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Birol Ünel, l'acteur fétiche du cinéaste Fatih Akin, est à la rue

Birol Ünel ©DR

Birol Ünel ©DR

Le comédien devenu star avec le film «Head On» fait la une d'un tabloïd allemand.

Un homme en jean et veste de costard, cheveux gris, étendu au soleil sur un trottoir de Kottbusser Tor, le centre névralgique du quartier berlin de Kreuzberg. La photo s'étale en une du tabloïd B.Z.: «C'est là que dort un des Berlinois les plus connus.» Birol Ünel, l'acteur fétiche du cinéaste Fatih Akin, est à la rue depuis quelques jours. Cette photographie aurait été prise avec son accord, explique le quotidien Die Welt:

«D'après le tabloïd, Birol Ünel n'avait rien contre le fait qu'un reporter le photographie. Bien au contraire. Lui qui dort depuis des années sur le canapé d'on ne sait quels amis, s'est fait virer de sa dernière colocation. Il est aujourd'hui SDF et cherche un toit de toute urgence. Le B.Z. doit lui donner un coup de main, c'est le deal. Le journal le cite comme suit: “Vous pouvez imprimer les photos où on me voit en train de dormir sans problème, peut-être que ça aidera à trouver quelque chose”.»

Une star avec Head On

Birol Ünel, c'est cet acteur fougueux à qui le réalisateur germano-turc Fatih Akin a confié de grands rôles écrits spécialement pour lui dans ses deux films les plus célèbres: dans Head On, il incarnait Cahit, un quarantenaire à la dérive, torturé et suicidaire, qui consent à contracter un mariage blanc pour sauver une jeune femme (Sibel Kekilli) de l'emprise de sa famille turque très conservatrice. Dans la comédie Soul Kitchen, il était le cuisinier au tempérament explosif qui révolutionne un petit restaurant perdu dans un quartier ouvrier d'Hambourg.

C'est à la sortie de Head On en 2004, qui a remporté l'Ours d'or au Festival du film de Berlin, que Birol Ünel est devenu célèbre en Allemagne. Il a d'ailleurs reçu cette année-là le prix allemand du meilleur premier rôle masculin pour son interprétation du personnage de Cahit. Un rôle qui en fait lui ressemblait beaucoup, note Die Welt:

«On savait que dans la vraie vie, lui aussi buvait jusqu'à plus soif, prenait un ton menaçant et se battait. Qu'il se prenait des amendes pour insultes à agent, pour avoir pris les transports en commun sans payer, qu'il ignorait les lettres de relance.»

Par contrat, cinq bières par jour

Lorsque Fatih Akin a annoncé à la boîte de production qui a financé Head On qu'il voulait tourner avec Birol Ünel, celle-ci a d'ailleurs obligé Fatih Akin à endosser la responsabilité juridique si jamais l'acteur les plantait en plein tournage, comme il le relate dans son livre In Clinch. Die Geschichte meiner Filme:

«Birol avait la réputation d'être imprévisible, et d'avoir déjà mis à terre une société de production. [...] Qu'est-ce que j'aurais fait si Birol avait arrêté de venir au milieu du tournage? Aurais-je dû rentrer chez moi avec un million d'euros de dettes?»

Depuis Soul Kitchen, Birol Ünel n'a obtenu que très peu de rôles. Son addiction à l'alcool (selon Die Welt, il exigeait par contrat de recevoir cinq bières par jour lorsqu'il était en tournage) et ses accès de colère à la Klaus Kinski rebutent les réalisateurs. L'acteur affirme malgré tout être en mesure de payer un loyer, dans la limite de 600 euros, rapporte l'hebdomadaire Focus. Comme le rappelle Die Welt, la précarité dans laquelle vit aujourd'hui Birol Ünel n'est pas un pas un cas isolé: la moitié des acteurs allemands gagne moins de 20.000 euros bruts par an.

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