane, une tige.»

Les films ont d’abord mis en scène des businesswomen enfilant des escarpins une fois arrivées au bureau et en repartant avec des baskets aux pieds

Dans le magazine Elle, en octobre 2014, soit un an après Gisèle Bunchen dans Vogue, on exhortait les dernières femmes réticentes à se convertir à cette adhésion aux baskets comme objet de confort et d'élégance:

«Pour celles qui rechignent à porter des talons en journée et même en soirée, vous n’avez plus d’inquiétude à avoir! Les baskets s’offrent une nouvelle jeunesse et un retour en force dans la sphère fashion.»

L'hebdomadaire propose alors «cinquante paires de baskets pour femme qui vont voler la vedette à vos stilettos fétiches». Claudie Pierlot, No Name, Maje, D.A.T.E, Zara: tout le monde a flairé le bon filon et se jette dessus. La marque Comptoir des cotonniers a même noué un partenariat avec New Balance, pour griffer leurs chaussures personnalisées. Mieux, les baskets s'incrustent dans les défilés de mode de Dior ou de Chanel. Le summum du snobisme pour les créateurs: piquer les références mainstream pour les mettre du côté de la haute couture. Et surtout envoyer un signal à celles qui rechignaient encore à porter des baskets. Preuve de l'engouement crescendo, en mai dernier, les Galeries Lafayette Haussmann ont ouvert un nouvel espace de 130 mètres carrés au rez-de-chaussée entièrement dédié aux sneakers. Une fête a célébré l'ouverture de ce nouveau temple de la consommation des nouveaux dieux New Balance, Nike et Adidas, à base de silent party, de Red Bull et d'ateliers de customisation de vos chaussures préférées.

Dans la même veine, certains blogs proposent des astuces «farfelues et originales» pour bricoler ses chaussures, «leur donner une seconde vie» et «un style fou». En collaboration avec Colette, les Stan Smith ont déjà trouvé la parade pour tenter d'être décalées, maintenant que tous les hipsters ont adopté le look baskets + jeans, reprenant à leur compte une tendance populaire pour en faire une mode bourgeoise: des bijoux de la marque Daisy Knights que l'on colle sur ses lacets. Objectif: être toujours plus snob, tout en étant créatif! «Aujourd'hui, on a une expression plus grande avec les baskets qu'avec les chaussures à talons, argumente Florence Müller. Il y a des imprimés, des couleurs, des effets de surface et de matière plus importants. On s'exprime soi-même et on exprime sa sensibilité par ses baskets.» Mais attention: pas question de porter ces baskets, dont c'est pourtant parfois le but initial, pour aller courir sur les voies sur berge ou dans le Bois de Boulogne. On les porte avec une jupe ou un jean retroussé, en échange de ses escarpins, mais pas pour les user sur le bitume sec des trottoirs des villes ou les remplir de transpiration. Il y a des fautes de goût à ne surtout pas commettre.

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