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Aux États-Unis, un nouveau master en études des masculinités

Portrait | Craig Cloutier via Flickr CC License by CC

Portrait | Craig Cloutier via Flickr CC License by CC

À partir de 2017, il sera possible de se pencher à l'université sur les représentations de la masculinité et leur impact sur la psyché.

On connaissait les women’s studies, ce champ d'études interdisciplinaires sur des questions liées aux femmes et au féminisme, enseigné dans des centaines d'universités américaines depuis les années 1970. Mais à partir de 2017, il sera aussi possible d'obtenir un master en masculinities studies, soit en études des masculinités, rapporte le New York Times.

En 2013, le sociologue Michael Kimmel, auteur de plusieurs livres sur la masculinité aux États-Unis et co-éditeur d'une encyclopédie culturelle du pénis, a ouvert le premier centre pour l'étude des hommes et des masculinités à l'université de Stony Brook dans l'État de New York. Le but est de rassembler des spécialistes de plusieurs disciplines, dont la psychologie, la littérature, la sociologie et la santé publique, autour de l'analyse des représentations traditionnelles de la masculinité. Un des angles d'approche est d'étudier l'impact social des définitions restreintes et stéréotypées de la masculinité, notamment en termes de santé mentale et de comportements violents. 

«Le féminisme est bon pour les hommes»

En mars dernier a eu lieu la première conférence internationale sur les masculinités, avec des thèmes qui allaient du suicide chez les hommes à l'impact de l'amitié entre hommes. À l'inverse des mouvements militants masculinistes, cette réflexion se veut résolument féministe. Pour Kimmel, un des buts explicits est d'impliquer les hommes dans le combat pour l'égalité entre les sexes car comme le résumait un article du Washington Post, il pense que le «féminisme est bon pour les hommes». Il donne deux exemples: les entreprises avec plus d'égalité hommes-femmes au sommet ont en général de meilleurs résultats, et dans les couples où les tâches ménagères sont partagées, tout le monde est plus heureux.

L'étude des masculinités consiste aussi à analyser les événements historiques et contemporains à partir d'une réflexion sur ce que c'est qu'être un homme. 

«Il y a une fusillade aux États-Unis environ tous les mois. Et à chaque fois que ça arrive, on parle des armes. On parle de la santé mentale. Mais on ne parle pas du fait que tous ces tueurs de masse sont des hommes. Nous devons comprendre comment la masculinité a affecté leur expérience.»

De même, Kimmel raconte au New York Times une anecdote sur le président américain Lyndon Johnson: 

«Il y a un document du Pentagone dans lequel Lyndon Johnson est cité en train de dire qu'il ne veut pas que l'armée américaine quitte le Vietnam parce que ça ne serait pas vu comme une réaction virile.»

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