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Comment Kyoto a échappé par miracle à la bombe atomique

Vue de Kyoto. 663highland via Wikimedia Commons.

Vue de Kyoto. 663highland via Wikimedia Commons.

Le joyau du Japon était en mai 1945 la cible prioritaire des Américains avant même Hiroshima.

Les 6 et 9 août 1945, l'armée américaine lâchait deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, mettant à genoux le Japon, qui allait capituler le 15 août, entraînant la fin de la Seconde Guerre mondiale le 2 septembre 1945. Ce que l'on sait moins, c'est que la seconde ville citée n'était pas la cible initiale: normalement, c'est la ville de Kokura qui aurait dû être bombardée, mais le pilote décida au dernier moment de se rabattre sur Nagasaki en raison de la couverture nuageuse qui régnait sur la ville.

Et si Kokura a échappé par miracle à la destruction par la bombe atomique, c'est aussi le cas d'une autre ville: Kyoto. La BBC nous rappelle que l'ancienne capitale impériale était jugée, à l'été 1945, une cible idéale par un comité de militaires et scientifiques américains chargé d'élaborer une liste de villes, car elle n'avait pas encore été bombardée et que de nombreuses industries y avaient été relogées. Selon l'historien Alex Wallerstein, cité par la radio britannique, c'est aussi, curieusement, en raison de son caractère intellectuel que la ville avait été choisie:

«Les scientifiques du "Comité des cibles" préféraient aussi Kyoto parce qu'elle accueillait de nombreuses universités et qu'ils pensaient que les habitants seraient plus à même de comprendre que la bombe atomique n'était pas juste une arme de plus –qu'elle constituait quasiment un tournant dans l'histoire de l'humanité.»

 

Lune de miel et patrimoine culturel

Sur un document du «Comité des cibles» en date du 10-11 mai 1945, il est possible de voir la liste des villes visée telle qu'elle avait été initialement établie: 1. Kyoto 2. Hiroshima 3. Yokohama 4. Kokura 5. Niigata. Comme on le voit, Nagasaki ne figurait même pas sur cette première liste. Dans un long article, The Atlantic raconte comment la liste a ensuite évolué, avec notamment le retrait de Kyoto fin juin, au terme de discussions tendues.

Les hommes qui ont sauvé la ville s'appelaient Henry Stimson, secrétaire à la Guerre du président Truman, et Langdon Warner, archéologue. D'après la BBC, le premier, qui avait l'oreille du président Truman, aurait été motivé par des raisons très personnelles puisqu'il avait visité Kyoto à plusieurs reprises quand il était gouverneur des Philippines dans les années 1920, et que la ville aurait été sa destination de lune de miel. 

Il aurait également, selon The Atlantic, insisté sur le fait que la bombe devait être «utilisée comme une arme de guerre de la manière prescrite par les lois de la guerre» et en conséquence «lâchée sur une cible militaire». L'archéologue aurait, lui, souligné la destruction de patrimoine culturel qu'entraînerait le bombardement d'une ville comme Kyoto.

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