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Le beurre est mauvais pour la santé, selon une étude financée... par l'industrie du beurre

Du beurre qui fond dans une poële | Taryn via Flickr CC License by

Du beurre qui fond dans une poële | Taryn via Flickr CC License by

La Fondation danoise de recherche pour l’exploitation laitière vient de financer une étude sur le beurre dans l’espoir de revaloriser cet aliment... sans succès. Publiée dans l'édition de juillet 2015 du American Journal of Clinical Nutrition, l’étude conclut que même une faible consommation de beurre entraîne une hausse du cholestérol, bien plus qu'avec des alternatives comme l’huile d’olive.

Ce genre de situation n’est pas habituel selon Marion Nestle, professeure au département de nutrition, études alimentaires et santé publique de l'université de New York:

«C’est très rare qu’une étude financée par une industrie tire des conclusions qui vont à l’encontre des intérêts de cette industrie.»

Le dernier exemple date de 2014: une étude financée par l’association American Pistachio Growers avait associé la consommation de pistaches à de moins bonnes performances sportives.

La plupart des études servent les intérêts des industries qui les financent

Auteure du blog Food Politics, où elle liste toutes les fausses études financées par des industries pour légitimer leurs produits, Nestle a déjà recensé 37 études douteuses depuis mars 2015 –notamment sur le jus d’orange industriel et le fromage riche en matières grasses.

Avant 2000, le nom des sponsors des études était rarement cité; aujourd’hui, c’est obligatoire. L’universitaire invite chaque lecteur à toujours vérifier qui finance les études qu’il trouve dans la presse pour ne pas être trompé par les industries alimentaires. Elle travaille sur un livre à propos de l’industrie du soda, où elle montre que 90% des études sur ce type de produit affirment que sa consommation n’est pas mauvaise pour la santé, alors que c’est complètement faux.

Même les industries faisant la promotion de produits «sains» ont recours à ce genre de pratiques. Les conclusions sont souvent vraies, mais cela crée des conflits d’intérêts d’un point de vue financier. Selon Nestle:

«Le but de bon nombre de ces études est de montrer qu’un aliment est un super-aliment à des fins marketings. [...] Cela ressemble à de la science, mais ça ne l’est pas. C’est du business avant tout.»

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