Santé / Culture

Des pipes à cannabis retrouvées dans le jardin de Shakespeare

Temps de lecture : 2 min

Portrait de Shakespeare par un artiste non identifié (domaine public).
Portrait de Shakespeare par un artiste non identifié (domaine public).

Selon le South African Journal of Science de juillet-août 2015, plusieurs pipes à tabac vieilles de 400 ans collectées dans les alentours de Stratford-upon-Avon, où William Shakespeare a passé une partie de sa vie, ont été analysées à Pretoria en Afrique du Sud grâce à un procédé très spécifique: la chromatographie de masse gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. Cette technique très précise a permis de retrouver quelles substances étaient fumées aux XVIe et XVIIe siècle, à l’époque de l’écrivain britannique. Sur les vingt-quatre pipes étudiées, huit contenaient des résidus de cannabis, dont quatre retrouvées dans le jardin de l’auteur de Hamlet. Des traces de feuilles de coca venues du Pérou ont également été détectées, mais pas dans les pipes de Shakespeare.

L’Europe du XVIIe siècle a découvert bon nombre de nouvelles plantes à fumer, la plupart provenant du Nouveau Continent. Plusieurs navigateurs rapportaient de la Nicotiana d’Amérique du Nord, qui deviendra le tabac de référence, ou des feuilles de coca des Andes, venant s'ajouter aux nombreuses plantes asiatiques. L’époque était celle des tests de nouvelles herbes, et Shakespeare et ses amis ne semblaient pas se soustraire à cette règle.

Déjà, en 2011, l'anthropologue Francis Thackeray avait découvert des traces de cocaïne dans la maison de l'écrivain et avait immédiatement demandé une exhumation du corps de Shakespeare. Mais à cause des derniers mots du dramaturge, maudissant «celui qui [déplacerait] ses os», les requêtes du chercheur n'ont jamais été satisfaites. Aujourd'hui encore, la possibilité de cette exhumation paraît complexe, même après celle de Richard III en 2012, bien qu'elle pourrait mettre un terme à la plupart les spéculations sur la vie de Shakespeare.

«Keep invention in a noted weed», écrit Shakespeare dans son Sonnet 76. Selon The Independent, l'interprétation de cette phrase peut laisser penser que l'auteur du Roi Lear préférait le cannabis aux effets excitants des feuilles de coca, notamment pour ses vertus en termes de création. Si l’on lit la traduction de Victor Hugo, le mot «weed» est traduit par «vêtement habituel»: le Français n’était peut-être pas aussi adepte des ivresses du cannabis que son homologue d’outre-Manche.

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