Monde

La version arabe du Huffington Post accusée d’être trop proche des islamistes

Temps de lecture : 2 min

Certaines contributions se montrent très critiques envers l'Occident et ses valeurs, l'athéisme ou l'homosexualité.

Arianna Huffington au Forum économique mondial de Davos, en janvier 2014. REUTERS/Ruben Sprich
Arianna Huffington au Forum économique mondial de Davos, en janvier 2014. REUTERS/Ruben Sprich

Lancé avec succès aux États-Unis où il est devenu une des plateformes éditoriales les plus populaires du Web, puis décliné dans d’autres langues, le Huffington Post a depuis juillet 2015 une version en arabe, Huffington Post Arabi, la quatorzienne version régionale du site.

Mais le cocktail politico-éditorial qui a fait son succès, mélange de sélection et d'agrégation de contenus tiers, de textes de contributeurs, de diapos de photos aguicheuses de starlettes et de considérations «progressistes» sur la culture pop commerciale, n’est pas vraiment la ligne suivie par cette version arabe, explique le site Buzzfeed.

Le selfie, «virus du monde occidental»

Un exemple emblématique de ce prisme du HuffPost Arabi: le selfie, phénomène qui a fait les grandes heures du HuffPost anglophone, a été récemment qualifié de symptôme «des maladies et virus du monde occidental» par un contributeur algérien du nouveau site.

Plus récemment, un autre contributeur regrettait la «guerre contre l’islam» menée par les athées au sein de la société égyptienne, la tolérance gouvernementale à l’égard des homosexuels en utilisant des termes dénigrants, le tout ayant du être retiré du site dans la journée de publication, remplacé par un court texte des éditeurs du HuffPost regrettant de l'avoir publié...

Les responsables du HuffPost arabe se défendent plus généralement de cette accusation, affirmant que leur objectif est de proposer une diversité de points de vue

Les responsables du HuffPost arabe se défendent plus généralement de cette accusation, affirmant que leur objectif est de proposer une diversité de points de vue, notamment sur les sujets les plus polarisants comme celui de la place du religieux dans des sociétés arabes en pleine mutation et exposées à des courants contraires. Il est donc inévitable, soutiennent-ils, que certaines publications énervent une partie de la société, et donc du lectorat.

Un trop grand soutien à l'islamisme?

Ce grand écart éditorial n’est pas surprenant puisqu’à la tête du site se trouvent deux anciens d’Al Jazeera en arabe, Wadah Khanfar et Anas Fouda, tous deux réputés sympathisants selon Buzzfeed de l’islamisme. Le premier a été accusé en 2007 par des membres de l’équipe de la chaîne qatari de donner trop de place aux islamistes au détriment des athées, des libéraux et des nationalistes. Le second, le rédacteur en chef Anas Fouda, met cette réputation sur le compte de la propagande officielle, venant de gouvernements hostiles à un média donnant la parole à plusieurs courants.

La fondatrice du géant du web, Arianna Huffington, avait assuré lors du lancement de la version arabe en juillet que la structure soutiendrait et défendrait tous ses contributeurs si ces derniers étaient persécutés pour leurs opinions publiées sur le site.

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