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Le lobbying scientifique de Coca-Cola pourrait bien faire pschiiiiiiit

Ancienne publicité américaine pour le Coca-cola. | PROInsomnia Cured Here via Flickr CC License by

Ancienne publicité américaine pour le Coca-cola. | PROInsomnia Cured Here via Flickr CC License by

Une enquête du New York Times révèle les liens qu'entretient la firme agro-alimentaire avec une organisation de lutte contre l'obésité qui défend les boissons sucrés.

«La plupart des médias et de la presse scientifique disent: "Oh, ils mangent trop, ils mangent trop, ils mangent trop", blâmant les fast-foods et les boissons sucrées. Mais il n'y a pratiquement aucune preuve convaincante qu'il s'agit de la cause (de l'obésité)», déclare Steven N. Blair, scientifique, dans une vidéo.

Il ne s'agit pas d'un scientifique isolé: Steven N. Blair porte le message de la Global Energy Balance Network (GEBN), une organisation à but non lucratif qui lutte contre l'obésité, dont il est vice-président. Et cette organisation a reçu le soutien financier et logistique de Coca-Cola.

C'est ce que révèle une enquête du New York Times: le géant mondial des boissons sucrées fait équipe avec d'influents scientifiques pour diffuser son message à travers les journaux médicaux, les conférences et les réseaux sociaux: pour rester en bonne santé, faites plus d'exercice et ne vous souciez pas des calories que vous ingérez.

De nombreux experts de santé se sont indignés de ce message diffusé par Coca-Cola, le comparant avec la stratégie de l'industrie du tabac, devenue expert en «marchand de doute» sur les effets sur la santé de la cigarette

Certes, le sport est un facteur important lorsque qu'une personne se lance dans un régime pour perdre du poids. Mais –et de nombreuses études citées par le New York Times le montrent– l'exercice fait perdre beaucoup moins de calories que ce que l'on croit, et ce sont les personnes qui se décident à moins manger qui réussissent à perdre du poids sur le long terme. 

Le nom de Coca-Cola n'apparaissait pas sur le site

De nombreux experts de santé se sont indignés de ce message diffusé par Coca-Cola, le comparant avec la stratégie de l'industrie du tabac, devenue expert en «marchand de doute» sur les effets sur la santé de la cigarette. Mais ce que pointe avant tout l'enquête du New York Times, c'est le manque de transparence du fabricant de sodas.

Deux universités, qui emploient les dirigeants de la GEBN, ont révélé avoir reçu 1,5 millions de dollars de dons l'année dernière. Et depuis 2008, Coca a également fourni près de 4 millions de dollars pour financer des projets des membres de l'organisation, comme le Dr Blair. Le site web de GEBN est même inscrit au siège de Coca-Cola à Atlanta et l'entreprise est répertoriée comme administrateur du site. Malgré tout, le nom Coca-Cola n'apparaissait pas sur le site, pas plus que sur les réseaux sociaux. 

Ces investissements interviennent dans un contexte tendu pour l'industrie du soda aux États-Unis. Les autorités font des efforts pour taxer les boissons sucrées, les retirer des écoles et interdire aux publicitaires de viser les enfants. Des efforts qui commencent à payer: depuis les deux dernières décennies, la consommation de boissons sucrées par habitant y a chuté de 25%.

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